
“Agir sur le taux d’effort des locataires parisiens (...) Étendre l’aide directe au logement à 50 000 allocataires APL/ALS parisiens en ciblant les foyers vulnérables et en simplifiant l’accès à ce droit”
Source : Programme de la Candidate
Dans le cadre du Plan parisien pour le logement d’abord, la ville de Paris déploie depuis 2008 un dispositif d’aides financières en parallèle des aides au logement versées par la caisse d’allocations familiales. Il s’agit d’une aide financière mensuelle, accordée pour un an, à des locataires (personnes seules, couples sans enfant, couples avec un enfant), résidant à Paris, sous conditions de ressources, qui consacrent au moins 30 % de leurs ressources au paiement des charges.
À cela s’ajoutent des dispositifs spécifiques comme Paris Logement Familles et Paris Logement Familles Monoparentales. Plus de 27 000 allocataires bénéficient de ces trois dispositifs en 2024, pour des montants variant pour l’essentiel entre 84€ et 150€ par mois.
La candidate propose d’étendre l’aide directe au logement proposée par la Ville de Paris à 50 000 allocataires APL / ALS parisiens. Contactée, l’équipe de campagne de la candidate a précisé que la mesure visait à porter le nombre de personnes bénéficiant de l’aide de la Ville de Paris de 27 000 actuellement à 50 000 en ciblant prioritairement les allocataires APL / ALS. Il s’agit de l’hypothèse retenue dans le présent chiffrage.
En interprétant la mesure de telle sorte que l’aide bénéficie à 50 000 allocataires APL / ALS supplémentaires, la proposition est estimée à 39,2 M€ (avec l’hypothèse d’un taux de non-recours à 25 %).
Le présent chiffrage estime un coût total de la mesure entre 12 et 24 M€, avec une hypothèse centrale à 18 M€ - qui est un coût de fonctionnement annuel. Le montant définitif pris en charge par la ville dépendra de la participation finale des bailleurs sociaux et de l’État ainsi que des modalités de ces financements complémentaires.
À titre de comparaison, cela représente environ 3 fois le coût du projet de création de 17 logements sociaux situé place des Vosges, ou l’équivalent de plus de 4 rénovations thermiques d’établissements scolaires à Paris (4 M€ par école en moyenne).
Coût
estimé
Institut Montaigne
18 M€
Répartition
Ville / Etat / Bailleurs sociaux
Temporalité
Par an
Hypothèse basse
12 M€
Hypothèse haute
24 M€
Au niveau national, afin de réduire le montant de leur loyer, les locataires peuvent bénéficier d’aides au logement, non cumulables : l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement familiale (ALF) et l’allocation de logement sociale (ALS). Ces aides sont versées chaque mois par les caisses d’allocations familiales (CAF) ou la mutualité sociale agricole (MSA). Les CAF locales peuvent compléter ces prestations classiques par des aides plus ponctuelles (aides à l’installation, aides ponctuelles en cas de difficulté exceptionnelle, etc.)
La ville de Paris complète cette action depuis plusieurs années, en doublant l’action de la CAF. Pour cela, la ville de Paris s’appuie sur sa compétence en matière d’action sociale, puisqu’elle rassemble les compétences d’une commune et d’un département.
La ville de Paris a mis en place une allocation "Paris Logement" en 2008, durant la mandature de Bertrand Delanoë. Il s’agit d’une aide financière mensuelle, accordée pour un an, à des locataires, résidant à Paris et ayant des ressources inférieures à 1 450€ (personnes seules ou couples sans enfant) ou 1 600€ (couple avec un enfant à charge), qui consacrent au moins 30 % de leurs ressources au paiement des charges, selon un taux d’effort.
Le montant maximal est de 84€ par mois pour une personne seule, de 95€ par mois pour un couple sans enfant et de 116€ par mois pour un couple avec un enfant à charge.
