
"Ouvrir le métro 24 heures sur 24 les week-ends, pour se déplacer librement et en toute sécurité."
Source : Programme du candidat
Le maire sortant présente le service 24h/24 du métro pendant le weekend comme "une mesure qui facilitera au quotidien la vie des Lyonnais et des travailleurs, notamment du milieu de la culture ou de la restauration". Si le coût d'exploitation direct est estimé à environ 1 M€ par an, le projet soulève des défis techniques majeurs : la période nocturne est actuellement indispensable à la maintenance et au nettoyage des infrastructures. Une exploitation continue nécessiterait une réorganisation des chantiers et de potentiels surcoûts d'investissement pour garantir la sécurité du réseau. La mise en place de cette mesure représente environ 0,1 % du budget de fonctionnement de la Ville de Lyon.
Contactée, l’équipe du candidat précise que cette mesure relève avant tout de la campagne métropolitaine. La proposition est ici retenue au compte de Grégory Doucet dans la mesure où elle figure explicitement dans son livret programmatique (p. 27) et devient, de fait, un engagement de mandat pris par le candidat. Sa mise en œuvre suppose dès lors un alignement politique entre la Ville et la Métropole. À défaut, la Ville pourrait soutenir financièrement la mesure via un subventionnement. Dans cette hypothèse, le coût ne pèserait plus majoritairement sur le budget métropolitain mais pourrait, au moins partiellement, être supporté par le budget municipal.
Coût
estimé
Institut Montaigne
1 M€
Temporalité
annuel
L’ouverture du métro 24h/24 le week-end vise à répondre à une demande de mobilité nocturne et s’inscrit dans une tendance observée dans certaines grandes métropoles, telles que New York ou Londres depuis 2016 sur certaines lignes. Elle soulève toutefois des enjeux majeurs : la période nocturne est aujourd’hui indispensable à la maintenance des infrastructures (voies, matériel roulant, installations électriques), et une exploitation continue impliquerait une réorganisation profonde des opérations. Par ailleurs, les coûts d’exploitation nocturne sont élevés (personnels, énergie, reports de maintenance), tandis que la fréquentation attendue demeure limitée. Les retours d’expérience internationaux mettent ainsi en évidence des coûts significatifs pour des gains relativement faibles en termes de fréquentation.
La compétence transports appartient à la Métropole de Lyon, seule à même de décider d’une modification des plages horaires de fonctionnement du métro. Il faut donc que le maire de Lyon dispose d’une majorité à la Métropole pour faire adopter cette mesure.
Le vendredi et samedi, la fin de service du métro est à 2h et la reprise à 5h. Ouvrir 24h/24 le weekend reviendrait à rallonger de 3h par nuit de weekend.
Le coût d’exploitation du métro est de 8€/rame-kilomètre. La longueur du réseau est de 35 km, répartis en 4 lignes. La longueur moyenne d’une ligne est donc de 9km. Avec une fréquence d’un métro toutes les dix minutes, 18 métros circuleront par ligne chaque nuit (3h * 60 min/h * 1 métro / 10 min) par sens et donc 36 par ligne chaque nuit.
Il y aura donc 324 rame-kilomètre par ligne et par nuit (9*36), soit 1 296 rame-kilomètre par nuit sur le réseau (324*4), soit un coût d’exploitation de 10 400€ par nuit (1 296 * 8) et 20 800€ par week-end. Avec 52 weekend dans l’année, le coût direct d’exploitation est estimé à 1 M€.
À cela, il faut rajouter des surcoûts de maintenance. En effet, la fenêtre nocturne est utilisée pour de la maintenance préventive, des travaux d’amélioration et modernisation et un nettoyage des stations. Pour maintenir un service nocturne, deux options existent : reporter la maintenance sur d’autres créneaux et/ou investir dans des infrastructures de maintenance. Le coût de telles adaptations n’est pas compris dans ce chiffrage.
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