
"Nous faisons un choix clair : investir dans ce qui fonctionne réellement, l’humain. Nous proposons un objectif ambitieux et concret : un policier pour 1 000 habitants. Une présence renforcée, visible et accessible, capable d’agir immédiatement, de prévenir les tensions et de répondre efficacement aux situations d’urgence."
Source : Facebook
L'Institut Montaigne chiffre le coût de cette proposition à 4,2 M€ par an.
Préoccupation au cœur de la campagne des municipales, la sécurité occupe une part croissante du budget des collectivités. En particulier, les dépenses de polices municipales constituent la principale dépense de fonctionnement des communes en matière de sécurité. Or entre 2017 et 2024, les dépenses de fonctionnement des polices municipales ont augmenté en moyenne de +41 % contre +16 % de croissance pour les dépenses de fonctionnement des autres services publics.
Toulouse compte 390 agents de police municipale armés en 2024, soit 1 policier pour 1 312 habitants. Depuis 2014, le maire sortant a fait de la sécurité un pilier de son mandat, notamment le déploiement de caméras de surveillance. De son côté, le candidat socialiste cherche à adopter une stratégie axée davantage sur le renforcement des moyens humains dédiés à la sécurité en visant un ratio de 1 agent de police municipale pour 1 000 habitants.
Si sur le plan de la faisabilité, la mesure ne soulève pas d’obstacle juridique particulier, son coût annuel moyen sur le mandat 2026-2032 atteint 4,2 M€, dans l’hypothèse d’une montée en charge progressive des effectifs sur 6 ans. En outre, si l’objectif était atteint, le budget de fonctionnement de 122 policiers supplémentaires représenterait 7,4 M€ par an à partir de 2032, correspondant à 19,4 % du budget sécurité de la Ville de Toulouse en 2024.
Coût
estimé
Institut Montaigne
4,2 M€
Temporalité
Par an
Au niveau national, l’État a encouragé le renforcement du rôle des polices municipales, notamment à travers les travaux parlementaires sur la sécurité globale et sur l’élargissement progressif de leurs prérogatives. À ce titre, le Sénat a adopté le 10 février 2026 le projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres. Ce texte, s’il est adopté par l’Assemblée nationale, pourrait permettre aux policiers municipaux, sur accord du maire, de constater une série de délits comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches, et de procéder à des contrôles d’identité.
Plus largement, cette proposition s’inscrit dans la montée en puissance des politiques de sécurité locale engagées depuis la fin des années 2010, avec l’augmentation des effectifs de police municipale (+ 40 % au niveau national entre 2013 et 2023) et la généralisation progressive de l’armement (58 % des agents disposaient d’une arme de poing en 2023, soit 10 points de plus en 10 ans). Pour autant, cette montée en puissance demeure principalement à la charge financière des collectivités locales : les dispositifs nationaux de soutien (dotations, subventions ciblées) restent limités et ne couvrent qu’une part marginale des coûts de fonctionnement et d’équipement.
Depuis 2014, le maire sortant a fait de la sécurité un axe central de son mandat, notamment le déploiement de caméras de surveillance et par la multiplication par trois du budget d’investissement dédié à la sécurité en 10 ans, selon le site de campagne de Jean-Luc Moudenc. À ce titre, la Ville de Toulouse déclare vouloir atteindre 430 agents d’ici fin 2026.
En 2024, Toulouse compte 390 agents de police municipale armés, soit 1 policier pour 1 312 habitants. La mesure vise donc à renforcer la présence visible et continue de la police municipale sur l’espace public et à améliorer la réactivité face aux incivilités et aux atteintes à la tranquillité publique.
L’augmentation des effectifs de la police municipale ne soulève pas d’obstacle juridique majeur, ces leviers relevant des compétences communales, les principales contraintes étant d’ordre budgétaire, opérationnel et de coordination avec l’État.
La police municipale de la Ville de Toulouse compte 390 agents en 2024 pour 511 684 habitants. Atteindre un ratio de 1 agent pour 1 000 habitants nécessiterait donc le recrutement de 512-390 = 122 agents.
Le chiffrage repose sur l’hypothèse d’un recrutement graduel permettant d’augmenter les effectifs de 122 agents à l’horizon 2032. Cette montée en charge est supposée linéaire sur la période, afin de tenir compte (1) des contraintes de recrutement et de formation, (2) des capacités d’encadrement et d’absorption budgétaire de la Ville et (3) des pratiques observées lors de la montée en charge initiale depuis 2021.
Dans une étude publiée en octobre 2025, l’Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales estime à 60 636€ les dépenses de fonctionnement annuelles par agent de police municipale dans les communes de plus de 100 000 habitants. Ce montant inclut déjà les frais de formation et l’achat d’équipements et des dépenses diverses. Nous considérons qu’il inclut également le coût incrémental d’équipement lié au recrutement des policiers municipaux.
Sur cette hypothèse, recruter 122 agents représente donc une dépense annuelle de fonctionnement supplémentaire de 60 636 * 122 = 7,4 M€.
Faute de précisions, l’évaluation a été réalisée en supposant que le recrutement de 122 agents résultait de la création d’un nombre identique d’emplois, sans redéploiement interne à la collectivité.
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Année |
Recrutement et fonctionnement |
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Année 1 |
1,2 M€ |
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Année 2 |
2,5 M€ |
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Année 3 |
3,7 M€ |
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Année 4 |
4,9 M€ |
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Année 5 |
6,2 M€ |
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Année 6 |
7,4 M€ |
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Coût moyen annuel (sur 6 ans) |
4,3 M€ |
Le recrutement de 122 policiers municipaux sur le mandat représente donc un coût moyen annuel de 4,3 M€.
data.gouv, Police municipale : Effectifs par commune, février 2026
Sénat, 25 propositions pour donner aux polices municipales les moyens de lutter contre l'insécurité du quotidien, mai 2025
OFGL Les enjeux financiers des polices municipales – Nouveaux éclairages, octobre 2025