
“Nous développerons de grands espaces de nature réservés aux loisirs, à la biodiversité, et à l’éducation à l’écologie, et planterons un arbre par naissance à Lille, soit 3000 arbres par an.“
Source : Violette2026
Finaliste pour le titre de Ville verte européenne 2021, la Ville de Lille n’a toutefois pas été retenue lors de la sélection opérée en juin 2019. Cet échec est interprété par la candidate de La République en marche comme le signe d’un engagement insuffisant de la municipalité sortante en matière de transition écologique. Elle inscrit dès lors la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique parmi les axes structurants de sa campagne.
Partant du constat que la Ville de Lille plante environ 2 000 arbres par an (programme municipal 2020), Violette Spillebout propose de porter ce volume à 3 000 arbres par an, soit un effort supplémentaire de 1 000 arbres par an, correspondant à 18 000 arbres sur la durée d’un mandat de six ans.
Remarque : La Ville de Lille s’était fixée pour la période 2020–2026 l’objectif de planter 20 000 arbres supplémentaires sur son territoire. Cette cible est désormais largement dépassée, avec 36 777 arbres plantés d’ici 2025/2026 selon le bilan municipal publié sur le site de la ville.
La candidate évoque également le développement de bioparcs et de forêts urbaines. En l’absence de précisions opérationnelles à ce stade, et sous l’hypothèse d’une continuité avec les engagements formulés en 2020, cette orientation est interprétée comme visant une augmentation de l’ordre de 20 % de la superficie des espaces verts de la commune.
Le chiffrage de la mesure est établi en distinguant deux volets :
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Volet / scénario |
Hypothèse basse |
Hypothèse haute |
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Plantation d’arbres |
Ralentissement du rythme par rapport à la dynamique observée (36 777 arbres en 5 ans) → 0 € de coût additionnel |
Maintien du rythme actuel → 0 € de coût additionnel |
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Développement des bioparcs / forêts urbaines |
+20 % du budget espaces verts (BP 2025 : 11,9 M€) → +2,38 M€/an |
Base +20 % + majoration de 15 % liée à la complexité des chantiers → +2,74 M€/an |
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Total annuel estimé |
2,4 M€ |
2,7 M€ |
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Total sur 6 ans |
14,3 M€ |
16,4 M€ |
Le coût de la mesure représente l’équivalent de deux fois le projet de réhabilitation du Musée d'Histoire Naturelle.
Coût
estimé
Institut Montaigne
15,35 M€
Temporalité
Sur la durée du mandat
Hypothèse basse
14,3 M€
Hypothèse haute
16,4 M€
La mesure s’inscrit dans le prolongement des politiques publiques nationales visant à renforcer la résilience climatique des villes, notamment à travers la lutte contre les îlots de chaleur urbains, la renaturation des espaces publics et le développement de la nature en ville. Ces orientations sont portées par plusieurs cadres stratégiques nationaux (plans biodiversité, stratégies d’adaptation au changement climatique, programmes de végétalisation urbaine), sans toutefois se traduire par des dispositifs opérationnels ou financiers ciblés spécifiquement dédiés à la création de parcs ou de forêts urbaines en milieu dense. En pratique, ces politiques relèvent principalement d’une logique incitative, laissant aux collectivités locales une large autonomie dans la définition, le financement et la mise en œuvre des projets de végétalisation urbaine.
Lors de la mandature 2020-2026, la Ville de Lille a fait de la végétalisation et de la lutte contre les îlots de chaleur urbains un axe prioritaire de son action, comme en témoigne le programme « Plantons 20 000 arbres », dont l’objectif a été atteint puis dépassé. Cette politique s’est traduite par une intensification des plantations d’arbres et par le développement de projets de renaturation dans l’espace public, en particulier au sein des parcs et espaces verts existants. Toutefois, dans les secteurs urbains les plus contraints (forte minéralité, réseaux souterrains, densité bâtie élevée), les interventions ont parfois privilégié des solutions alternatives ou transitoires (végétalisation légère, dispositifs d’ombrage, plantations en bacs), illustrant les limites techniques et opérationnelles à une végétalisation pérenne en pleine terre dans certains espaces emblématiques de la ville.
La plantation des arbres permettrait à la ville de Lille de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et réduire les températures urbaines. L’impact environnemental de la plantation de 18 000 arbres peut être évalué en comptant une absorption de CO2 entre 20 à 50 kg par an selon le type d’arbre. Cette mesure aurait donc un impact la première année estimé entre 60 tonnes et 150 tonnes de CO2 absorbées par an si la municipalité échelonnait la plantation des arbres sur les 6 années du mandat (donc 3 000 arbres par an). A l’issu du mandat, cette absorption oscillerait entre 360 tonnes et 900 tonnes de CO2.
