
”Sécuriser des itinéraires piétons végétalisés dans tous les quartiers, créer 7 nouveaux parcs”
Source : Programme du Candidat
La mise en œuvre de cette nouvelle phase de végétalisation à Bordeaux s’inscrit dans la continuité directe du programme "Bordeaux Grandeur Nature", feuille de route de la mandature 2020-2026 portée par le maire sortant. Ce programme a engagé une dynamique de renaturation de l’espace public : plantation massive d’arbres, création et extension de parcs urbains, transformation de grandes places minérales, désimperméabilisation d’espaces publics et développement d’îlots de fraîcheur. Le bilan de la mandature met en avant une augmentation de la place de la nature en ville et une stratégie d’adaptation au changement climatique articulée autour de la lutte contre les îlots de chaleur urbains et de l’amélioration du cadre de vie.
Toutefois, le territoire bordelais présente des contraintes structurelles importantes qui influencent directement les coûts et la faisabilité des nouvelles opérations : forte densité bâtie en centre-ville, emprises foncières limitées, présence de réseaux souterrains structurants (tramway, parkings, concessionnaires), contraintes patrimoniales liées au périmètre UNESCO, et minéralité marquée de certains quartiers. Les opérations menées lors du mandat précédent se sont principalement traduites par des aménagements progressifs et sectoriels, sans transformation complète du maillage végétal à l’échelle de l’ensemble des quartiers.
La proposition marque ainsi un changement d’échelle. Elle vise non seulement à poursuivre la dynamique engagée, mais à systématiser le maillage végétal du territoire communal. Cette ambition implique des investissements significatifs en matière d’aménagement d’espaces publics, de désimperméabilisation, d’éventuelles acquisitions foncières et de gestion hydraulique, ainsi que des coûts récurrents d’entretien. Elle suppose également une coordination étroite avec la métropole, compétente notamment en matière de voirie et d’aménagement, ce qui constitue un déterminant opérationnel et financier majeur.
Le coût de cette mesure, estimé entre 9 et 15 M€, représente environ 5 à 8 % du budget annuel d’investissement de la ville. Il correspond à l’équivalent de 2 programmes complets de grosses rénovations des crèches et écoles, 2 à 3 rénovations de grands équipements culturels de type Musée des arts décoratifs ou encore 3 à 6 opérations de végétalisation d’ampleur comparable au quartier des Aubiers.
Coût
estimé
Institut Montaigne
12 M€
Répartition
Ville / Métropole
Temporalité
Sur la durée du mandat
Hypothèse basse
9 M€
Hypothèse haute
15 M€
Au niveau national, la proposition s’inscrit dans le cadre des politiques publiques de transition écologique et d’adaptation des villes au changement climatique, en particulier celles relatives à la renaturation des espaces urbains, à la désimperméabilisation des sols et à la réduction des îlots de chaleur. Ces orientations sont portées par la Stratégie nationale pour la biodiversité, le Plan national d’adaptation au changement climatique et les programmes de reconquête de la nature en ville. Elles se traduisent par des dispositifs financiers mobilisables par les collectivités, tels que le Fonds vert de l’État, les aides des agences de l’eau pour la gestion intégrée des eaux pluviales ou encore les crédits européens (FEDER). Dans ce cadre, les projets de création de parcs, de végétalisation de voirie et de requalification d’espaces publics arborés à Bordeaux s’inscrivent dans des priorités nationales identifiées et susceptibles de bénéficier de cofinancements.
Depuis 2020, Bordeaux a engagé une politique structurée de renaturation dans le cadre du programme Bordeaux Grandeur Nature, combinant plantations d’arbres, création et extension de parcs urbains (notamment sur les secteurs Brazza et Bastide-Niel), transformation de grandes places minérales et désimperméabilisation d’espaces publics. Plusieurs opérations de végétalisation de rues et de requalification paysagère ont déjà été conduites, constituant un socle opérationnel et budgétaire existant pour la poursuite de la démarche. La proposition s’inscrit donc dans une logique de continuité, mais marque un changement d’échelle par le nombre de nouveaux parcs annoncés (sept), la systématisation d’itinéraires piétons végétalisés dans tous les quartiers. Elle implique ainsi une intensification du rythme et du volume d’investissement par rapport aux opérations engagées lors du mandat précédent.
