
"Nous poursuivrons la dynamique du plan 90 hectares engagé en 2020, avec la livraison et la création de nouveaux parcs et jardins : parcs sur une partie de la friche Saint-Sauveur, avenue du Peuple Belge, place du Maréchal Leclerc, place Sébastopol, à Fives-Cail, etc. Nous apaiserons et végétaliserons 70 nouvelles rues, à la fois des artères comme les rues des Postes, Pierre Legrand, de Lannoy, de Douai, d’Arras, d’Artois, Abélard, des Bois-Blancs, du Faubourg de Béthune et du Faubourg de Roubaix, et des rues jardins dans chaque quartier, en concertation avec les riverains. (...) De nouveaux lieux de rencontres autour de l’eau : un miroir d’eau Place de la République, le quai du Wault ouvert à la nage l’été."
Source : Programme d’Arnaud Deslandes
La proposition s’inscrit dans la continuité de la politique de métamorphose paysagère engagée à Lille depuis 2020, notamment à travers le plan "90 hectares", combinant végétalisation de l’espace public, apaisement des circulations et adaptation au réchauffement climatique. Elle repose principalement sur deux leviers opérationnels : la végétalisation et l’apaisement de 70 nouvelles rues, incluant à la fois des artères structurantes et des rues de quartier, et la création d’un miroir d’eau place de la République.
La piétonnisation de la Grand’Place étant d’ores et déjà mise en œuvre, cette composante de la proposition relève d’une mesure réalisée ou en voie de pérennisation et n’implique pas de coûts d’investissement supplémentaires significatifs à chiffrer dans le cadre de cette analyse. En revanche, la végétalisation des rues s’appuie sur des opérations déjà conduites par la Ville et la Métropole, permettant de mobiliser des coûts observés, tandis que la création d’un miroir d’eau constitue un projet ponctuel avec des coûts de fonctionnement pérennes, justifiant un chiffrage spécifique avec bornes basse et haute.
Sur cette base, l’investissement total est estimé à 11,8 M€, dont 4,8 M€ pour le miroir d’eau.
Coût
estimé
Institut Montaigne
11,8 M€
Temporalité
Sur la durée du mandat
La proposition s’inscrit dans le cadre des politiques nationales d’adaptation au changement climatique en milieu urbain, en particulier les stratégies de réduction des îlots de chaleur, de renaturation des espaces publics et de développement de la nature en ville portées par l’État (plans nationaux biodiversité et adaptation climatique). Ces orientations demeurent toutefois principalement incitatives et ne s’accompagnent pas de dispositifs nationaux ciblés spécifiquement sur la végétalisation de la voirie urbaine ou la création d’équipements de rafraîchissement urbain tels que les miroirs d’eau, laissant une large marge de manœuvre financière et opérationnelle aux collectivités locales.
Depuis 2020, la Ville de Lille a engagé une politique active de métamorphose paysagère, notamment à travers le plan "90 hectares", combinant création et requalification d’espaces verts, végétalisation de l’espace public et apaisement des circulations. Plusieurs opérations de transformation de rues et de places ont déjà été conduites ou engagées, constituant un socle opérationnel et budgétaire existant pour la végétalisation de nouvelles rues. En revanche, aucun projet comparable à un miroir d’eau de grande ampleur n’a été réalisé place de la République sur le mandat précédent, ce qui en fait une mesure nouvelle au regard des politiques déjà mises en œuvre.
La mesure est susceptible de contribuer à une amélioration du confort thermique et de la qualité d’usage de l’espace public, en particulier lors des épisodes de fortes chaleurs, tout en renforçant la présence du végétal dans la ville et l’attractivité des espaces concernés. La végétalisation des rues peut également produire des effets positifs en matière de cadre de vie et de mobilités apaisées, tandis que le miroir d’eau constituerait un équipement urbain emblématique à vocation climatique et sociale. L’ampleur réelle de ces effets demeure toutefois conditionnée au niveau d’ambition des aménagements et à leur capacité à être pérennes et correctement entretenus dans le temps.
Aucun obstacle juridique majeur n’est identifié à ce stade. La végétalisation des rues et l’aménagement de la place de la République relèvent des compétences de la commune, en articulation avec la Métropole Européenne de Lille pour les axes structurants. La piétonnisation de la Grand’Place étant déjà réalisée, elle ne soulève plus d’enjeu juridique spécifique. Les principales limites de la proposition sont d’ordre technique et financier, liées au niveau d’ambition des aménagements (requalification légère ou lourde de la voirie, complexité technique d’un équipement hydraulique tel qu’un miroir d’eau), plutôt qu’à des contraintes réglementaires.
Le chiffrage porte exclusivement sur les coûts d’investissement liés à la végétalisation et à l’apaisement de 70 nouvelles rues ainsi qu’à la création d’un miroir d’eau place de la République.
