
"30 000 arbres ont été plantés dans Rennes en six ans. Rennes solidaire en promet 400 000 de plus sur dix ans sur le territoire métropolitain. Après la transformation des quais de Vilaine et de la dalle République (en 2026 et 2027), la dalle Colombier sera réaménagée, avec des espaces ombragés et un pôle culturel dans l’ancien cinéma. À Maurepas, c’est la dalle du Gros-Chêne qu’elle promet de transformer en mail végétalisé avec commerces et équipements."
Source : Ouest-France
Alors que le réchauffement climatique est susceptible d’être encore plus intense en centre-ville, en raison de la minéralité de ces espaces et, par conséquent, d’un effet d’îlot de chaleur, nombre de métropoles s’engagent dans la végétalisation de leur centre-ville et la renaturation des espaces publics. En effet, la végétalisation permet de purifier et rafraîchir l’air, en faisant chuter la température ressentie de 6 à 10°C.
Les arbres représenteraient ainsi 25 % de la surface de la ville, soit 44 m² de surface végétalisée par habitant, contre 21 % en 2019. Un des principaux engagements de la mandature précédente était ainsi de planter 30 000 arbres.
Rennes Solidaires propose de planter 400 000 arbres sur dix ans, soit plus que la durée de la mandature, sur l’ensemble de la métropole, sans préciser s’il s’agit de plantations en voirie ou dans des parcs. Sur cette base, il est possible d’estimer le coût de l’opération à 1,21 Md€ sur 10 ans soit 121 M€ par an, avec 70 % des plantations dans des parcs et 30 % en voirie.
Contactée, l’équipe de la candidate précise que les 400 000 plantations annoncées concernent majoritairement des opérations de reconstitution du bocage et de plantations en zones agricoles ou naturelles à l’échelle métropolitaine, et non des arbres urbains en voirie.
Une évaluation basse (750 M€ sur 10 ans) est ainsi calculée à partir de 100 % des plantations dans des parcs.
Cette fourchette basse apparaît cohérente avec les estimations actuelles de la ville de Rennes qui indique consacrer 155€/habitant par an au verdissement de la ville. Avec 475 000 habitants recensés en 2022, cela représente un budget de 73,6 M€ par an, soit 736 M€ sur 10 ans.
À titre de comparaison, une enveloppe annuelle de 75 M€ représenterait environ 158€ par habitant et par an à l’échelle métropolitaine. Le budget annuel de cette opération constituerait environ 7 % du budget total de la ville et près de 15 % de son budget d’investissement. Cela représenterait près de deux fois le budget consacré en 2026 à l’acquisition de bus électriques.
L’équipe de campagne de la candidate précise enfin que le financement ne reposerait pas exclusivement sur la Métropole, des partenaires tels que la CEBR et Eau et Vilaine étant mobilisés, ainsi que des entreprises, copropriétés et particuliers dans une logique partenariale.
Coût
estimé
Institut Montaigne
75 M€
Répartition
Ville / Métropole
Temporalité
Par an
Alors que le réchauffement climatique est susceptible d’être encore plus intense en centre-ville, en raison de la minéralité de ces espaces et, par conséquent, d’un effet d’îlot de chaleur, nombre de métropoles s’engagent dans la végétalisation de leur centre-ville et la renaturation des espaces publics. En effet, la végétalisation permet de purifier et rafraîchir l’air, en faisant chuter la température ressentie de 6 à 10°C, ceci par l’ombrage créé, par le réfléchissement du rayonnement solaire et par le phénomène d’évapotranspiration. Ces initiatives d’adaptation au changement climatique consistent en la création de parcs urbains, la mise en place de cours "oasis" dans les écoles ou encore la plantation d’arbres le long des rues.
Ces orientations sont portées par plusieurs cadres stratégiques nationaux (plans biodiversité, stratégies d’adaptation au changement climatique), sans que cela ne se traduise par des dispositifs spécifiques en matière de renaturation. En pratique, ces politiques relèvent principalement d’une logique incitative, laissant aux collectivités locales une large autonomie dans la définition, le financement et la mise en œuvre des projets de végétalisation urbaine.
À Rennes, les arbres représenteraient ainsi 25 % de la surface de la ville, soit une surface végétalisée de 44 m² par habitant. La couverture arborée était de 21 % en 2019, cette hausse s’expliquant en partie par le plan de la mairie de planter 30 000 arbres durant la mandature 2020-2026.
En matière d’aménagement urbain, la mairie et la métropole de Rennes disposent de la pleine compétence pour planter les arbres dans les espaces publics. Il n’y a donc pas d’obstacles juridiques à une telle opération.
De la même manière, un projet comme celui-ci est peu susceptible de rencontrer des oppositions de la part de riverains, d’élus locaux ou de l’État. Un enjeu sera toutefois de prévoir un entretien des arbres et de la végétation plantée.
En matière technique, en revanche, la végétalisation est susceptible de faire face à des obstacles liés à la nature particulière du sous-sol en milieu urbain, très dense en centre-ville, avec de possibles dévoiements de réseaux et un manque de plein-terre.
Une telle mesure doit prendre en compte le coût d’achat de l’arbre, entre 400 et 550€, soit une moyenne de 475€, et les frais de plantation, qui varient selon l’endroit où l’arbre est planté.
Concernant le coût de plantation, le chiffrage s’appuie sur les estimations de l’institut Montaigne lors de la campagne des municipales de 2020, et une expérience de la ville de Grenoble. En actualisant, selon l’évolution de l’inflation, le coût de plantation d’un arbre, celui-ci reviendrait à :
Le coût de plantation comprend la réalisation d’une fosse, son remplissage, l’assise de finition (enrobé, béton ou terre) et les bordures posées. Ce chiffrage ne prend donc pas en compte le coût de la main d’œuvre nécessaire.
Nous avons fait l’hypothèse que la Ville prendrait en charge la plantation des arbres. Partant de là, trois évaluations peuvent être faites selon que les arbres sont plantés dans les parcs ou les voiries :
Au regard des volumes visés, il est possible de considérer que les plantations en parc représenteront une part très majoritaire des plantations, soit une pondération de 30 % en voirie et 70 % dans les parcs = (120 000 x 475 + 120 000 x 5 270) + (280 000 x 475 + 280 000 x 1 400) = 1,21 Md€ sur 10 ans soit 121 M€ par an.
Un chiffrage alternatif pourrait se fonder sur les estimations actuelles de la ville de Rennes qui indique consacrer 155€/habitant par an au verdissement de la ville. Avec 475 000 habitants recensés en 2022, cela représente un budget de 73,6 M€ par an, soit 736 M€ sur 10 ans, un schéma cohérent avec la fourchette basse retenue par l’institut Montaigne.
Il est à noter qu’un tel chiffrage n’inclut pas les dépenses de fonctionnement que nécessite l’entretien de ces arbres (arrosage, taille, etc.) et tout aménagement urbain que ces plantations pourraient nécessiter.
Le Parisien, "Un arbre, l’équivalent de 20 climatiseurs" : comment les plantations massives vont rafraîchir nos villes, septembre 2023
Ouest-France, Saviez-vous que Rennes était la sixième grande ville la plus verte de France ?, août 2025
Pépinières Chlori, "Platane"
Pépinières Chlori, "Paulownia"
Insee, Dossier complet : Rennes Métropole, février 2026
BFM Business, Rennes inaugure sa seconde ligne de métro après 8 ans de travaux, septembre 2022
Rennes Métropole, Le budget 2026 de Rennes Métropole s'élève à 1 milliard 88 millions d'euros, février 2026