
"Mesures concrètes : 1- Instaurer un tarif unique et raisonnable pour le stationnement automobile 2- Étendre le stationnement résident à tout l'arrondissement 3- Rendre gratuit le stationnement entre 12h et 14h pour aider les restaurateurs 4- Indiquer aux automobilistes les places disponibles en temps réel 5- Créer 15 000 places de stationnement supplémentaires"
Source : Programme de la Candidate, Rubrique "Une ville habitable"
La proposition vise à refonder intégralement la politique de stationnement à Paris autour d’un principe de simplicité et de baisse des tarifs : instauration d’un tarif unique quel que soit l’arrondissement ou le type de véhicule, première heure gratuite, gratuité pour les deux-roues motorisés, baisse uniforme des amendes et création de 15 000 places supplémentaires. Elle constitue une rupture nette avec la stratégie municipale actuelle, fondée sur la modulation tarifaire (zones différenciées, majoration des véhicules lourds) et la réduction progressive de la place de la voiture dans l’espace public.
Sur le plan juridique, la réforme relève d’une délibération du Conseil de Paris modifiant la grille tarifaire du stationnement sur voirie. Elle est donc institutionnellement faisable.
L’impact budgétaire est en revanche significatif. En neutralisant les majorations liées au poids des véhicules et à la zone géographique, en supprimant la tarification des deux-roues motorisés et en instaurant une heure quotidienne de gratuité, la réforme entraînerait une perte de recettes estimée à environ 260 M€ par an, même en intégrant l’effet positif attendu de la création de 15 000 places supplémentaires. Cela représente environ 3 % du budget de fonctionnement municipal et près des deux tiers des recettes actuelles issues du stationnement de surface.
Coût
estimé
Candidat
108,3 M€
Institut Montaigne
260 M€
Temporalité
Par an
La politique automobile à Paris oppose une stratégie municipale de dissuasion tarifaire et spatiale (majoration pour les SUV, réduction du stationnement) à une proposition Sarah Knafo, visant à instaurer un tarif résidentiel abordable pour préserver le pouvoir d'achat des ménages motorisés.
Une délibération du Conseil de Paris, modifiant la grille tarifaire du stationnement sur voirie, est nécessaire.
En 2025, dans le budget de la Ville de Paris, les recettes au titre du stationnement de surface s’établissent à 396,9 M€ (dont résidentiel mais aussi visiteurs).
Selon la Mairie de Paris, à fin 2023, il y avait au total 122 557 places sur la voirie pour véhicules et 44 273 places 2 roues.
Comme le tarif 2 roues est moitié prix du tarif véhicule, on peut faire l’hypothèse qu’il pèse pour 15 % des recettes (44 273 / (122 257 *2 + 44 273)). Supprimer le tarif deux roues coûterait donc 60 M€ (15 % x 396 M€).
Les véhicules génèrent donc 336,9 M€ de recettes (396,9-60).
Les tarifs proposés dans la mesure reviennent approximativement à aligner sur ceux pour véhicules légers du 12e au 20e arrondissement.
Le poids moyen des véhicules neufs est de 1.947 kg, selon Autocar. On fait l’hypothèse que la moitié des véhicules sont au tarif véhicules légers. Les véhicules lourds ont un tarif multiplié par 3 par rapport aux véhicules légers.
La superficie cumulée des arrondissements 1 à 11 est de 27 km2 et celle des arrondissements 12 à 20, hors bois, est de 60 km2. On suppose que les places sont réparties proportionnellement à la surface. Les arrondissements 1 à 11 ont un tarif 50 % supérieur au tarif des arrondissements 12 à 20.
On cherche d'abord à savoir comment se répartissent les recettes aujourd'hui. Soit x la recette que générerait une place au tarif "Léger - Zone B (12e-20e)".
Répartition des places par zone (au prorata de la surface) :
Répartition des véhicules :
Calcul du coefficient de poids total actuel : On applique les tarifs (Léger = 1, Lourd = 3) et les coefficients de zone (Zone B = 1, Zone À = 1,5) :
Total actuel : 2,3x= 337 M€
Pour trouver la recette "socle" (si tout le monde était au tarif léger du 12e-20e), on divise le total par le coefficient cumulé : x=337/2,3 M€≈145,9 M€
Ce montant de 145,9 M€ représente ce que rapporteraient les places de stationnement si aucune majoration (ni de zone, ni de poids) n'était appliquée.
De plus le stationnement est gratuit 2h par jour, sur 12h de stationnement payant soit ⅙ du temps et donc de recettes en moins. Cela fait donc des recettes de 145,9*(1-⅙) = 121,6 M€.
Enfin, Sarah Knafo veut créer 15 000 places de stationnement supplémentaires. Soit une augmentation de 15 000/122 557 = 12 % de l’offre de stationnement. Les recettes pourraient augmenter d’autant, soit de 121,6x12 % = 14,6 M€ et atteindre 136,2 M€.
Le manque à gagner est donc 336,9-136,2 = 200,7 M€
Au total la mesure coûte donc 60 M€ pour les 2 roues et 200 M€ pour les véhicules, soit 260 M€ au total.
Mairie de Paris, Payer son stationnement, février 2026
Mairie de Paris, Le stationnement
Ville de Paris, Projet de budget primitif, décembre 2024
L'Auto-Journal, Poids des voitures neuves : elles grossissent de 400 kg en moins de 10 ans, juillet 2024