Sont inclus : les études préalables (diagnostics techniques, études de conception et de maîtrise d’œuvre), les travaux d’aménagement de l’espace public (désimperméabilisation ponctuelle, préparation des sols, plantations d’arbres, d’arbustes et de végétation basse), les équipements techniques directement nécessaires (fosses de plantation, substrats, dispositifs de drainage et d’arrosage), ainsi que les travaux de génie civil et d’équipement propres au miroir d’eau (ouvrages hydrauliques, revêtements, dispositifs techniques).
Sont exclus du chiffrage : les coûts de fonctionnement et d’entretien à long terme, les éventuels travaux lourds de réseaux ou de structure non directement liés aux projets, les aménagements non végétaux ou non spécifiques (mobilier urbain, éclairage, signalétique), les effets économiques indirects, ainsi que tout cofinancement externe éventuel (Métropole, État, autres partenaires).
L’estimation ci-dessous porte sur la part communale : elle repose sur l’hypothèse que les montants présentés correspondent à l’engagement financier de la Ville de Lille, hors participation de la Métropole européenne de Lille. Cette estimation s’appuie sur les enveloppes d’investissement inscrites au budget municipal pour les opérations de voirie et de qualité des espaces publics lors des exercices récents, utilisées comme base d’extrapolation pour déterminer un coût moyen par rue appliqué aux 70 rues annoncées.
Le chiffrage est fondé sur un coût moyen par rue, appliqué aux 70 rues annoncées, pour des aménagements légers à intermédiaires (apaisement de la circulation, végétalisation ponctuelle, plantations d’arbres en fosses existantes ou créées, désimperméabilisation limitée), en continuité des opérations déjà conduites à Lille.
Proxy mobilisé (pertinent comme continuité avec le mandat précédent) : enveloppes annuelles d’aménagement de voirie et de "qualité des espaces publics" inscrites au budget de la Ville de Lille, rapportées au nombre d’opérations livrées chaque année, conduisant à un ordre de grandeur de 80 000 à 120 000€ par rue (source : ici).
Le coût total est obtenu par la multiplication du coût unitaire par rue par le nombre de rues (70), soit un coût médian de 7 M€ (entre 5,6 M€ et 8,4 M€). Ce coût d’investissement est celui correspondant à une hypothèse d’aménagements légers à intermédiaires, cohérents avec les opérations déjà conduites par la Ville.
Création d’un miroir d’eau place de la République
Le chiffrage repose sur une comparaison directe avec des équipements analogues, en particulier le miroir d’eau de Bordeaux, souvent mobilisé comme référence nationale.
Le miroir d’eau de Bordeaux représente un investissement d’environ 5,5 M€ pour une surface de l’ordre de 3500 m², soit un coût unitaire proche de 1 700€ / m², incluant le génie civil, l’étanchéité, la fontainerie, les automatismes et les équipements techniques.
À noter que le coût unitaire de Bordeaux constitue une hypothèse basse car un miroir plus petit comme à Vannes (environ 180m²) a coûté plus de 900 000€, soit 5 000€ du m².
Le chiffrage repose sur une comparaison directe avec des équipements analogues, en particulier le miroir d’eau de Bordeaux, souvent mobilisé comme référence nationale.
Le miroir d’eau de Bordeaux représente un investissement d’environ 5,5 M€ pour une surface de l’ordre de 3500 m², soit un coût unitaire proche de 1 700€ / m², incluant le génie civil, l’étanchéité, la fontainerie, les automatismes et les équipements techniques. À noter que le coût unitaire de Bordeaux constitue une hypothèse basse car un miroir plus petit comme à Vannes (environ 180m²) a coûté plus de 900 000€, soit 5 000€ du m².
Les montants présentés intègrent l’ensemble des coûts d’études et de travaux nécessaires à la mise en œuvre des aménagements. Les dépenses de fonctionnement récurrentes (entretien du végétal, exploitation du miroir d’eau, consommations d’eau et d’énergie) ne sont pas intégrées à ce stade. On applique un surcoût forfaitaire de +20 % afin de tenir compte des aléas techniques, des contraintes de chantier en milieu urbain dense et des ajustements de conception fréquemment observés sur des projets d’aménagement d’espaces publics. Pour un miroir d’eau de 2 300 m2, l’estimation est donc de 4,8 M€.
Un choix de végétalisation a minima représente l’équivalent de la construction du groupe scolaire Florian Moulin Pergaud ou de l’ensemble du Plan Lillois pour le Climat (modernisation des installations de chauffage, végétalisation des cours d'écoles). Des choix de végétalisation plus ambitieux représentent l’équivalent de 3 fois le coût de construction de la piscine de Fives-Hellemmes.
Lille métropole, Budget primitif 2025