La mesure est susceptible de contribuer à une amélioration du confort thermique et de la qualité d’usage de l’espace public, en particulier lors des épisodes de fortes chaleurs. La végétalisation des rues peut également produire des effets positifs en matière de cadre de vie et de mobilités apaisées, tandis que le miroir d’eau constituerait un équipement urbain emblématique à vocation climatique et sociale. L’ampleur réelle de ces effets demeure toutefois conditionnée au niveau d’ambition des aménagements et à leur capacité à être pérennes et correctement entretenus dans le temps.
La mesure s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées dans le cadre du programme Bordeaux Grandeur Nature, qui a renforcé la place de la nature en ville depuis 2020 (plantations, création et extension de parcs, transformation de places minérales). Elle prolonge donc une dynamique institutionnelle et administrative déjà opérationnelle, ce qui constitue un facteur favorable de faisabilité.
Sur le plan juridique, la mise en œuvre relève de compétences partagées entre la Ville de Bordeaux (espaces verts, places, aménagements de proximité) et Bordeaux Métropole, compétente notamment en matière de voirie, d’aménagement et de gestion des eaux pluviales. La réalisation des itinéraires piétons végétalisés et la requalification de grandes places supposeront, selon les périmètres, des conventions de maîtrise d’ouvrage et de financement. Le projet apparaît juridiquement réalisable dans le cadre du droit commun de l’aménagement urbain, sous réserve du respect des contraintes du PLU métropolitain et du périmètre patrimonial UNESCO en centre-ville.
La capacité d’autofinancement de Bordeaux et son volume annuel d’investissement (de l’ordre de 150 à 200 M€ par an selon les derniers comptes administratifs) rendent un programme de cette ampleur soutenable uniquement s’il est étalé sur la durée du mandat et partiellement cofinancé. Les cofinancements mobilisables incluent : Bordeaux Métropole (compétente en matière de voirie, mobilités et aménagement), l’Agence de l’eau Adour-Garonne (désimperméabilisation, gestion des eaux pluviales), le Fonds vert de l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine et, le cas échéant, des crédits européens (FEDER). La part effectivement supportée par la commune dépendra du portage en maîtrise d’ouvrage (ville ou Métropole), des clés de répartition financières et du niveau d’éligibilité aux dispositifs environnementaux existants, susceptibles d’introduire des délais d’instruction et des exigences techniques spécifiques.
Le périmètre retenu pour le présent chiffrage porte exclusivement sur la création d’itinéraires piétons végétalisés, approchés par la notion d’îlots de fraîcheur, et sur la création de sept nouveaux parcs urbains. Les estimations reposent sur les chiffrages de référence de l'ADEME disponibles sur la plateforme officielle "Plus fraîche ma ville", cohérents avec les retours d'expérience documentés par le CEREMA (école Jules Steeg à Libourne : 115€/m²) et Paris (programme Cours Oasis : 300-400€/m² en contexte parisien contraint, avec un objectif de réduction des coûts hors Paris). Les hypothèses retenues correspondent à une végétalisation standard en milieu urbain dense, avec désimperméabilisation partielle et gestion alternative des eaux pluviales, sans modification structurelle des ouvrages souterrains. Ne sont pas non plus pris en compte les coûts d’acquisition du foncier pour la création des parcs.
Le chiffrage repose sur une décomposition détaillée par poste technique (désimperméabilisation et génie civil, végétalisation, points d'eau, mobilier, études et aléas), aboutissant à un coût unitaire complet entre 250 et 425€ HT/m² selon l'intensité des contraintes urbaines. Cette fourchette est cohérente avec les référentiels ADEME "Plus fraîche ma ville" pour la solution "Parc et jardin" (100 à 300€ HT/m² pour la végétalisation seule) et avec les retours d'expérience documentés : CEREMA à Libourne (115€/m² pour une cour d'école désimperméabilisée et végétalisée, hors génie civil lourd), Ville de Paris dans le cadre du programme Cours Oasis (300 à 400€/m² en contexte parisien très contraint), et budgets participatifs des grandes villes pour la requalification complète d'espaces publics (300 à 600€/m² incluant tous les postes). L'estimation centrale retenue de 325€/m² intègre l'ensemble des coûts d'investissement pour transformer un espace bitumé en îlot de fraîcheur opérationnel.
