AccueilExpressions par Montaigne[Ingérences électorales] - Les municipales face aux opérations de déstabilisationLa plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne Vie démocratique Sécurité et défense24/03/2026ImprimerPARTAGER[Ingérences électorales] - Les municipales face aux opérations de déstabilisationAuteur Jonathan Guiffard Expert Associé - Défense et Afrique Depuis 2017, les opérations d'ingérence se sont systématisées lors des campagnes électorales ; les municipales des 15 et 22 mars ne font pas exception. Dans ce premier volet d'une analyse en diptyque, Jonathan Guiffard dresse un état des lieux, avant de proposer, dans un épisode à venir, des pistes pour mieux articuler une réponse efficace et proactiveLorsque la Russie n’est pas occupée à accuser la France des pires turpitudes en Afrique ou en Europe de l’Est, elle profite de la période électorale pour souffler sur les braises de nos fractures politiques et sociales. Après avoir essayé de secouer la scène politique française avec la mobilisation “Bloquons Tout” de l’été/automne 2025, mobilisation qui avait été lancée au printemps 2025 par un groupe de nationaliste français proche des sphères pro-russes mais finalement reprises à leur compte par les organisations politiques et syndicales de gauche, la Russie a pu s’appuyer sur les municipales 2026 pour s’ingérer de nouveau dans les affaires du pays.Les craintes n’ont pas tardé à se matérialiser, même si celles-ci sont restées modérées. La fragmentation de ce scrutin local a offert des opportunités ponctuelles, mais pas dans des proportions suffisantes pour menacer cet exercice citoyen. En effet, depuis le milieu des années 2010, les scrutins démocratiques sont devenus des cibles privilégiées et systématiques des opérations d’influence et d’ingérence étrangères, notamment en ligne. La France et l’Europe sont des cibles privilégiées.Depuis le milieu des années 2010, les scrutins démocratiques sont devenus des cibles privilégiées et systématiques des opérations d’influence et d’ingérence étrangères, notamment en ligne. La France et l’Europe sont des cibles privilégiées.Face à cette menace, la France s'est progressivement organisée. L’écosystème arrive aujourd’hui à maturité, mais l’accroissement des ingérences et des agressions étrangères posent la question de la réponse. La construction d’une coordination nouvelle en la matière, avec un pilotage stratégique plus offensif qui intègre l’ensemble du spectre de ce que l’on (mal-)nomme la “guerre hybride” serait opportune.Ce pilotage ne serait toutefois pertinent qu’au sein d’une politique de puissance proactive renouvelée cherchant à inverser la tendance structurelle de la France à se maintenir dans une posture réactive et défensive. Face au risque d’”étrange défaite” venu de l’Est de l’Europe, un changement de philosophie semble nécessaire.Les municipales traversées par des ingérences étrangèresLors des élections municipales de 2026, des phénomènes de distorsion ou de manipulation de l’information en vue d'influencer les campagnes ont été observés localement.En amont de l’élection, l’agence de lutte contre les manipulations de l’information, VIGINUM, a détecté de premières campagnes émanant d’acteurs malveillants russes qui visaient à décrédibiliser l’élection elle-même avec des contenus fabriqués et sensationnalistes.Dans un deuxième temps, des opérations ont visé des candidats précis.Le candidat Horizon à la mairie de Paris, Pierre-Yves Bournazel, a été visé par une opération d’ingérence cherchant à discréditer son image. Attribuée par VIGINUM, le 6 mars 2026, à un réseau russe connu (Storm 1516), ces opérations se sont inscrites dans le prolongement d’une nouvelle opération d’ingérence numérique étrangère ciblant le président de la République, Emmanuel Macron, début février 2026, menée par le même groupe et instrumentalisant l’affaire Jeffrey Epstein pour essayer de décrédibiliser le chef de l’État.Avant et durant la campagne, deux candidats de La France Insoumise, Sébastien Delogu et François Piquemal, ont été également la cible d’une campagne de désinformation et de dénigrement, les accusant de viols et de