
"Toulon, une ville verte, propre et éco-responsable. (…) Objectif '100 000 plantations en six ans' et ambition de faire de Toulon une ville basse température grâce à une végétalisation massive des rues, des places et des espaces publics, afin de lutter contre les îlots de chaleur urbains."
Source : Site Internet du candidat
Alors que le réchauffement climatique est susceptible d’être encore plus intense en centre-ville, en raison de la minéralité de ces espaces et, par conséquent, d’un effet d’îlot de chaleur, nombre de métropoles s’engagent dans la végétalisation de leur centre-ville et la renaturation des espaces publics. En effet, la végétalisation permet de purifier et rafraîchir l’air, en faisant chuter la température ressentie de 6 à 10°C.
Toulon comporte environ 32 % de surface arborée publique et privée. La ville indique déjà mener des actions de végétalisation avec, en 2025, la désimperméabilisation des cours d’école (Malbousquet, Nardi, Muraire, Fleurs des Champs), l’extension du parc des Lices et la mise en place d’un permis de végétaliser.
M. Bonnus propose un objectif de 100 000 plantations sur la mandature et de végétaliser massivement les espaces urbains pour lutter contre les îlots de chaleur. Cela rejoint d’autres propositions connexes : création d’un parc de 20 000 m² et d’une promenade maritime, réaménagement de la "promenade des Toulonnais" et du parc des Lices, et déploiement d’un grand plan de désimperméabilisation dans l’ensemble des quartiers avec la création d’îlots de fraîcheur ombragés.
Sur cette base, et en se fondant sur les estimations passées de l’Institut Montaigne, il est possible d’estimer le coût de l’opération à 382 M€ sur 6 ans soit 64 M€ par an, avec une répartition égale entre plantation en voirie et dans des parcs. Une estimation basse (188 M€ sur 6 ans) suppose que les plantations sont dans des parcs, donc avec peu de travaux de voirie ; une estimation haute (575 M€ sur 6 ans) suppose que les plantations soient en voirie, avec des travaux d’aménagement importants.
À titre de comparaison, la fourchette moyenne (382 M€) représente un budget de 2 122€ par habitant sur la mandature soit 354€ par an. Au total, c’est plus que le budget annuel de la ville de Toulon (317 M€ en 2026). Le coût annuel d’une telle mesure représenterait l’équivalent de l’ensemble des investissements prévus par la ville en 2026 (62 M€). C’est aussi 8 fois les dépenses consacrées par la Ville de Toulon pour les opérations de rénovation estivales de ses écoles, ou encore 4 fois le montant des dépenses de la ville en matière de sécurité (91€/habitant par an sur la métropole).
Coût
estimé
Candidat
10 M€
Institut Montaigne
64 M€
Répartition
Ville / Métropole
Temporalité
Par an
Alors que le réchauffement climatique est susceptible d’être encore plus intense en centre-ville, en raison de la minéralité de ces espaces et, par conséquent, d’un effet d’îlot de chaleur, nombre de métropoles s’engagent dans la végétalisation de leur centre-ville et la renaturation des espaces publics. En effet, la végétalisation permet de purifier et rafraîchir l’air, en faisant chuter la température ressentie de 6 à 10°C, ceci par l’ombrage créé, par le réfléchissement du rayonnement solaire et par le phénomène d’évapotranspiration. Ces initiatives d’adaptation au changement climatique consistent en la création de parcs urbains, la mise en place de cours "oasis" dans les écoles ou encore la plantation d’arbres le long des rues.
Ces orientations sont portées par plusieurs cadres stratégiques nationaux (plans biodiversité, stratégies d’adaptation au changement climatique), sans que cela ne se traduise par des dispositifs spécifiques en matière de renaturation. En pratique, ces politiques relèvent principalement d’une logique incitative, laissant aux collectivités locales une large autonomie dans la définition, le financement et la mise en œuvre des projets de végétalisation urbaine.
Toulon comporterait de 30 % à 34 % de surface arborée publique et privée. La ville indique déjà mener des actions de végétalisation avec, en 2025, la désimperméabilisation des cours d’école (Malbousquet, Nardi, Muraire, Fleurs des Champs), l’extension du parc des Lices et la mise en place d’un permis de végétaliser.
M. Bonnus propose 100 000 plantations sur la mandature et une végétalisation massive des espaces urbains pour lutter contre les îlots de chaleur. Cela rejoint d’autres propositions connexes : création d’un parc de 20 000 m² et d’une promenade maritime, réaménagement de la "promenade des Toulonnais" et du parc des Lices, et déploiement d’un grand plan de désimperméabilisation dans l’ensemble des quartiers avec la création d’îlots de fraîcheur ombragés.
