AccueilSociétéDémocratie : les nouveaux chemins du civismeRapport Janvier 2026Démocratie : les nouveaux chemins du civisme Société Action publiquePARTAGER Groupe de travail CO-PRÉSIDENTS DU GROUPE DE TRAVAILDidier Barbé, président du Centre d’Information civique (CIC)Bruno Cautrès, expert associé à l’Institut Montaigne, politologue, chercheur CNRS au CEVIPOF, enseignant à Sciences PoBlanche Leridon, directrice des Études France de l’Institut Montaigne, experte résidente - Démocratie et Institutions RAPPORTEURAmaury Giraud, docteur de la Faculté de droit et de science politique de l'Université de Montpellier Avec le soutien précieux d’Hortense Miginiac, chargée de projets à l’Institut Montaigne MEMBRES DU GROUPE DE TRAVAILMarc Lazar, expert associé à l’Institut Montaigne, professeur émérite d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po Paris et titulaire de la Chaire BNP-BNL-Paribas "Relations franco-italiennes en Europe" de la Luiss à RomeAlexandre Marc, expert associé à l’Institut Montaigne - Amériques et développementLaure Salvaing, directrice générale, Verian FranceLéda Bontosoglou, cabinet du Président, conseillère communication, CESEFarouk BelmadadiNatacha Leymarie, directrice Associée Stratégie & Transformation, NeodosiaXavier Lièvre, notaireMatthieu Maillard, créateur de l'application AdenoPhilippe Moreau Chevrolet, expert en affaires publiques, MCBG ConseilBenjamin Morel, Constitutionnaliste, maître de conférences en droit public à l'université Paris-Panthéon-AssasJean-Philippe Moinet, auteur, fondateur de La Revue Civique Personnes auditionnées L’Institut Montaigne tient également à remercier toutes les personnes auditionnées ou sollicitées dans le cadre de ce travail : Thierry Beaudet, président, Conseil économique, social et environnemental Loïc Blondiaux, professeur de sciences politiques, spécialiste des questions de démocratie et de participation citoyennePierre-Yves Bocquet, directeur adjoint de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage, inspecteur général des affaires socialesFrançois Boisset, maire de Riom-ès-Montagnes (Cantal)Elisa Borry-Estrade, Public Policy Manager, Meta FranceGérald Bronner, professeur de sociologie à l'Université Paris-Diderot, membre de l'Académie des technologies et membre de l'Académie nationale de MédecineAgathe Cagé, directrice d'études Paris 1 / ENS Bernard Denni, professeur de science politique, IEP de GrenobleJean-Yves Dormagen, professeur de science politique à l’université de Montpellier, fondateur de Cluster17Ahouefa Fagbémi, association "Cité des chances"Olivier Galland, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRSThibault Guiroy, Head of Government Affairs and Public Policy, YouTube France, Spain and Portugal, GoogleNadia Hai, ambassadrice et déléguée interministérielle à la Méditerranée, ancienne députée de la 11e circonscription des Yvelines (2017-2020/2022-2024), ancienne ministre déléguée chargée de la Ville (2020-2022)Noémie Hervé, déléguée nationale du Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux (Gepso), chargée de plaidoyer pour l’UNICEF France Jean-Michel Huet, partner, Bearing pointThéophile Lenoir, chercheur spécialisé sur les questions de désinformation et de numériqueYves Mathieu, fondateur de Missions Publiques Isabelle de Mecquenem, agrégée de philosophie, professeur à l’université de Reims, chargée de mission au Conseil des sages de la laïcité et des valeurs de la République du ministère de l'Éducation nationaleLaurence Morel, maître de conférences à l’Université de Lille et chercheuse associée au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF)Anne Muxel, directrice de recherches en sociologie et en science politique au CNRS, spécialiste des jeunes et de l’abstentionLaurence de Nervaux, directrice générale de Destin communBéatrice Oeuvrard, AI & Privacy Public Policy Manager, MetaCorine Pelluchon, philosophe, professeur de philosophie à l'université Gustave-Eiffel, essayiste Vincent Pons, économiste, Prix du meilleur jeune économiste 2023 et co-fondateur d’eXplainChristian Poulhès, maire de Naucelles (Cantal)Charlotte Radvanyi, relations institutionnelles, GoogleGaëtane Ricard-Nihoul, head of Unit, Senior Expert, Commission européenne Raphaël Ruegger, cofondateur de la Fédération Française des Trucs qui MarchentMaxence de Rugy, maire de Talmont-Saint-Hilaire (Vendée) depuis 2014, fondateur du Passeport du Civisme Ali Saïb, conseiller maître à la Cour des comptes, Expert Associé - Éducation, Enseignement Supérieur, RechercheHélène Saintobert, présidente de la Jeune chambre économique française d’ArrasDominique Schnapper, Sociologue et ancienne Membre du Conseil constitutionnel, co-auteur de Qu’est-ce que la citoyenneté ?, 2000, et De la démocratie en France, 2017 Claire Thoury, Présidente du Mouvement associatifAzzedine