
"À Paris, le stationnement est devenu un racket fiscal. On fait exploser les tarifs pour remplir les caisses. Moi, je mets un tarif résidentiel unique pour les Parisiens et les entreprises.”
Source : Facebook
La proposition vise à instaurer un tarif résidentiel "abordable" pour les automobilistes parisiens, en rupture avec la stratégie municipale actuelle fondée sur une hausse progressive des tarifs et une réduction de la place de la voiture en ville. Elle s’inscrit dans un débat structurant à Paris opposant une politique de dissuasion tarifaire (majoration des SUV, diminution des places, augmentation des redevances) à une approche centrée sur le pouvoir d’achat des ménages motorisés et des petites entreprises.
La mesure relève juridiquement d’une délibération du Conseil de Paris modifiant la grille tarifaire du stationnement sur voirie. En l’absence de précisions sur le niveau exact du nouveau tarif, le chiffrage repose sur l’hypothèse d’une division par deux des montants actuellement acquittés par les résidents.
Sur cette base, le manque à gagner pour la Ville est estimé entre 9,5 M€ et 14,5 M€ par an, pour un produit actuel évalué autour de 24 M€ dans l’hypothèse centrale. L’impact budgétaire demeure limité à l’échelle du budget municipal - environ 0,1 % à 0,2 % du budget de fonctionnement - mais il interroge l’équilibre financier global de la politique de stationnement, qui constitue une ressource significative (près de 400 M€ de recettes annuelles toutes catégories confondues).
Au-delà de son impact budgétaire modéré, la mesure a donc une portée essentiellement politique : elle marque un infléchissement stratégique sur la place de l’automobile à Paris et sur l’usage du levier tarifaire comme instrument de régulation des mobilités urbaines.
Coût
estimé
Institut Montaigne
12 M€
Temporalité
Par an
Hypothèse basse
9,5M€
Hypothèse haute
14,5 M€
La politique automobile à Paris oppose une stratégie municipale de dissuasion tarifaire et spatiale (majoration pour les SUV, réduction du stationnement) à une proposition de l'opposition, portée par Rachida Dati, visant à instaurer un tarif résidentiel abordable pour préserver le pouvoir d'achat des ménages motorisés.
Une délibération du Conseil de Paris, modifiant la grille tarifaire du stationnement sur voirie, est nécessaire.
Selon la Mairie de Paris, à fin 2023, 113 573 cartes de stationnement résidentiel étaient valides et il y avait au total 122 557 places sur la voirie.
Le droit de stationnement acheté pour 1 an au tarif de 45€ pour les véhicules légers ou 22,50€ pour les 2-roues motorisés ou pour 3 ans au tarif de 90€ pour les véhicules légers ou 45€ pour les 2-roues motorisés donne accès au tarif préférentiel "résidents".
Le bénéficiaire de ce droit paie la redevance de stationnement 1.50€ (véhicules légers) ou 0,75€ (2-roues motorisés) par jour ou 9€ (véhicules légers) ou 4,5€ (2-roues motorisés) par semaine.
Il doit stationner sur les emplacements payants des voies mixtes situées dans les 4 zones autour de son domicile.
En 2025, dans le budget de la Ville de Paris, les recettes au titre du stationnement de surface s’établissent à 396,9 M€ (dont résidentiel mais aussi visiteurs).
Les recettes du stationnement résidentiel en tant que ligne budgétaire séparée ne sont pas publiées dans les rapports budgétaires récents disponibles sur le site de la Ville de Paris. Elles sont intégrées dans les recettes globales du stationnement payant sur voirie.
On prend donc les hypothèses suivantes :
Pour les voitures :
Pour les deux roues :
Total et Fourchette plausible :
En l’absence de détails concernant la proposition de Rachida Dati, il est fait l’hypothèse d’une division par deux des tarifs.
Le cas échéant, le coût de la proposition serait compris entre 9,5 M€ et 14,5 M€.
Mairie de Paris, Le Stationnement
Mairie de Paris, Projet de Budget Primitif, décembre 2024