En matière d’aménagement urbain, la mairie de Toulon dispose de la pleine compétence pour planter les arbres dans les espaces publics. Il n’y a donc pas d’obstacles juridiques à une telle opération.
De la même manière, un projet comme celui-ci est peu susceptible de rencontrer des oppositions de la part de riverains, d’élus locaux ou de l’État. Un enjeu sera toutefois de prévoir un entretien des plantations.
En matière technique, en revanche, la végétalisation est susceptible de faire face à des obstacles liés à la nature particulière du sous-sol en milieu urbain, très dense en centre-ville, avec de possibles dévoiements de réseaux et un manque de plein-terre.
Une telle mesure doit prendre en compte le coût d’achat de l’arbre, entre 400 et 550€, soit une moyenne de 475€, et les frais de plantation, qui varient selon l’endroit où l’arbre est planté.
Contactée, l’équipe de campagne du candidat précise que le terme de "plantations" ne renvoie pas exclusivement à des arbres de grand développement, mais inclut également des essences arbustives ou des végétaux de plus petite taille, au coût d’acquisition sensiblement inférieur. Elle souligne par ailleurs que la Métropole dispose d’un centre de production horticole capable de fournir environ 40 % des végétaux nécessaires, réduisant d’autant les achats externes. Le présent chiffrage retient en conséquence une hypothèse prudente d’un coût moyen d’acquisition divisé par deux, soit 237,5€ par unité.
Concernant le coût de plantation, le chiffrage s’appuie sur les estimations de l’Institut Montaigne lors de la campagne des municipales de 2020, et une expérience de la ville de Grenoble. En actualisant, selon l’évolution de l’inflation, le coût de plantation d’un arbre, celui-ci reviendrait à :
Le coût de plantation en voirie comprend la réalisation d’une fosse, son remplissage, l’assise de finition (enrobé, béton ou terre) et les bordures posées. À cet égard, il est possible de considérer que cette estimation des coûts pour la plantation d’arbres en voirie correspond également à l’ambition du candidat de "végétaliser massivement la ville" au moyen de différentes initiatives.
En revanche, ce chiffrage ne prend pas en compte le coût de la main d’œuvre nécessaire.
Nous avons fait l’hypothèse que la Ville prendrait en charge la plantation des végétaux. Partant de là, trois évaluations peuvent être faites selon que les plantations sont prévues dans les parcs ou les voiries :
L’hypothèse haute correspond le plus fidèlement à la formulation du programme évoquant une "végétalisation massive des rues, des places et des parcs urbains", ce qui suppose des plantations sur des espaces aujourd’hui largement minéralisés, notamment en voirie, où les coûts unitaires sont les plus élevés.
Toutefois, afin de tenir compte de la possibilité que le terme de "plantations" recouvre, pour partie, des végétaux de moindre gabarit (massifs arbustifs, alignements d’arbres de plus petite taille, micro-plantations) permettant d’augmenter le nombre d’unités plantées sur une même emprise, l’évaluation moyenne apparaît comme l’hypothèse la plus équilibrée pour apprécier l’ordre de grandeur financier de la mesure.
Contactée, l’équipe de campagne du candidat indique compter sur un subventionnement de la Métropole à hauteur de 40 %.
À titre de comparaison, la fourchette moyenne (357 M€) représente un budget d’environ 1 983 € par habitant sur la mandature, soit 331€ par an. Le coût annuel d’une telle mesure représenterait pratiquement l’équivalent de l’ensemble des investissements prévus par la ville en 2026 (62 M€). C’est également environ 7 fois les dépenses consacrées par la Ville de Toulon aux opérations de rénovation estivale de ses écoles, et plus de 3,5 fois le montant annuel des dépenses de la ville en matière de sécurité (91€ par habitant sur la métropole).
Il est à noter qu’un tel chiffrage n’inclut pas les dépenses de fonctionnement que nécessite l’entretien de ces plantations (arrosage, taille, etc.) et tout aménagement urbain que ces plantations pourraient nécessiter.
Le Parisien, "Un arbre, l’équivalent de 20 climatiseurs" : comment les plantations massives vont rafraîchir nos villes, septembre 2023
Nice Matin, Nice, Toulon, Cannes, Antibes, Hyères... Quelle place occupe l'arbre dans vos villes ?, février 2023
Pépinières Chlori, Platane
Pépinières Chlori, Paulownia
INSEE, Comparateur de territoires, septembre 2025
Ville de Toulon, Budget communal
Ville de Toulon, 8 millions d’euros pour les écoles, septembre 2025
Var Matin, Dépenses pour la sécurité en hausse sur la métropole toulonnaise, janvier 2026