Taïbi, maire de Stains (Seine-Saint-Denis)Arnaud Vergnes, Government Affairs & Public Policy Manager, Google Les auteurs du rapport remercient l’ensemble des équipes de l’Institut Montaigne qui ont contribué à l'élaboration de ce rapport, notamment Marie-Pierre de Bailliencourt, Juliette Aquilina, Donna Clément, Pauline Faure, André Leblanc, Catherine Merle du Bourg et Arsène Vassy. Sommaire 1. Un vivier civique sous-exploité 2. Une volonté de réformes et la nécessité de lever les freins 3. Trois grands axes de propositions afin de favoriser l’engagement civique Télécharger Rapport (208 pages) Résumé (5 pages) Comment se porte le civisme en France, à l’approche des échéances électorales de 2026 et 2027 ? C’est la question à laquelle l’Institut Montaigne a souhaité répondre, en dressant un état des lieux du civisme dans notre pays. Un civisme qui ne se cantonne pas à sa seule dimension électorale, mais s’étend de manière bien plus vaste, intégrant la participation et l’engagement démocratique au sens large.Ce travail s’inscrit dans une séquence ouverte par l’Institut Montaigne en 2025 et qui doit se prolonger jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. La première brique, notre rapport "France 2040 : projection pour l’action politique", posait un diagnostic exhaustif et lucide sur la situation du pays et les projections possibles. Avec ce nouveau rapport, nous nous concentrons sur la question du pacte démocratique et les conditions de son maintien, impératif pour parvenir à réformer le pays.Dresser le portrait de la France civique n’était possible qu’à condition de bien définir les termes du débat, et de saisir - et c’est là l’une des innovations de ce rapport - comment nos concitoyens les comprennent, les appréhendent, les manient dans leur vie de tous les jours. Un civisme enfin que l’on dit volontiers moribond, affaissé, déclinant, en danger. Derrière ce diagnostic pessimiste et univoque, ya-t-il d’autres enseignements à tirer ? Et quelles propositions peuvent-ils soulever ?Un vivier civique sous-exploitéEn s’appuyant sur une enquête menée avec l’Institut Verian auprès de 3 000 personnes (réalisée du 15 au 23 octobre 2025) et incluant les 16-18 ans, notre rapport montre qu’au-delà de la seule défiance, il existe en France un réservoir civique réel, mais fragile et sous-exploité. L’analyse des données quantitatives issues de l’enquête met en lumière ce désir d’engagement entravé qui traverse une partie de la société français : 51 % des personnes interrogées expriment un souhait d’engagement, même hésitant ou conditionnel et 74 % ont participé à au moins une action civique au cours des 12 derniers mois. L’enquête permet également de mieux cerner les différentes perceptions que les Français ont du civisme. Un aspect essentiel, car il permet de mieux cibler les leviers d’action pour faciliter l'engagement des citoyens en allant chercher chaque “famille” selon ses propres aspirations et définitions du civisme.DescriptionLes multiples définitions du civismeInstitutionnel : Pour 68 % des Français, le civisme passe d’abord par le respect des règles et le vote. Libéral-pluralisme : Pour 14 %, c’est le respect de la diversité des opinions et la tolérance. Éthique : Pour 14 %, c’est un engagement social et environnemental. Politique : Pour 4 %, le civisme est surtout politique.Une volonté de réformes et la nécessité de lever les freinsCe désir d’engagement est néanmoins conditionné à une forte demande de réformes. Face à un système politique jugé à bout de souffle, insuffisamment ouvert et transparent, les Français attribuent au système lui-même leur frein à l’engagement. Les citoyens dont l’aspiration civique serait d’abord contrainte par des éléments matériels sont également nombreux : 10,6 millions de Français sont mal-inscrits ou non-inscrits sur les listes électorales. Il est également nécessaire de répondre aux demandes concernant le temps d’engagement disponible, la valorisation de cet engagement, son accessibilité, etc. C’est en répondant à cette double exigence de réforme et de facilitation des conditions d’engagement que nous pourrons mobiliser ce réservoir de talents. Ainsi, l’engagement devient désirable si le système politique devient plus transparent, plus ouvert, mieux représentatif.DescriptionQuels obstacles empêchent la pratique du civisme ?Le manque de formation : L'éducation civique est jugée trop théorique, et ne prépare pas à "l'exercice" du civisme.La mal-inscription et la non-inscription : Des millions de Français sont non-inscrits ou inscrits dans des bureaux de vote qui ne correspondent plus à leur lieu de résidence.La fatigue informationnelle : Le flux continu des réseaux sociaux et la désinformation créent un sentiment d'impuissance et de confusion.Trois grands axes de propositions afin de favoriser