
"J’instaurerai un prêt à taux zéro en cas de déménagement pour accueillir un nouvel enfant.
Je ne veux plus que les familles renoncent à un enfant supplémentaire en raison du manque de place. Ce prêt de 10 000 à 50 000 euros sera une aide pour les familles qui ont besoin de quelques mètres carrés supplémentaires."
Sources : Programme de la candidate
Dans les douze plus grandes villes françaises, on constate un nombre de familles avec enfant(s) en fort recul depuis 10 ans. À Paris par exemple, il diminue près de trois fois plus vite que sur l’ensemble du territoire entre 2016 et 2022 (-6,6 % contre -2,7 %).
Parmi les facteurs déterminants, le coût du logement constitue un frein majeur à l’installation des familles à Paris. Rachida Dati propose ainsi un prêt à taux zéro en cas de déménagement pour accueillir un nouvel enfant et favoriser le maintien de ces familles à Paris.
Cette mesure représente un coût entre 20,4 et 24,8 M€, soit un investissement municipal de 10,7€ par habitant parisien en hypothèse centrale.
Contactée, l’équipe de Rachida Dati estimé le coût total moyen de cette mesure à 19 M€ par an, en retenant un nombre de bénéficiaires plus faibles (750 à 800 ménages par an) et un montant moyen de prêt plus faible (20 000€).
Coût
estimé
Candidat
19 M€
Institut Montaigne
22,6 M€
Temporalité
Par an
Hypothèse basse
20,4 M€
Hypothèse haute
24,8 M€
En 2025, pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès dépasse le nombre de naissances sur l’année. À l’échelle nationale, la baisse de la natalité est une préoccupation régulièrement rappelée, du "réarmement démographique" appelé par le Président de la République aux rapport d’information sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France déposé en février 2026 à l’Assemblée nationale.
À l’échelle locale, cette chute de la natalité se traduit notamment par une baisse du nombre de familles dans les grandes villes. Cette dynamique est particulièrement marquée dans les douze plus grandes villes françaises, où l’on constate un nombre de familles avec enfant(s) en fort recul depuis 10 ans. À Paris par exemple, il diminue près de trois fois plus vite que sur l’ensemble du territoire entre 2016 et 2022 (-6,6 % contre -2,7 %).
En ciblant spécifiquement les déménagements liés à une naissance, le dispositif cherche à s'attaquer au levier économique de la baisse de la natalité dans les grandes villes et à inciter les familles à se loger à Paris.
La faisabilité juridique d’un prêt à taux zéro municipal de 10 000 à 50 000€ est établie. La Ville de Paris propose déjà le Prêt Paris Logement 0 % (PPL 0 %) pour l'acquisition d'une résidence principale, avec des montants forfaitaires allant de 27 500€ (personne seule) à 80 000€ (foyer de 5 personnes ou plus), remboursable sur 15 ans. Un dispositif similaire pourrait être créé spécifiquement pour les familles déménageant après une naissance.
On considère les hypothèses suivantes :
Ces hypothèses permettent de calculer le nombre de ménages ayant accueilli un nouvel enfant et ayant déménagé au cours de l’année, sous l’hypothèse d’une transposition à Paris du taux national de mobilité résidentielle observé pour ces ménages : 17,3 %*21 775 = 3 767.
On peut donc considérer que 3 767 familles déménagent chaque année après la naissance d’un enfant. Il s’agit d’une estimation basse, puisque le taux de déménagement après une naissance est ici pris d’un chiffre national. Or, les appartements étant structurellement plus petits et la mobilité étant plus importante à Paris, ce taux pourrait être légèrement plus élevé.
Par ailleurs, deux effets se croisent concernant le nombre de bénéficiaires du PTZ :
Le prêt à taux zéro de 10 000 à 50 000€ représente un décaissement pour la Ville de Paris (ou un établissement bancaire partenaire), remboursable sur plusieurs années sans intérêts. Le coût pour la collectivité correspond à trois éléments :
Les hypothèses retenues reposent sur un montant moyen de prêt de 25 000€, correspondant à la médiane entre les scénarios de 10 000€ et 50 000€. Sur cette base, le volume de décaissement annuel dépend du nombre de prêts accordés. Dans l’hypothèse basse, 3 390 prêts conduiraient à un décaissement de 84,8 M€ par an ; dans l’hypothèse centrale, 3 767 prêts représenteraient 94,2 M€ ; dans l’hypothèse haute, 4 144 prêts porteraient ce montant à 103,6 M€ par an.
Le coût net pour la collectivité, intégrant les intérêts pris en charge et les défauts de remboursement, est estimé à 24 % des montants prêtés. Il s’élèverait ainsi à environ 20,4 M€ par an dans le scénario bas, 22,6 M€ dans le scénario central et 24,8 M€ dans le scénario haut. Le décaissement annuel correspond à l’impact sur la trésorerie de la Ville, tandis que le coût net représente la charge budgétaire effective une fois pris en compte le remboursement du capital.
service-public.gouv.fr, Prêt à taux zéro (PTZ ou PTZ+), février 2026
economie.gouv.fr, Prêt à taux zéro (PTZ) : tout ce qu’il faut savoir, avril 2025
ADIL Paris, Fiche pratique : vous achetez avec le prêt à taux zéro, avril 2025
INSEE, Moins de déménagements en dix ans, mais l’Ouest et le périurbain toujours attractifs, septembre 2025
INSEE, Naissances domiciliées par département - Paris, juillet 2025