
“Benoît Payan promet le “doublement de la police municipale” en faisant passer les effectifs de 800 à 1 600 agents.”
Source : Actu Marseille
L'Institut Montaigne chiffre le coût de cette proposition à 33,2 M€ par an.
Préoccupation au cœur de la campagne des municipales, la sécurité occupe une part croissante du budget des collectivités. En particulier, les dépenses de polices municipales constituent la principale dépense de fonctionnement des communes en matière de sécurité. Or entre 2017 et 2024, les dépenses de fonctionnement des polices municipales ont augmenté en moyenne de +41 % contre +16 % de croissance pour les dépenses de fonctionnement des autres services publics.
En 2020, Benoît Payan promettait déjà de doubler les effectifs de police municipale dans l’objectif d’atteindre 800 agents à la fin de son mandat. En juin 2025, on compte en effet 660 agents de police municipale, contre 450 en 2020 (+46,6 %). Dans le cadre de la campagne pour les élections municipales de 2026, il réitère cette promesse de doublement pour porter la police municipale à 1 600 agents.
Si sur le plan de la faisabilité, la mesure ne soulève pas d’obstacle juridique particulier, son coût annuel moyen sur le mandat 2026-2032 atteint 33,2 M€, dans l’hypothèse d’une montée en charge progressive des effectifs sur 6 ans. En outre, si l’objectif était atteint, le budget de fonctionnement de 940 policiers supplémentaires représenterait 56,9 M€ par an à partir de 2032, correspondant à 35,8 % du budget sécurité de la Ville de Marseille en 2025.
Contactée, l’équipe de campagne du candidat indique que l’effectif actuel de policiers municipaux se situe à 800 agents. Sur cette base, porter les effectifs à 1 600 agents nécessiterait donc un recrutement de 800 agents supplémentaires. Faute de données plus récentes publiées par la mairie, nous avons toutefois conservé dans ce chiffrage un nombre initial de 660 agents, soit l’effectif observé en juin 2025. Elle précise également que le projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres pourrait permettre aux régions de contribuer financièrement à l’équipement des polices municipales et à la mise en œuvre de systèmes de vidéoprotection. Si ce dispositif était adopté, le candidat souhaiterait faire appel à une contribution de la région.
Coût
estimé
Institut Montaigne
33,2 M€
Temporalité
annuel
Au niveau national, l’État a encouragé le renforcement du rôle des polices municipales, notamment à travers les travaux parlementaires sur la sécurité globale et sur l’élargissement progressif de leurs prérogatives. À ce titre, le Sénat a adopté le 10 février 2026 le projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres. Ce texte, s’il est adopté par l’Assemblée nationale, pourrait permettre aux policiers municipaux, sur accord du maire, de constater une série de délits comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches, et de procéder à des contrôles d’identité.
Plus largement, cette proposition s’inscrit dans la montée en puissance des politiques de sécurité locale engagées depuis la fin des années 2010, avec l’augmentation des effectifs de police municipale (+ 40% au niveau national entre 2013 et 2023) et la généralisation progressive de l’armement (58% des agents disposaient d’une arme de poing en 2023, soit 10 points de plus en 10 ans). Pour autant, cette montée en puissance demeure principalement à la charge financière des collectivités locales : les dispositifs nationaux de soutien (dotations, subventions ciblées) restent limités et ne couvrent qu’une part marginale des coûts de fonctionnement et d’équipement.
Au niveau local, la Ville de Marseille a engagé une politique de renforcement des effectifs de police municipale. En 2020, Benoît Payan promettait de doubler les effectifs de police municipale dans l’objectif d’atteindre 800 agents à la fin de son mandat. En juin 2025, on compte en effet 660 agents de police municipale, contre 450 en 2020 (+46,6%). Par ailleurs, depuis 2015, ces agents sont armés.
La mesure vise donc à poursuivre cette dynamique en renforçant la présence visible et continue de la police municipale sur l’espace public et à améliorer la réactivité face aux incivilités et aux atteintes à la tranquillité publique.
L’augmentation des effectifs de la police municipale ne soulève pas d’obstacle juridique majeur, ces leviers relevant des compétences communales, les principales contraintes étant d’ordre budgétaire, opérationnel et de coordination avec l’État.
À Marseille, les effectifs de la police municipale s’élèvent à 660 agents mi-juin 2025 d’après les derniers chiffres publiés. D’ici fin 2026, Benoît Payan souhaite porter ces effectifs à 800 agents. Par souci d’équité avec les autres candidats, nous partirons des derniers chiffres observés, de juin 2025, pour calculer le nombre de recrutements nécessaires pour atteindre 1600 agents d’ici à 2032, soit 940 agents.
Le chiffrage repose sur l’hypothèse d’un recrutement graduel permettant d’augmenter les effectifs de 940 agents à l’horizon 2032. Cette montée en charge est supposée linéaire sur la période, afin de tenir compte (1) des contraintes de recrutement et de formation, (2) des capacités d’encadrement et d’absorption budgétaire de la Ville et (3) des pratiques observées lors de la montée en charge initiale depuis 2021.
Dans une étude publiée en octobre 2025, l’Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales estime à 60 636 € les dépenses de fonctionnement annuelles par agent de police municipale dans les communes de plus de 100 000 habitants. Ce montant inclut déjà les frais de formation et l’achat d’équipements et des dépenses diverses. Nous considérons qu’il inclut également le coût incrémental d’équipement lié au recrutement des policiers municipaux.
Sur cette hypothèse, recruter 940 agents représente donc une dépense annuelle de fonctionnement supplémentaire de 60 636 * 940 = 56,9 M €.
Faute de précisions, l’évaluation a été réalisée en supposant que le recrutement de 940 agents résultait de la création d’un nombre identique d’emplois, sans redéploiement interne à la collectivité.
Trajectoire et coût moyen sur la période
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Année |
Recrutement et fonctionnement |
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Année 1 |
9,5 M€ |
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Année 2 |
19,0 M€ |
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Année 3 |
28,5 M€ |
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Année 4 |
38,0 M€ |
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Année 5 |
47,5 M€ |
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Année 6 |
57,0 M€ |
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Coût moyen annuel (sur 6 ans) |
33,2 M€ |
Le recrutement de 940 policiers municipaux sur le mandat représente donc un coût moyen annuel de 33,2 M€.
La provence, Effectifs de police municipale
Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locales, Les enjeux financiers des polices municipales – Nouveaux éclairages - Octobre 2025