violences par un compte dénommé “Blog de Sophie” et relayés par des comptes sur Facebook et X. Les intéressés ont porté plainte pour diffamation. Ces opérations ont eu une dimension physique avec des QR-codes collés sur les affiches du candidat de Marseille renvoyant à des contenus diffamatoires ou des mails anonymes envoyés à des journalistes de la région. VIGINUM a révélé que les comptes utilisés étaient inauthentiques et portaient des marqueurs étrangers, laissant entendre la possibilité d’une manipulation étrangère. Si les auteurs sont, pour l’heure, inconnus, Le Monde indique qu’il pourrait s’agir d’une société étrangère spécialisée dans la manipulation de l’information, ayant visiblement effectué des campagnes au Nigéria, au Gabon ou en faveur d’Elnet, un lobby pro-israélien.Le député Renaissance Éric Bothorel a saisi l’ARCOM pour soupçon d’ingérence étrangère visant la plateforme X (ancien Twitter). Des études ont montré que l’algorithme de la plateforme favorisait fortement les candidats à l’extrême-droite de l’échiquier politique. Ainsi, la candidate à la mairie de Paris, Sarah Knafo, aurait bénéficié d’une visibilité bien supérieure à ses opposants sur cette plateforme, en raison d’une amplification plus importante de ses contenus. Ces risques de manipulation existent aussi sur Wikipédia. Les pages dédiées à des candidats ont parfois été le théâtre de véritables batailles, menées le plus souvent par les équipes des candidats, pour modifier favorablement les pages de leur champion ou défavorablement celles de leurs adversaires. Agissant sous pseudonyme, les auteurs sont difficiles à identifier et des manipulations émanant de l’étranger pourraient aisément se glisser dans cette pratique.Enfin, le maire de Nice, candidat à sa propre succession, Christian Estrosi, a découvert, le 27 février 2026, une tête de porc accrochée à la grille de son immeuble, accompagnée d’une insulte et d’une étoile de David. L’intéressé a accusé la mouvance d’ultra-droite qu’il a associée au milliardaire Pierre-Edouard Stérin, ce qu’a récusé ce dernier. Si l’enquête semble montrer qu’il pourrait s’agir d’une affaire orchestrée par ses propres équipes, pour l’aider ou le salir, nul ne sait à ce stade, il apparaît peu probable qu’il s’agisse d’une ingérence étrangère : le cas est néanmoins révélateur d’une évolution dans la bataille politique et la propagande médiatique car l’affaire ressemble dans ses codes et modes opératoires aux opérations d’ingérence menées par la Russie en France ces dernières années. La confusion chez les électeurs et la classe politique ne peut que s’accroître avec ce type de manipulations, françaises ou étrangères. La fragmentation d’une campagne locale résonne nécessairement moins qu’une élection nationale, mais permet aussi de tester des modes opératoires et de favoriser quelques personnalités tout en décrédibilisant progressivement l’intégrité des scrutins.Si ces campagnes n’ont pas eu une grande visibilité, elles sont porteuses de risque pour l’intégrité des votes et de notre démocratie. Les manipulations ont toujours existé dans les campagnes politiques, mais la dimension numérique rend aujourd’hui plus important le risque d’une influence venant de l’étranger et servant des objectifs d’agression contre notre société. La fragmentation d’une campagne locale résonne nécessairement moins qu’une élection nationale, mais permet aussi de tester des modes opératoires et de favoriser quelques personnalités tout en décrédibilisant progressivement l’intégrité des scrutins. La multiplication de ces opérations jouent alors comme un poison lent.Une pratique devenue habituelle“Depuis les “Macron Leaks” en 2017, toutes les élections en France ont fait l’objet de tentatives de fausser le résultat. Toutes !” révèle une fonctionnaire chargée de la lutte contre les manipulations de l’information à Médiapart.La systématisation de l’ingérence étrangère dans un contexte électoral commence en 2017 avec l’affaire des “Macron Leaks”. Des opérations de désinformation sont alors articulées avec le vol et la publication en ligne de 20 000 emails liés à la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Pour