
"Le milliardaire et président du MHR, le Montpellier Hérault Rugby, Mohel Altrad, la candidate RN France Jamet et Isabelle Perrein promettent chacun un doublement du nombre de caméras et de policiers"
Source : Ici Hérault (France Bleu)
L'Institut Montaigne chiffre le coût de cette proposition à 6,8 M€ par an.
Préoccupation au cœur de la campagne des municipales, la sécurité occupe une part croissante du budget des collectivités. En particulier, les dépenses de polices municipales constituent la principale dépense de fonctionnement des communes en matière de sécurité. Or entre 2017 et 2024, les dépenses de fonctionnement des polices municipales ont augmenté en moyenne de +41 % contre +16 % de croissance pour les dépenses de fonctionnement des autres services publics.
Montpellier compte 192 agents de police municipale armés, soit 1 policier pour 1 660 habitants. Dans le cadre de la campagne municipale de 2026, l’augmentation des effectifs de police municipale est une proposition présente dans la plupart des programmes des candidats à Montpellier. À ce titre, Mohel Altrad, promet de doubler les effectifs de police municipale
Si sur le plan de la faisabilité, la mesure ne soulève pas d’obstacle juridique particulier, son coût annuel moyen sur le mandat 2026-2032 atteint 6,8 M€, dans l’hypothèse d’une montée en charge progressive des effectifs sur 6 ans. En outre, si l’objectif était atteint, le budget de fonctionnement de 192 policiers supplémentaires représenterait 11,6 M€ par an à partir de 2032, correspondant à 61 % du budget sécurité de la Ville de Montpellier en 2025.
Coût
estimé
Institut Montaigne
6,8 M€
Temporalité
Par an
Au niveau national, l’État a encouragé le renforcement du rôle des polices municipales, notamment à travers les travaux parlementaires sur la sécurité globale et sur l’élargissement progressif de leurs prérogatives. À ce titre, le Sénat a adopté le 10 février 2026 le projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres. Ce texte, s’il est adopté par l’Assemblée nationale, pourrait permettre aux policiers municipaux, sur accord du maire, de constater une série de délits comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches, et de procéder à des contrôles d’identité.
Plus largement, cette proposition s’inscrit dans la montée en puissance des politiques de sécurité locale engagées depuis la fin des années 2010, avec l’augmentation des effectifs de police municipale (+ 40 % au niveau national entre 2013 et 2023) et la généralisation progressive de l’armement (58 % des agents disposaient d’une arme de poing en 2023, soit 10 points de plus en 10 ans). Pour autant, cette montée en puissance demeure principalement à la charge financière des collectivités locales : les dispositifs nationaux de soutien (dotations, subventions ciblées) restent limités et ne couvrent qu’une part marginale des coûts de fonctionnement et d’équipement.
Entre 2020 et 2026, le maire sortant a fait de la sécurité un des piliers de son mandat. À ce titre, Michaël Delafosse a engagé une augmentation du nombre de policiers municipaux, visant 240 agents d’ici la fin de son mandat. Cette ambition s’est accompagnée d’un déploiement de 200 nouvelles caméras vidéosurveillance, ainsi que la création d’une police métropolitaine des transports.
La mesure vise donc à renforcer la présence visible et continue de la police municipale sur l’espace public et à améliorer la réactivité face aux incivilités et aux atteintes à la tranquillité publique.
L’augmentation des effectifs de la police municipale ne soulève pas d’obstacle juridique majeur, ces leviers relevant des compétences communales, les principales contraintes étant d’ordre budgétaire, opérationnel et de coordination avec l’État.
À Montpellier, les effectifs de la police municipale s’élèvent à 192 agents, selon les derniers chiffres de la mairie. Le chiffrage repose sur l’hypothèse d’un recrutement graduel permettant d’augmenter les effectifs de 192 agents à l’horizon 2032. Cette montée en charge est supposée linéaire sur la période, afin de tenir compte (1) des contraintes de recrutement et de formation, (2) des capacités d’encadrement et d’absorption budgétaire de la Ville et (3) des pratiques observées lors de la montée en charge initiale depuis 2021.
Dans une étude publiée en octobre 2025, l’Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales estime à 60 636€ les dépenses de fonctionnement annuelles par agent de police municipale dans les communes de plus de 100 000 habitants. Ce montant inclut déjà les frais de formation et l’achat d’équipements et des dépenses diverses. Nous considérons qu’il inclut également le coût incrémental d’équipement lié au recrutement des policiers municipaux.
Sur cette hypothèse, recruter 192 agents représente donc une dépense annuelle de fonctionnement supplémentaire de 60 636 * 192 = 11,6 M€.
Faute de précisions, l’évaluation a été réalisée en supposant que le recrutement de 192 agents résultait de la création d’un nombre identique d’emplois, sans redéploiement interne à la collectivité.
Trajectoire et coût moyen sur la période
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Année |
Recrutement et fonctionnement |
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Année 1 |
1,9 M€ |
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Année 2 |
3,9 M€ |
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Année 3 |
5,8 M€ |
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Année 4 |
7,8 M€ |
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Année 5 |
9,7 M€ |
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Année 6 |
11,6 M€ |
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Coût moyen annuel (sur 6 ans) |
6,8 M€ |
Le recrutement de 192 policiers municipaux sur le mandat représente donc un coût moyen annuel de 6,8 M€.
Ville de Montpellier, Police Municipale
Sénat, 25 propositions pour donner aux polices municipales les moyens de lutter contre l'insécurité du quotidien, mai 2025
Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales (OFGL), Les enjeux financiers des polices municipales - Nouveaux éclairages, octobre 2025