Le chiffrage est exprimé en dépenses d'investissement uniques réalisables sur la durée du mandat (6 ans). Les coûts d'entretien récurrents ne sont pas intégrés dans cette estimation : ils sont estimés entre 2 et 4 % de l'investissement initial par an selon la DREAL PACA (soit 20 à 50€/arbre/an pour la taille, le désherbage, l'arrosage et le ramassage des feuilles). Aucune montée en charge progressive des travaux n'est retenue dans le chiffrage, afin de simplifier la lecture, bien qu'en pratique un échelonnement des réalisations soit probable pour des raisons de capacité de maîtrise d'ouvrage et de budgets annuels.
1. Estimation du nombre d’îlots
La proposition du candidat mentionne la création d’« itinéraires piétons végétalisés » dans l’ensemble des quartiers. En l’absence de précisions sur le linéaire exact ou la largeur des aménagements envisagés, le chiffrage repose sur la notion d’îlots de fraîcheur, utilisée comme unité fonctionnelle dans les politiques d’adaptation des villes aux fortes chaleurs. Dans cette approche, les itinéraires végétalisés peuvent être assimilés à des îlots de fraîcheur « étirés », c’est-à-dire à des aménagements linéaires produisant des effets similaires à ceux d’un espace végétalisé ponctuel : ombrage, désimperméabilisation, présence d’arbres et amélioration du confort thermique. Les rues plantées, cheminements arborés ou bandes végétalisées remplissent ainsi la même fonction climatique que les micro-parcs ou places végétalisées, tout en assurant une continuité piétonne dans la ville.
L’estimation repose sur un raisonnement géographique simplifié visant à garantir un accès à un îlot de fraîcheur à moins de 5 minutes à pied (soit un rayon moyen de 350 mètres, correspondant à une zone de couverture d’environ 38 hectares par point). La commune de Bordeaux couvre environ 4 900 hectares. Une couverture homogène nécessiterait donc environ 130 îlots de fraîcheur (4 900 / 38).
Cette estimation brute est ensuite corrigée pour tenir compte :
En retenant une hypothèse prudente selon laquelle environ 50 à 60 zones de couverture sont déjà assurées par les parcs existants et les aménagements récents, le besoin résiduel est estimé à 70 îlots supplémentaires pour atteindre un maillage complet du territoire communal.
Dans ce total, les 7 nouveaux parcs annoncés sont intégrés comme îlots majeurs (rayon de couverture plus large), le solde correspondant à des îlots de fraîcheur de proximité (places végétalisées, micro-parcs, cheminements plantés structurants). Compte tenu des surfaces moyennes observées en milieu urbain dense et en excluant le coût d’acquisition du foncier (pas d’informations dessus dans la proposition), nous faisons l’hypothèse qu’un parc urbain de proximité représente un coût équivalent à environ 15 îlots de fraîcheur en moyenne.
Cela fait un total de 70 îlots + 7 x 15 îlots = 175 îlots
2. Coût par îlot
Le chiffrage repose sur une hypothèse de surface moyenne de 200 m² par îlot de fraîcheur, correspondant à une petite place de quartier arborée et engazonnée. Le coût unitaire complet par îlot (incluant désimperméabilisation, génie civil, végétalisation, point d'eau, mobilier, études et aléas) s'établit entre 50 000€ (scénario bas : 250€/m² × 200 m²) et 85 000€ (scénario haut : 425€/m² × 200 m²), soit 65 000€ en hypothèse médiane (325€/m²).
Cette estimation intègre :
Le besoin total a été estimé à 175 îlots équivalents, incluant 70 îlots de proximité à créer et 7 nouveaux parcs, chacun valorisé comme équivalent à 15 îlots.
Le coût total d’investissement s’établit donc comme suit :
Ville de Bordeaux, Bordeaux grandeur Nature, mars 2026
ADEME, Plus fraîche ma ville - Service numérique public d'aide à la décision pour le rafraîchissement urbain, 2024
ADEME, Rafraîchissement urbain : luttez contre les effets d'îlot de chaleur, décembre 2025
Inspection Générale de la Ville de Paris, "Mission d'étude sur les cours oasis", avril 2023
Cerema, Évaluation de la renaturation de la cour d’école élémentaire Jules Steeg à Libourne (Gironde), août 2025
Cerema, Désimperméabilisation et renaturation des sols : une série de fiches du Cerema, janvier 2023