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Note d'éclairage
Avril 2026

Hongrie, Pologne, Italie :
les nationaux-populistes à l'épreuve du pouvoir

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Auteurs
Christophe Jaffrelot
Expert Associé - Démocratie et Populisme, Inde

Christophe Jaffrelot est directeur de recherches CERI de Sciences Po Paris et au CNRS.

Marc Lazar
Expert Associé - Démocratie et Populisme, Italie

Marc Lazar est professeur émérite d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po Paris et titulaire de la Chaire BNP-BNL-Paribas "Relations franco-italiennes en Europe" de la Luiss à Rome.

Jeanne Lebaudy
Chargée de projets au programme Europe

Jeanne Lebaudy a rejoint l’Institut Montaigne en mai 2025 en tant que chargée de projets au programme Europe, après y avoir déjà travaillé une première fois en 2021.
 

Blanche Leridon
Directrice des études France de l’Institut Montaigne, spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles

Blanche Leridon est Directrice des études France de l’Institut Montaigne, spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles. Elle a rejoint pour la première fois l'Institut Montaigne en 2015. 

La progression des partis nationaux-populistes en Europe depuis une dizaine d’années, couplée à leur accession et leur maintien au pouvoir dans un certain nombre de pays, nous incitent à renouveler nos grilles d’analyse à leur sujet. Il nous faut désormais conduire des études plus opérationnelles et empiriques, fondées sur les politiques publiques concrètement mises en place par ces partis lorsqu’ils arrivent au pouvoir. C’est toute l’ambition de ce travail. 

Après un premier volet consacré aux nationaux-populistes dans l’Union européenne, cette nouvelle note se concentre exclusivement sur trois pays où ces forces politiques sont arrivées au pouvoir : la Hongrie de Viktor Orbán (au pouvoir depuis 2010), la Pologne du parti Droit et Justice (au pouvoir entre 2015 et 2023) et l’Italie de Giorgia Meloni (au pouvoir depuis octobre 2022). 

Analyser la réalité de l’exercice du pouvoir

Dans cette perspective, cette note s’intéresse à cinq champs de politiques publiques : les politiques économiques et sociales, les politiques migratoires, les politiques environnementales, la politique étrangère et, enfin, la question, centrale pour ces trois pays, de l’État de droit et des valeurs. 

Notre démarche se déploie ensuite sur trois temporalités différentes, sur chacun de ces pans de politique publique : que proposent ces partis durant les campagnes électorales ? Quelles politiques publiques concrètes mettent-ils effectivement en œuvre lorsqu’ils arrivent aux responsabilités ? Et, de manière sous-jacente, quel décalage éventuel peut-on identifier entre le discours et les actes ? Enfin, quelles conséquences leurs politiques ont-elles sur leur pays et comment leurs opinions publiques les perçoivent-elles ?

Une grammaire nationale-populiste appliquée sous contraintes

Derrière la radicalité du discours, un pragmatisme s’installe à l’épreuve du pouvoir. La dépendance financière à l’UE, le besoin de main-d’œuvre des pays et les enjeux de la transition énergétique sont autant de contraintes qui poussent les gouvernements nationaux-populistes à infléchir leurs politiques une fois arrivés aux responsabilités

Cette tendance au pragmatisme n’est pas le fait d’un modèle unique ou d’une trajectoire toute tracée ; plutôt, elle est la marque d’une grammaire nationale-populiste qui doit composer avec des réalités nationales distinctes. On la retrouve principalement dans les domaines économique et social, migratoire ou environnemental. Elle s’observe également dans leur rapport aux institutions de l’État de droit : à des degrés divers, chacun cherche à infléchir leur fonctionnement et à reconfigurer les équilibres de la vie démocratique.

En revanche, les divergences en matière de politique étrangère sont marquées. C’est particulièrement le cas de la Hongrie, qui, depuis la guerre en Ukraine, a suivi une trajectoire distincte, en soutenant ouvertement la Russie (réticences à l’égard des sanctions, maintien de sa dépendance énergétique, refus du soutien militaire envers Kiev). Cette position rompt avec celle de la Pologne et de l'Italie.

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