
"À Toulouse, l’école ne sera plus un coût, mais le cœur de l’investissement futur de la ville (...) À ce titre, nous reviendrons dès la première année au taux d’encadrement à 1 pour 8 en maternelle et 1 pour 12 en élémentaire."
Source : Programme du candidat
La mesure s’inscrit dans une réponse à une difficulté identifiée de longue date dans les grandes villes : la dégradation perçue de la qualité d’accueil sur les temps périscolaires (sécurité, fatigue des équipes, capacité à proposer des activités), liée à des ratios d’encadrement jugés trop faibles. À Toulouse, la Ville indique qu’une réglementation arrêtée en 2013 (ici) fixe actuellement l’encadrement des CLAE à 1 animateur pour 14 enfants en maternelle et 1 animateur pour 18 élèves en élémentaire.
La proposition vise à "revenir" dès la première année à 1 pour 8 en maternelle et 1 pour 12 en élémentaire, des ratios correspondant aux seuils d’encadrement les plus exigeants en accueils collectifs de mineurs (notamment en accueils de loisirs). Elle relève d’une politique volontariste de renforcement des moyens humains municipaux sur le périscolaire (compétence communale, via gestion directe ou financement d’opérateurs associatifs), sans innovation juridique.
Des propositions de renforcement des effectifs d’encadrement ont déjà été formulées lors des municipales 2020, notamment à Marseille, et ont fait l’objet de chiffrages ex ante (campagne Institut Montaigne de 2020, même si le périmètre portait sur le personnel municipal à l’école). En revanche, l’application dès la première année du mandat et l’extension explicite à l’élémentaire traduisent une ambition renforcée, avec des enjeux financiers significatifs en matière de masse salariale (ou de subventions/achats de prestations) et de soutenabilité budgétaire.
Entre 2013 et 2020, Toulouse a connu un dynamisme démographique scolaire soutenu, avec une hausse continue du nombre de classes dans les écoles publiques (passant d’environ 1 230 à près de 1 480 classes), traduisant une progression marquée des effectifs en maternelle comme en élémentaire (CRC, données Ville de Toulouse). Dynamisme de la démographie scolaire à Toulouse : ici (page 19)
Le renforcement des taux d’encadrement périscolaire à 1 adulte pour 8 enfants en maternelle et 1 pour 12 en élémentaire représenterait, pour une grande ville comme Toulouse, une dépense supplémentaire comprise entre 3,5 M€ par an (hypothèse basse) et 6,3 M€ par an (hypothèse haute), pour un montant médian estimé autour de 5 M€ par an.
Il s’agit exclusivement de dépenses de fonctionnement récurrentes, principalement salariales, générées dès la première année du mandat et appelées à se prolonger sur l’ensemble de la durée du mandat, sans investissement ponctuel identifié à ce stade.
Cette mesure représenterait un coût comparable à celui de la rénovation de la piscine Yvonne Godard (rénovation des bassins et gains de performance énergétique) et de l'église Notre-Dame du Taur (restauration du bâtiment et de l'orgue).
Coût
estimé
Institut Montaigne
4,9 M€
Temporalité
Par an
Hypothèse basse
3,5 M€
Hypothèse haute
6,3 M€
Au niveau national, la question de l’encadrement des enfants fait l’objet de débats récurrents, sans qu’aucune norme contraignante n’ait été fixée par l’État en matière de ratios de personnels municipaux, ceux-ci relevant principalement des compétences locales, notamment pour les temps périscolaires. Les politiques nationales récentes se concentrent essentiellement sur les effectifs enseignants et l’organisation du temps scolaire, sans incidence directe sur l’encadrement assuré par les communes.
À l’échelle locale, la mandature précédente à Toulouse s’est inscrite dans la continuité des pratiques observées dans les grandes villes, avec des ratios d’encadrement périscolaire conformes aux standards en vigueur, sans objectif affiché de renforcement aussi ambitieux, en particulier en élémentaire.
Les effets attendus de la mesure sont une amélioration de la qualité d’accueil sur les temps périscolaires, une sécurisation accrue des enfants et un meilleur accompagnement éducatif, au prix d’un engagement financier durable pour la collectivité.
La mesure relève des compétences communales en matière d’organisation des temps périscolaires dans les écoles publiques du premier degré, telles que définies par le Code général des collectivités territoriales et le Code de l’éducation. La commune est compétente pour le recrutement, la gestion et le financement des personnels municipaux d’animation intervenant auprès des élèves, en régie ou via des opérateurs partenaires. La mesure suppose toutefois une capacité de recrutement suffisante dans un contexte de tensions sur les métiers de l’animation, le respect des équilibres budgétaires et, le cas échéant, du plafond d’emplois.
Les enseignants relevant de l’Éducation nationale demeurent de la compétence de l’État ; la mesure n’emporte donc aucun transfert de compétence, mais implique une coordination opérationnelle avec les services de l’Éducation nationale.
Le financement repose exclusivement sur la commune, sans mécanisme obligatoire de cofinancement. Les taux d’encadrement des accueils collectifs de mineurs laissant une marge d’appréciation aux collectivités, aucune difficulté juridique majeure n’est identifiée. Les principaux points de vigilance concernent la soutenabilité budgétaire, le respect du plafond d’emplois et les règles de gestion de la fonction publique territoriale.
Le chiffrage porte exclusivement sur le surcroît d’effectifs d’agents municipaux d’animation nécessaires pour atteindre les taux d’encadrement annoncés, soit 1 adulte pour 8 enfants en maternelle et 1 adulte pour 12 enfants en élémentaire, dans les écoles publiques de la ville de Toulouse, sur les temps périscolaires.
