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Note d'éclairage
Janvier 2026

Stocks chinois : sécurité nationale, influence mondiale

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Auteur
Pierre Pinhas
Chargé de projets - Programme Asie

Pierre Pinhas est responsable de la publication trimestrielle China Trends qui cherche à comprendre la Chine en s’appuyant sur des sources en langue chinoise. Il est diplômé d'un double master entre l'École d’affaires publiques de Sciences Po et la School of International Relations and Public Affairs de l’Université de Fudan.

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"Mieux vaut verser mille gouttes de sueur que de gâcher un grain de riz". Le budget chinois dédié aux stocks alimentaires s’inscrit pleinement dans ce précepte bien connu à Pékin. À lui seul, il est vingt fois plus important que celui des pays de l’OCDE réunis. Au plus haut niveau de l’État, tout est mis en œuvre, financièrement et politiquement, pour s’assurer d’un filet de sécurité de grande ampleur face aux turbulences géopolitiques. Dans cette perspective, c’est le pays dans son intégralité qui se retrouve mobilisé car l’approche de la Chine en matière de stocks stratégiques s’applique aussi à l’énergie, aux métaux et aux minéraux critique;

Équilibre politico-social, résilience des chaînes d’approvisionnement, ou encore stabilité des prix : les raisons qui poussent la Chine à stocker varient d’une commodité à l’autre. Toutes convergent en revanche vers deux objectifs stratégiques : réduire les vulnérabilités à domicile et créer des dépendances à l’extérieur. L’histoire le montre, y compris sur le continent européen, la constitution de stocks de matières premières n’est jamais neutre.

Face à cette dynamique, la France et l’Union européenne devront donc procéder à trois arbitrages pour mettre en place une politique de stockage efficace et actionnable en temps de crise : identifier et prioriser les besoins, s’accorder sur la répartition du coût de ces efforts, et définir l’échelle de mise en œuvre et la gouvernance. Certes, constituer des stocks a un coût. Mais dans un monde plus que jamais géopolitique et géoéconomique, n’est-il pas le prix à payer pour réduire nos dépendances ?

Cette note d'éclairage est publiée dans le cadre de l'Observatoire du multilatéralisme en Indopacifique, un programme de recherche et d'événements lancé par la Direction générale des relations internationales et stratégiques (DGRIS) du ministère français des Armées et des Anciens combattants. L'Institut Montaigne contribue à ce programme majeur aux côtés de deux autres think tanks français, la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et le European Council on Foreign Relations (ECFR), ainsi que de deux institutions universitaires françaises, Sciences Po et l'Inalco.

 

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