
"Nous proposons de créer 100 agents supplémentaires sur les forces de sécurité relevant de la responsabilité du maire et du président de la métropole."
Source : Echo des tribunes
L'Institut Montaigne chiffre le coût de cette proposition à 1,75 M€ par an. Le candidat indique quant à lui un coût de 4 M€ sur la même temporalité.
Préoccupation au cœur de la campagne des municipales, la sécurité occupe une part croissante du budget des collectivités. En particulier, les dépenses de polices municipales constituent la principale dépense de fonctionnement des communes en matière de sécurité. Or entre 2017 et 2024, les dépenses de fonctionnement des polices municipales ont augmenté en moyenne de +41 % contre +16 % de croissance pour les dépenses de fonctionnement des autres services publics.
Montpellier compte 192 agents de police municipale armés, soit 1 policier pour 1 660 habitants. Dans le cadre de la campagne municipale de 2026, l’augmentation des effectifs de police municipale est une proposition présente dans la plupart des programmes des candidats à Montpellier. À ce titre, Michaël Delafosse promet de créer 100 postes de policiers supplémentaires qui seraient sous la responsabilité du maire et du président de la métropole.
Si sur le plan de la faisabilité, la mesure ne soulève pas d’obstacle juridique particulier, son coût annuel moyen pour la municipalité se situe entre 875 000€ et 2,6 M€, dans l’hypothèse d’une montée en charge progressive des effectifs sur 6 ans. Le recrutement de 100 policiers atteint un total de 3,5 M€, réparti entre la métropole et la municipalité. En outre, si l’objectif était atteint, dans l’hypothèse médiane, le budget de fonctionnement de 50 policiers municipaux supplémentaires représenterait 6,1 M€ par an à partir de 2032 pour la municipalité, correspondant à 16 % du budget sécurité de la Ville de Montpellier en 2025.
Coût
estimé
Candidat
4 M€
Institut Montaigne
1,75 M€
Temporalité
Par an
Hypothèse basse
875 000€
Hypothèse haute
2,6 M€
Au niveau national, l’État a encouragé le renforcement du rôle des polices municipales, notamment à travers les travaux parlementaires sur la sécurité globale et sur l’élargissement progressif de leurs prérogatives. À ce titre, le Sénat a adopté le 10 février 2026 le projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres. Ce texte, s’il est adopté par l’Assemblée nationale, pourrait permettre aux policiers municipaux, sur accord du maire, de constater une série de délits comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches, et de procéder à des contrôles d’identité.
Plus largement, cette proposition s’inscrit dans la montée en puissance des politiques de sécurité locale engagées depuis la fin des années 2010, avec l’augmentation des effectifs de police municipale (+ 40 % au niveau national entre 2013 et 2023) et la généralisation progressive de l’armement (58 % des agents disposaient d’une arme de poing en 2023, soit 10 points de plus en 10 ans). Pour autant, cette montée en puissance demeure principalement à la charge financière des collectivités locales : les dispositifs nationaux de soutien (dotations, subventions ciblées) restent limités et ne couvrent qu’une part marginale des coûts de fonctionnement et d’équipement.
Entre 2020 et 2026, le maire sortant a fait de la sécurité un des piliers de son mandat. À ce titre, Michaël Delafosse a engagé une augmentation du nombre de policiers municipaux, visant 240 agents d’ici la fin de son mandat. Cette ambition s’est accompagnée d’un déploiement de 200 nouvelles caméras vidéosurveillance, ainsi que la création d’une police métropolitaine des transports.
La mesure s’inscrit donc dans la continuité, visant à renforcer la présence visible et continue de la police municipale sur l’espace public et à améliorer la réactivité face aux incivilités et aux atteintes à la tranquillité publique.
L’augmentation des effectifs de la police municipale ne soulève pas d’obstacle juridique majeur, ces leviers relevant des compétences communales, les principales contraintes étant d’ordre budgétaire, opérationnel et de coordination avec l’État.
Le chiffrage repose sur l’hypothèse d’un recrutement graduel permettant d’augmenter les effectifs de 100 agents à l’horizon 2032. Cette montée en charge est supposée linéaire sur la période, afin de tenir compte (1) des contraintes de recrutement et de formation, (2) des capacités d’encadrement et d’absorption budgétaire de la Ville et (3) des pratiques observées lors de la montée en charge initiale depuis 2021.
Dans une étude publiée en octobre 2025, l’Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales estime à 60 636€ les dépenses de fonctionnement annuelles par agent de police municipale dans les communes de plus de 100 000 habitants. Ce montant inclut déjà les frais de formation et l’achat d’équipements et des dépenses diverses. Nous considérons qu’il inclut également le coût incrémental d’équipement lié au recrutement des policiers municipaux.
Sur cette hypothèse, recruter 100 agents représente donc une dépense annuelle de fonctionnement supplémentaire de 60 636 * 100 = 6,6 M€.
Faute de précisions, l’évaluation a été réalisée en supposant que le recrutement de 100 agents résultait de la création d’un nombre identique d’emplois, sans redéploiement interne à la collectivité.
Trajectoire et coût moyen sur la période
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Année |
Recrutement et fonctionnement |
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Année 1 |
1,0 M€ |
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Année 2 |
2,0 M€ |
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Année 3 |
3,0 M€ |
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Année 4 |
4,0 M€ |
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Année 5 |
5,1 M€ |
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Année 6 |
6,1 M€ |
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Coût moyen annuel (sur 6 ans) |
3,5 M€ |
Le recrutement de 100 policiers municipaux sur le mandat représente donc un coût moyen annuel de 3,5 M€.
Toutefois, le candidat précise que ces agents seront sous la responsabilité du maire et du président de la métropole. Ne précisant pas quelle part des effectifs de police seraient affectés respectivement à la municipalité et à la métropole, nous pouvons envisager trois hypothèses pour évaluer le coût final attribuable à la municipalité.
La première hypothèse suppose que 75 % des effectifs seront affectés à la métropole, et 25 % à la Ville de Montpellier. Le coût pour la municipalité est alors estimé à 25 %*3,5 M€ = 875 000€.
L’hypothèse médiane suppose que les effectifs sont répartis entre les deux équitablement. Dans ce cas, le coût pour la municipalité est estimé à 50 %*3,5 M€ = 1,75 M€.
La troisième hypothèse suppose que 25 % des effectifs seront affectés à la métropole, et 75 % à la Ville de Montpellier. Le coût pour la municipalité est alors estimé à 75 %*3,5 M€ = 2,6 M€.
Ville de Montpellier, Police Municipale
Sénat, 25 propositions pour donner aux polices municipales les moyens de lutter contre l'insécurité du quotidien, mai 2025
Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales (OFGL), Les enjeux financiers des polices municipales - Nouveaux éclairages, octobre 2025