Cette aide est versée après dépose d’un formulaire de demande auprès de la Maison des Solidarités de l’arrondissement concerné.
En 2024, elle a bénéficié à 4 052 allocataires : 3704 personnes seules, 167 couples sans enfants, et 181 couples avec un enfant.
Au fil des années, le plan a été étendu, avec les dispositifs :
Le coût actuel du dispositif n’est pas précisé par la mairie de Paris.
Ces dispositifs d’aide s’insèrent dans un plan plus large, le Plan parisien pour le logement d’abord pour favoriser l’accès au logement, avec notamment la production de logements sociaux, le développement de dispositifs facilitant le parcours résidentiel des ménages en difficulté, des relogements prioritaires et des mesures d’accompagnement social.
En matière de logement social ou d’aide au logement, les concurrents de S. Chikirou avancent des propositions différentes : fusion des bailleurs sociaux, révision des priorités d’accès au logement social et rotation accrue du logement social pour Pierre-Yves Bournazel ; construction de 60 000 logements publics, déploiement d’une garantie municipale des loyers, et développement de l’accession sociale à la propriété pour Emmanuel Grégoire ; rotation accrue du parc social, expulsion facilitée des logements sociaux pour les fauteurs de troubles, révision des modalités d’attribution pour Sarah Knafo.
Pour chiffrer cette mesure, il est nécessaire de définir ce qu’est un "allocataire". Au sens de la CAF, un allocataire est un foyer, et non un individu - le conjoint ou les enfants étant définis comme des ayants droit. Il est donc possible de considérer que la mesure proposée par S. Chikirou bénéficierait à 22 926 foyers supplémentaires, soit un quasi doublement par rapport au nombre d’allocataires actuel (27 074 allocataires au total pour Paris Logement).
La mesure cible spécifiquement les allocataires de l’ALS et de l’APL. Or les APL et les ALS concernent principalement les personnes seules, les étudiants, les jeunes actifs et les couples sans enfants. Ces profils seraient donc éligibles à l’aide Paris Logement "classique" (personnes seules à 84€/mois, couples sans enfant à 95€/mois). À partir des portraits sociaux publiés par la CAF, on peut estimer autour de 70 % de personnes seules et 30 % de couples sans enfants.
Ainsi, on aurait un coût estimé à 22 926 x 0,7x 84 x 12 + 22 926 x 0,3 x 95 x 12 = 24 M€.
Une fourchette moyenne amènerait à un coût total de 24 M€ - qui est un coût de fonctionnement annuel.
Nous pouvons également envisager un taux de non recours au dispositif jusqu’à 50 %.
Dans ce cas, les hypothèses seraient les suivantes :
Hypothèse basse (taux de non recours à 50 %) : 24 x 50 % = 12 M€
Hypothèse centrale (taux de non recours à 25 %) : 24 x 75 % = 18 M€
Hypothèse haute (taux de non recours à 0 %) : 24 M€
En hypothèse centrale, le coût de la mesure est estimé à 18 M€, soit l’équivalent de plus de 4 rénovations thermiques d’établissements scolaires à Paris (4 M€ par école en moyenne).
Service Public, Allocation de logement sociale (ALS), Janvier 2025
Banque des Territoires, Habitat - Paris crée son allocation logement, Décembre 2008
Ville de Paris, Aides au logement et à l'énergie, Février 2026
Ville de Paris, Les données : Paris Logement
CAF, Dictionnaire des variables
Vie Publique, Les familles en 2020 : de plus en plus de familles monoparentales, Septembre 2021
Paris Habitat, Réhabilitation et offre nouvelle : les principales opérations de 2025, Mars 2025
Le Parisien, À Paris, le chantier "modèle" de rénovation des écoles inquiète : "Une génération d’élèves va être perturbée", Avril 2025
Le Monde, A Paris, les premières écoles raccordées au réseau de froid pour faire face aux canicules, Août 2025