
"Gratuité des transports pour les moins de 26 ans et allongement des horaires jusqu’à 3h du matin les week-ends"
Source : Programme de la candidate
Cette proposition cible spécifiquement la jeunesse lilloise en combinant un levier de pouvoir d'achat, avec la gratuité pour les moins de 26 ans et un levier de sécurité nocturne avec service jusqu'à 3h le week-end. Sur le plan de la faisabilité, la mesure nécessite une délibération de la métropole lilloise ou, à défaut, que la commune finance une mesure tarifaire spécifique en versant à l’autorité organisatrice une compensation équivalente au manque à gagner. Au total, la mesure nécessite un financement de fonctionnement annuel de 20 M€ pour compenser la perte de recettes d’Ilévia / Keolis Lille Métropole et couvrir les frais d'exploitation nocturnes.
La mesure de gratuité des transports pour les moins de 26 ans et d’extension des horaires proposée par Violette Spillebout représente 5 % du budget de fonctionnement de la Ville de Lille.
Coût
estimé
Institut Montaigne
20 M€
Temporalité
Par an
Hypothèse basse
8,8 M€
Cette ambition s'inscrit dans la continuité de la gratuité pour les moins de 18 ans instaurée en 2022 à Lille, tout en répondant aux enjeux de sécurité nocturne et de transition écologique.
Au niveau local comme national, le financement des transports urbains fait l’objet de débats récurrents sur la soutenabilité des réseaux et sur le rôle de l’État dans la compensation des pertes tarifaires. Dans un rapport publié le 15 septembre 2025, la Cour des comptes porte un regard critique sur les initiatives de gratuité des transports en commun, considérant notamment qu'elles font porter un risque de surcharge financière pour les collectivités (qui se reporterait sur les contribuables) pouvant compromettre la réalisation des investissements à venir pour les transports collectifs urbains (TCU).
La compétence transports appartient à la Métropole de Lille, non à la mairie de Lille. Juridiquement, la Ville ne peut instituer seule une gratuité sur le réseau lillois : elle doit négocier avec la Métropole. En pratique, une commune peut financer une mesure tarifaire spécifique en versant à l’autorité organisatrice une compensation équivalente au manque à gagner.
Le coût total de la mesure se décompose en deux volets distincts : la perte de recettes tarifaires et le surcoût lié à l'extension de l'offre de service.
Le premier volet concerne la gratuité pour les 19-25 ans, dont le coût est évalué à 14 M€. Ce calcul repose sur les données de la Chambre régionale des comptes indiquant des recettes tarifaires de 85 M€ pour l'année 2022 pour l’opérateur de la métropole lilloise, Ilévia / Keolis Lille Métropole. En 2022, la gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans résidant sur le territoire métropolitain avait été mise en place avec une perte de recettes de 28,7 M€. L’Insee fournit la population par tranche d'âge pour la métropole lilloise. Il est possible d’obtenir la population de 0 à 14 ans, de 15 à 29 ans et de 30 ans et +. On fait l’hypothèse, pour avoir la population de 0 à 18 et de 18 à 26 qu’au sein de ces tranches, le nombre de personnes par âge est identique. On reconstruit ainsi les tranches suivantes : 297 401 personnes de 0 à 18 ans, 127 814 de 19 à 25 ans et 768 826 personnes de 26 ans et plus. On peut donc estimer à 146 073 le nombre de personnes de moins de 26 ans.
La perte de recettes tarifaires avait été de 28,7 M€ pour la mise en place de la gratuité des moins de 18 ans (297 401 personnes). Donc pour les 19 à 26 ans (146 073 personnes) de toute la métropole, elle est de 146 073 / 297 401 * 28,7 M€ = 14 M€.
La population lilloise représente 20 % de la population de la métropole. Dans une fourchette basse, si la mesure ne s’applique qu’aux jeunes lillois, son coût s’élèverait à 2,8 M€.
Le second volet porte sur l’allongement de l’amplitude horaire jusqu’à 3h du matin les vendredis et samedis. Les transports (métro et tram) fonctionnent environ 130 h par semaine (le vendredi jusqu’à 00h30 et le samedi jusqu’à 1h30). Passer à 3 h du matin revient à rajouter 4h par semaine, soit une hausse des coûts d’exploitation de 2 %. Si l'on applique ce ratio aux charges d’exploitation totales d'Ilévia, qui s'élèvent à 320 M€ par an, le surcoût s’établit à environ 6 M€.
Ce chiffrage est un minima dans la mesure où il ne prend pas en compte les éventuels surcoûts liés au report de la maintenance nocturne et suppléments de salaire à verser du fait du travail de nuit.
Chambre régionale des comptes, Contrôle des comptes produits par le concessionnaire, la société anonyme Keolis Lille Métropole
Insee, Dossier complet - EPCI Lille et Dossier complet - Commune de Lille
ILEVIA, Préparer mon voyage