
"Je propose que le métro fonctionne 24 heures sur 24. Certes, à un rythme différent de la journée, mais sans interruption"
“Des métros 24h/24, en commençant par les lignes déjà automatisées.”
Emmanuel Grégoire propose d’instaurer un service de métro continu, 24 heures sur 24, s’inscrivant dans une tendance observée dans certaines grandes métropoles, telles que New York ou Londres. Toutefois, cette mesure se heurte à des contraintes techniques et financières majeures. Sur le plan de la faisabilité, la décision relève exclusivement d'Île-de-France Mobilités (IDFM), où la Région dispose de la majorité. Le coût est estimé entre 500 M€ et 650 M€ par an. Au-delà du financement, le projet pose le défi de la maintenance : la fenêtre nocturne actuelle est indispensable aux travaux sur les voies et les caténaires. Une exploitation sans interruption exigerait une réorganisation complexe des chantiers et des investissements lourds pour garantir la sécurité du réseau.
La mise en place de cette mesure représenterait entre 4 % et 5,5 % du budget annuel de fonctionnement d’Île-de-France Mobilités.
Contactée, l’équipe de campagne du candidat précise que la proposition ne vise pas une ouverture intégrale du réseau, mais une expérimentation limitée aux lignes automatisées (1, 4 et 14), pour deux ans et avec une offre réduite en heures creuses. Selon elle, le surcoût d’un tel dispositif serait de l’ordre de 90 M€ par an (avec une fourchette haute à 150 M€), correspondant à l’ouverture nocturne de ces trois lignes sur environ quatre heures supplémentaires. Un rapport d’évaluation serait établi à l’issue de l’expérimentation afin d’éclairer une éventuelle pérennisation. Le chiffrage de l’Institut porte, pour sa part, sur l’objectif final tel qu’annoncé par le candidat.
Coût
estimé
Candidat
-
Institut Montaigne
650 M€
Temporalité
Par an
Comme le note Le Parisien, faire circuler le métro sans interruption est "un serpent de mer, alléchant sur le papier, mais qui soulève de nombreuses questions."
Delphine Bürkli, administratrice d’IDFM et maire du 9e arrondissement, chiffre à 500 millions d’euros le coût d’une telle mesure.
L’ouverture du métro 24h/24 vise à répondre à une demande de mobilité nocturne et s’inscrit dans une tendance observée dans certaines grandes métropoles, telles que New York ou Londres depuis 2016 le weekend sur certaines lignes.
Sur le plan opérationnel, la fenêtre nocturne constitue aujourd’hui un temps stratégique pour la maintenance lourde : renouvellement des voies, travaux caténaires, essais de nouveaux matériels (comme le MF19), modernisation des systèmes de signalisation. Une exploitation continue impliquerait par ailleurs une réorganisation profonde des opérations et des horaires du personnel. Par ailleurs, les coûts d’exploitation nocturne sont élevés (personnels, énergie, reports de maintenance), tandis que la fréquentation attendue demeure limitée. Les retours d’expérience internationaux mettent ainsi en évidence des coûts significatifs pour des gains relativement faibles en termes de fréquentation.
En Île-de-France, l’autorité organisatrice des transports est Île-de-France Mobilités (IDFM), établissement public présidé par la Région. Son budget annuel s’élève à environ 12 milliards d’euros. La Région Île-de-France est majoritaire au CA. La mise en place de la mesure nécessiterait une décision d’IDFM où la région IDF est majoritaire (17 membres sur 33).
Contactée, l’équipe de campagne du candidat précise que si la décision relève juridiquement d’Île-de-France Mobilités, la Ville de Paris, principal contributeur au financement du réseau, entend faire valoir son poids dans la négociation.
Entre 2019 et 2020, six lignes de métro et trois lignes de tramway avaient été ouvertes toute la nuit une fois par mois, de septembre à mars, dans le cadre des "nuits festives".
Le coût de chaque "nuit festive" était estimé à 600 000 euros par la Présidente de la Région IDF. Six lignes de métro et trois lignes de tramway représentent environ 1/3 du réseau de métro et tramway francilien.
On fait l’hypothèse qu’une nuit d’ouverture de l’ensemble de ce réseau coûterait environ 1 800 000 euros (3 x 600 000). Le coût appliqué à 365 jours par an se rapproche donc de 650 M€.
Ce chiffre est à comparer aux 500 M€ évoqués par IDFM.
L’équipe de campagne du candidat précise que le coût global doit être minoré d’une révision du réseau des "Noctiliens" sur les axes concernés (dont le coût avoisine, selon elle, 90 M€ par an). Toutefois, le réseau Noctilien vise avant tout la desserte nocturne de l’ensemble de l’Île-de-France. Sa réduction pourrait donc se faire au détriment des Franciliens travaillant la nuit et nécessiterait l’accord d’Île-de-France Mobilités, où la Région est majoritaire. Cette hypothèse apparaît à ce stade incertaine et politiquement sensible ; l’économie associée n’est donc pas retenue dans le chiffrage.
Le Parisien, Municipales 2026 à Paris : un métro qui fonctionne toute la nuit ? Emmanuel Grégoire relance le débat, Octobre 2025