Sont pris en compte les équivalents temps plein (ETP) d’agents municipaux intervenant dans les accueils collectifs de mineurs (CLAE/ALAE), en régie ou via des opérateurs financés par la commune, ainsi que leur coût complet employeur. Les personnels enseignants et les agents relevant exclusivement du temps scolaire sont exclus du périmètre du chiffrage.
Le chiffrage n’intègre pas :
NB : le calcul du coût budgétaire associé à cette proposition est rendu complexe par l’absence de chiffrage précis et d’éléments opérationnels fournis par le candidat, notamment sur le périmètre exact de l’encadrement visé et les moyens humains mobilisés. En l’état des données disponibles, il n’est pas possible de déterminer avec une précision fine le nombre exact de recrutements nécessaires ni leur coût unitaire effectif, ces derniers dépendant des modalités de recrutement, du temps de travail et de la structure des emplois existants.
Hypothèses structurantes
Le chiffrage repose sur une approche par les ratios d’encadrement périscolaire et les effectifs d’animation. Il consiste à comparer les taux d’encadrement actuellement pratiqués dans les CLAE à Toulouse (1 animateur pour 14 enfants en maternelle et 1 pour 18 en élémentaire) avec les ratios cibles annoncés par le candidat (1 pour 8 en maternelle et 1 pour 12 en élémentaire), afin d’estimer le surcroît d’animateurs nécessaire. Ce surcroît est évalué à partir des effectifs existants d’adjoints d’animation, exprimés en équivalents temps plein, puis valorisé financièrement sur la base d’un coût annuel complet par agent de catégorie C, intégrant rémunérations et charges sociales.
Les principaux ratios mobilisés sont le ratio enfants / adultes cible (donnée politique) et le coût annuel moyen par ETP (donnée statistique nationale).
La mesure est chiffrée sur la base d’une application immédiate dès la première année du mandat (ie. sans montée en charge progressive). Elle génère exclusivement des dépenses de fonctionnement récurrentes, principalement salariales, appelées à se maintenir sur l’ensemble de la durée du mandat municipal, sans investissement ponctuel identifié à ce stade.
Calcul des besoins et de l’écart à combler (ETP)
Selon les éléments disponibles, la Chambre régionale des comptes indique que la Ville de Toulouse comptait 204 équivalents temps plein (ETP) d’adjoints d’animation en 2019, mobilisés pour répondre aux besoins d’encadrement sur les temps périscolaires. En l’absence de ventilation publique de ces effectifs par niveau (maternelle / élémentaire), le chiffrage repose sur une pondération par la structure des effectifs scolaires, la commune comptant proportionnellement davantage d’élèves en élémentaire qu’en maternelle.
Le passage de 1/14 à 1/8 en maternelle correspond à une augmentation théorique de 75 % des besoins d’animateurs, tandis que le passage de 1/18 à 1/12 en élémentaire correspond à une augmentation de 50 %. En appliquant ces ordres de grandeur aux effectifs existants, pondérés par la répartition des âges, l’effort moyen de renforcement de l’encadrement peut être estimé à environ +60 % des effectifs actuels d’animation. Cela conduit à un besoin supplémentaire de l’ordre de 120 ETP d’adjoints d’animation, à périmètre constant, pour atteindre les ratios annoncés.
Cet ordre de grandeur constitue une estimation centrale, sensible aux hypothèses retenues sur la fréquentation effective des temps périscolaires, l’organisation des services (annualisation, temps partiel) et le mode de gestion (régie directe ou opérateurs associatifs), qui pourront faire varier le besoin final à la hausse ou à la baisse.
Fourchette basse
L’hypothèse basse retient une mise en œuvre prudente de la mesure, fondée sur des hypothèses favorables à la collectivité. Elle suppose que (1) la fréquentation effective des temps périscolaires est inférieure au nombre d’enfants inscrits, (2) l’organisation actuelle permet une optimisation partielle des plannings (annualisation, mutualisation entre sites) et (3) l’effort d’encadrement supplémentaire se situe dans le bas de la fourchette théorique.
Dans ce scénario, l’augmentation des besoins d’animation est estimée à environ +50 % des effectifs actuels. À partir d’une base de 204 ETP d’adjoints d’animation, cela correspond à environ 100 ETP supplémentaires.
En retenant un coût annuel complet par ETP compris entre 35 000€ et 40 000€, le coût annuel supplémentaire de la mesure serait compris entre 3,5 M€ et 4,0 M€ par an.
Fourchette haute
L’hypothèse haute correspond à une mise en œuvre stricte et immédiate des ratios annoncés, sans gains organisationnels significatifs. Elle suppose que (1) la fréquentation des temps périscolaires est élevée, notamment sur les temps de pointe, (2) les ratios 1/8 et 1/12 sont appliqués de manière homogène sur l’ensemble des sites et (3) la capacité de redéploiement interne est limitée.
Dans ce scénario, l’effort d’encadrement atteint environ +70 % des effectifs actuels. Sur la base de 204 ETP existants, cela conduit à un besoin de l’ordre de 140 ETP supplémentaires.
En retenant un coût annuel complet par ETP compris entre 40 000€ et 45 000€, le coût annuel supplémentaire de la mesure serait compris entre 5,6 M€ et 6,3 M€ par an.
Toulouse Métropole, Rapport social unique (RSU) - Ville de Toulouse / Open Data
Chambre régionale des comptes (CRC), Rapport sur la ville de Toulouse (2020)
Ministère de l’Éducation nationale, Les effectifs dans le premier degré : 6,155 millions d’élèves scolarisés à la rentrée 2025, septembre 2025