
"Changer la vie de nos commerçants et de nos artisans, c’est changer nos vies dans notre centre-ville et nos noyaux villageois. (…)
C’est pourquoi nous reviendrons au bon sens et à l’équilibre en matière de stationnement en arrêtant de supprimer des places de stationnement, en rendant gratuite la première demi-heure de stationnement dans tous les parkings et la première heure sur toute la voirie payante, en multipliant les arrêts minutes et les arrêts livraison pour faciliter la vie des professionnels comme des clients."
Source : Programme du candidat
Cette mesure s’insère dans le débat national sur la place de la voiture en ville, entre tenants d’une réduction de la place de la voiture et d’apaisement de l’espace public, au moyen d’un développement des mobilités douces, et de l’autre, partisans d’un maintien d’un accès facilité au centre-ville en voiture, au nom de la défense du commerce de centre-ville.
F. Allisio propose ainsi de rendre gratuite la première demi-heure de stationnement dans les parkings et la première heure sur toute la voirie payante.
Le coût d’une telle mesure peut être estimé à 210 000€ pour le stationnement souterrain, nombre de parkings étant d’ores et déjà gratuits pour moins d’une demi-heure.
Le coût de cette mesure concernant le stationnement en surface peut être anticipé à 1,5 M€ en considérant que 50 % des arrêts sont inférieurs à 1h, que le ticket moyen pondéré est de 1,24€ et que 6 700 personnes se garent chaque jour sur voie publique.
Au total, une telle mesure aurait un coût de 1,7 M€ par an, soit 10,2 M€ sur la mandature.
Un tel coût représente une dépense de 12€ par habitant sur la mandature. Cela représente l’équivalent de la rénovation complète d’une école primaire ou maternelle ou encore la moitié du coût de construction d’une piscine. En tenant compte des subventions, cette somme permettrait de construire l’équivalent de trois centres d’incendie et de secours pour les marins-pompiers.
Pour mettre en œuvre cette mesure, la nouvelle équipe municipale ferait toutefois face à des difficultés juridiques pour les parkings souterrains puisque ceux-ci relèvent de la compétence de la métropole et qu’ils sont gérés via des délégations de service public. Toute modification du contrat entraînant une perte de recettes devra ainsi être indemnisée.
Coût
estimé
Institut Montaigne
1,7 M€
Temporalité
Par an
Dans plusieurs métropoles, un débat oppose les opposants et les partisans d’une réduction de la place de la voiture. D’un côté, certains élus souhaitent apaiser l’espace public, développer les transports collectifs et les mobilités douces au détriment de la voiture, à travers une diminution des voies de circulation et des places de stationnement. De l’autre côté, les opposants à la réduction de la place de la voiture pointent l’effet de ces mesures sur les commerçants de centre-ville et la congestion de la circulation.
À Marseille, F. Allisio propose ainsi de stopper ce mouvement de réduction de la place de la voiture et de rendre gratuite la première demi-heure de stationnement dans tous les parkings de la ville et la première heure sur toute la voirie payante - mais aussi d’accroître le nombre d’arrêts minutes et les arrêts livraison à destination des professionnels.
Les autres candidats s’inscrivent dans ce débat. B. Payan propose de mieux organiser la circulation automobile et de rééquilibrer la place de la voiture (lutte contre le stationnement anarchique, création de parkings relais, entretien de la voirie) tout en développant la place du vélo. M. Vassal souhaite développer l’offre de transports en commun pour éviter le recours à la voiture, sans se prononcer sur la place de celle-ci. S. Delogu propose également de développer les transports en commun, de mieux les entretenir et d’accroître les mobilités douces (piétons, vélos).
Une délibération du conseil municipal, modifiant la grille tarifaire du stationnement sur voirie, est nécessaire.
En revanche, concernant les parkings souterrains, la situation est plus complexe. La métropole dispose de la compétence en la matière. Elle exploite 19 parkings à Marseille, à travers des délégations de service publics. Toute modification des tarifs devra donc obtenir l’accord de la métropole - d’un bord politique possiblement différent. Surtout, toute modification venant bouleverser l’économie générale du contrat et l’équilibre économique ouvre droit à indemnisation. En cas de révision à la baisse des tarifs, le concessionnaire ou le délégataire peut demander une indemnisation équivalente. Une alternative serait d’allonger la durée de la concession.
Stationnement souterrain public
Les 19 parkings représentent 10 288 places. Il n’y a pas de politique homogène en matière de tarification. Certains parkings sont gratuits la première demi-heure, d’autres sont payants (2,1€ pour la 1e heure à la Timone, 2€ au parking Puget, 3€ au Pharo, 2,1€ à la Joliette).
Il est possible de considérer que 50 % des parkings tarifient la 1e demi-heure et que celle-ci revient à 2€. En se fondant sur l’exemple du parking de l’hôtel de ville (6 200 fréquentations gratuites <30min pour 93 000 entrées), il est possible de considérer que 7 % des entrées sont inférieures à 30min.
Pour estimer la fréquentation, un rapport d’activité pour 7 parcs de 2020 estimait la fréquentation à 1,08 million d’entrées horaires en 2019. Pour 19 parcs, cela aboutit à une fréquentation de 2,9 millions d’entrées horaires.
Ceci conduit à estimer à 210 000 entrées inférieures à 30 min. Si 50 % sont tarifées à 2€, cela aboutit à une perte de recettes de 210 000€.
Stationnement en surface
À Marseille, le tarif de stationnement sur la voirie est de 0,5€ pour la première demi-heure et 1,5€ pour une heure, cela quelle que soit la zone de stationnement.
Un rapport de 2016 de l’observatoire des mobilités indiquait que 6 700 voitures paient leur stationnement sur voie chaque jour en moyenne en tant que visiteurs et 10 200 en tant que résidents. En outre, 13 % des arrêts sont inférieurs à 30 minutes et 37 % sont compris entre 30 minutes et 1 heure. Enfin, les recettes tirées des abonnements représentaient 20 % des recettes de stationnement contre 80 % pour les visiteurs.
Le stationnement payant a généré 17 M€ de recettes pour la ville de Marseille en 2024, soit 13,6 M€ environ par les visiteurs, soit un ticket moyen de 5,56€ par visiteur (en restant sur les chiffres de 2016).
Sur cette base :
Une fourchette moyenne donnerait donc un coût de 1,7 M€ environ par an, soit 10,2 M€ sur la mandature.
Un tel coût représente une dépense de 12€ par habitant sur la mandature. Sur l’ensemble de la mandature cela représente l’équivalent de la rénovation complète d’une école primaire ou maternelle en se fondant sur l’exemple de la société publique des écoles marseillaises ou encore la moitié du coût de construction d’une piscine. En tenant compte des subventions, cette somme permettrait de construire l’équivalent de trois centres d’incendie et de secours pour les marins-pompiers (8,8 M€ pour le CDIS de St Julien dont 5,8 M€ de subvention).
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