Les émissions de GES de la MEL sont par ailleurs de 14 800 kilotonnes équivalent CO2 par an (source : rapport Livret plan climat de la métropole de 2018).
En milieu urbain, les arbres permettent de réduire le phénomène d’îlots de chaleur, qui tend à s’accroître dans le contexte du changement climatique. Les arbres ont plusieurs effets sur la température : ils offrent un ombrage ; ils réfléchissent et absorbent les rayonnements solaires ; enfin, ils contribuent au rafraîchissement du climat urbain par évapotranspiration (évaporation par les feuilles de l’eau puisée par l’arbre par ses racines). L’arbre urbain contribue également à la purification de l’air, par l’absorption des polluants gazeux par les stomates situés sur ses feuilles (orifices qui permettent les échanges gazeux entre la plante et l’air ambiant). Les effets d’un arbre sur la température urbaine varient sensiblement selon la variété, notamment la densité de l’ombrage (plus élevée pour les platanes et les marronniers notamment).
Selon une étude réalisée dans une ville de République tchèque, les arbres d’un parc d’un hectare ont un pouvoir de rafraîchissement d’au moins 3 000 kW, qui équivaut à 1 000 appareils à air conditionné.
Le chiffrage porte exclusivement sur les coûts d’investissement liés à l’effort supplémentaire de végétalisation. Sont inclus : la fourniture des arbres (jeunes sujets et arbres de taille intermédiaire), les travaux de plantation (création et préparation des fosses, substrats, bordures et finitions), ainsi que les aménagements paysagers directement nécessaires à l’implantation des arbres au sein de parcs urbains existants ou nouvellement créés.
Sont exclus du périmètre du chiffrage : les dépenses de fonctionnement et d’entretien à long terme (arrosage, taille, renouvellement), les besoins supplémentaires en équivalents temps plein (ETP), les éventuels travaux lourds de requalification urbaine (voirie structurante, ouvrages souterrains), les aménagements non végétaux (mobilier urbain, cheminements, éclairage), ainsi que tout cofinancement externe (État, métropole, Europe).
Le chiffrage repose sur plusieurs hypothèses structurantes. Il est supposé que la Ville de Lille maintient une dynamique de plantation supérieure aux objectifs initialement affichés, telle qu’observée sur la période récente, et que l’effort supplémentaire se concentre majoritairement sur les parcs, bioparcs et forêts urbaines, utilisés comme proxy d’une extension de 20 % de la superficie des espaces verts. Les plantations sont supposées réalisées principalement en milieu parcellaire (et non en voirie dense), sans contraintes techniques exceptionnelles, et selon des standards techniques comparables à ceux observés dans d’autres grandes villes françaises.
La méthode de chiffrage repose sur un raisonnement par coûts unitaires, appliqué à des volumes physiques de plantations et à un proxy d’extension des espaces verts. Deux postes distincts sont mobilisés :
Le chiffrage est établi sur l’ensemble du mandat de six ans. Les plantations d’arbres supplémentaires sont comptabilisées comme des dépenses d’investissement annuelles à volume constant, sans hypothèse de montée en charge. L’extension des bioparcs et forêts urbaines est traduite par des dépenses de fonctionnement récurrentes, supposées stables sur la durée du mandat. Les coûts d’entretien détaillés et les besoins en personnel ne sont pas intégrés.
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Volet / scénario |
Hypothèse basse |
Hypothèse haute |
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Plantation d’arbres |
Ralentissement du rythme par rapport à la dynamique observée (36 777 arbres en 5 ans) → 0 € de coût additionnel |
Maintien du rythme actuel → 0 € de coût additionnel |
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Développement des bioparcs / forêts urbaines |
+20 % du budget espaces verts (BP 2025 : 11,9 M€) → +2,38 M€/an |
Base +20 % + majoration de 15 % liée à la complexité des chantiers → +2,74 M€/an |
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Total annuel estimé |
2,4 M€ |
2,7 M€ |
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Total sur 6 ans |
14,3 M€ |
16,4 M€ |
Ville de Lille, Plantons 20 000 arbres : objectif atteint
Ville de Lille, Budget primitif 2025
Ville de Grenoble, Communiqué de presse 2017 : "2 700 arbres plantés en 3 saisons… et 700 supplémentaires d’ici la fin de l’hiver"