l’engagement civique1 L’éducation civique : clé de voûte d’une revitalisation citoyenne Détails Proposition n°1 : Opérer une refonte complète du modèle d'enseignement moral et civique, basée sur les cas pratiques et la citoyenneté en action.Proposition n°2 : Intégrer de manière beaucoup plus approfondie la dimension institutionnelle européenne à l'éducation civique.Proposition n°3 : Permettre l’éducation à la citoyenneté "tout au long de la vie", en insistant sur la pédagogie autour des processus électoraux.2 Réduire l’abstention et faire vivre la démocratie en dehors des périodes d’élection Détails Proposition n°4 : Permettre le changement automatique de bureau de vote en cas de déménagement.Proposition n°5 : Organiser une "semaine de l'inscription électorale" pour lutter contre la mal et la non inscription.Proposition n°6 : Repenser le calendrier électoral afin d’optimiser la participation.Piste 1 : Regrouper les élections municipales, départementales et régionales lors d’une grande journée électorale dédiée aux scrutins locaux.Piste 2 : Fixer les élections législatives et l'élection présidentielle le même jour.Proposition n°7 : Dépersonnaliser le référendum pour asseoir sa fonction de participation citoyenne directe.Proposition n°8 : Inscrire les conventions citoyennes dans un véritable continuum démocratique.3 Rendre l’atmosphère démocratique plus respirable Détails Proposition n°9 : Pour un septennat non renouvelable.Proposition n°10 : "Ralentir le temps démocratique" pour responsabiliser et former les élus.Piste 1 : Instaurer un intervalle entre l’élection et le début effectif du mandat.Piste 2 : Systématiser la formation des élus avant le démarrage effectif de leurs mandats.Proposition n°11 : Face au tout numérique, recréer des espaces de délibération démocratique physiques.Proposition n°12 : Consolider la régulation des réseaux sociaux et renforcer l’intégrité de l’information électorale en ligne.Ce rapport a bénéficié du soutien du Centre d’information Civique (CIC)À sa création en 1960, le Centre d’Information Civique (CIC) s’est construit sur une exigence d’indépendance à l’égard de tout engagement partisan. Cette neutralité constituait le socle de sa mission : promouvoir la participation citoyenne, éclairer les enjeux collectifs et nourrir la compréhension des institutions sans se placer au service d’un camp politique. C’est cette posture, reconnue et respectée par des gouvernements de toutes sensibilités, qui confère au CIC une légitimité singulière pour repenser, en 2026, les nouveaux chemins du civisme. Dans un moment où la démocratie appelle des réponses dépassant les clivages traditionnels, le CIC s’associe à des acteurs partageant la même exigence de rigueur intellectuelle et d’indépendance, comme l’Institut Montaigne. Leur collaboration s’inscrit dans une continuité logique : unir expertise, neutralité et capacité d’analyse pour proposer une vision renouvelée du civisme, adaptée aux attentes contemporaines et fidèle à l’esprit d’ouverture qui a toujours guidé le CIC. Ensemble, ils ouvrent désormais la voie à une plateforme ambitieuse de revitalisation civique, conçue pour renforcer durablement la culture démocratique et redonner à chaque citoyen toute sa capacité d’action.MéthodologieNotre travail s’est nourri d’une triple dynamique : une quarantaine d'entretiens qualitatifs menés auprès d'experts et d'acteurs de terrain, la collégialité d'un groupe de travail réuni sur une année, et une enquête quantitative menée avec l’Institut Verian, construite et analysée selon les meilleurs standards académiques. Cette enquête, basée sur un échantillon national représentatif de 3 000 personnes, inclut - contrairement à beaucoup d’autres enquêtes du même type - les 16-18 ans, dont la compréhension du rapport au civisme nous semblait indispensable pour nos réflexions.ImprimerPARTAGERTélécharger Rapport (208 pages)Télécharger Résumé (5 pages)contenus associés à la uneJuillet 2025France 2040, projections pour l’action politiqueÀ quoi ressemblera la France en 2040 si rien ne change ? L’Institut Montaigne analyse 13 grandes tendances à partir de données officielles pour projeter notre avenir collectif. Cette étude met en lumière les risques liés à l’inaction politique et rappelle qu’il est encore temps d’agir pour anticiper, réformer et faire face aux défis démographiques, économiques et climatiques.Consultez le Rapport 21/10/2025 [Fractures françaises] - La guerre des générations est-elle déclarée ? Blanche Leridon 14/01/2025 [Baromètre des territoires 2025] - Les Français cherchent un projet de soci... Lisa Darbois 19/11/2025 Budget : face aux chocs économiques, des débats français à haut risque Eric Chaney 05/11/2025 [Fractures françaises] - Un barrage fissuré, mais pas encore brisé ? L’état... Mathieu Gallard Stéphane Zumsteeg