le service de renseignement militaire russe (GRU), auquel ont été formellement attribuées ces attaques, l’objectif était de réitérer l’opération d’ingérence menée en 2016 aux États-Unis menée contre Hillary Clinton pour favoriser l’élection de Donald Trump. Ici, il s’agissait de favoriser l’élection de Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National.Depuis, ces opérations sont devenues une pratique systématique dans la conflictualité entre la France et les adversaires de sa démocratie, comme la Russie, la Chine ou les sphères américaines MAGA, qui cherchent soit à discréditer la démocratie libérale, soit à la paralyser, soit à faire élire des personnalités politiques plus proches de leurs intérêts. Pour cette raison, les opérations d’ingérences étrangères détectées jusqu’à présent cherchent, dans leur écrasante majorité, à favoriser les candidats du Rassemblement National ou de Reconquête. L’évolution de la conflictualité politique en France, notamment autour des enjeux du Moyen-Orient, pourrait élargir le spectre de ces campagnes d’influence en provenance d’Israël ou de pays du Golfe.En 2024, VIGINUM avait détecté 24 opérations d’ingérence numérique étrangères pour les élections européennes et législatives, avec des objectifs variés mais convergents : attaque de Raphaël Glucksmann, soutien à Jordan Bardella, décrédibilisation d’Emmanuel Macron, diffusion de publicités politiques payés depuis l’étranger, production de contenu par intelligence artificielle pour soutenir Marine Le Pen, etc. Autant de tentatives visant à influencer les scrutins. L’objectif de la Russie, à l’origine de la majorité de ces opérations, est de jouer sur les fractures de la société, notamment confessionnelles, pour stimuler un sentiment de confusion, de chaos et in fine de repli vers les partis nationalistes. Ces opérations sont devenues une pratique systématique dans la conflictualité entre la France et les adversaires de sa démocratie, comme la Russie, la Chine ou les sphères américaines MAGA, qui cherchent soit à discréditer la démocratie libérale, soit à la paralyser, soit à faire élire des personnalités politiques plus proches de leurs intérêts.Pour l’instant, les partis du centre ou de la gauche de l’échiquier politique ne font pas l’objet de campagnes d’ingérence numérique étrangère en contexte électoral. Des pratiques de manipulation en ligne ont été documentées, par exemple dans les partis Renaissance ou LFI, mais il s’agit de membres de ces partis cherchant à mener des campagnes coordonnées, parfois inauthentiques, au profit de leurs responsables. Il n’y a pas de lien avec l’étranger. En revanche, certains acteurs étrangers, liés par exemple de Turquie ou du Qatar, font la promotion inauthentique de certains discours de gauche, particulièrement de responsables de LFI, pour influencer les perceptions sur le conflit israélo-palestinien, sur la place de l’islam en France ou sur les fractures post-coloniales. Il ne s’agit pas tant de favoriser l’élection d’une force politique, que d’influencer des représentations politiques qui pourraient faire écho à leurs propres agendas. Le débat politique français autour de la problématique des Frères Musulmans émane en partie de ces manipulations documentées. L’Europe est une forteresse numérique assiégée“Depuis 2014-2015, aucun scrutin européen n’a été épargné par les ingérences” révèle aussi un fonctionnaire spécialisé à Médiapart.À l’image de la France, tous les pays européens sont désormais les cibles de ces ingérences étrangères, numériques et physiques, notamment de la Russie et des réseaux américains MAGA : la fracture espagnole sur la Catalogne était instrumentalisée par Moscou en 2017, tout comme les élections de 2024 ; les élections italiennes de 2022 ; les élections allemandes de 2025 ; etc. Dans ce contexte, les pays situés à l’Est de l’Europe sont particulièrement visés : Moldavie (2025), très ciblée et dont le parti pro-européen est passé de justesse ; Roumanie (2024), dont le candidat d’extrême-droite a perdu après que les premières élections ont été annulées en raison des ingérences ou Bulgarie (2024) ; Pologne (2025), un nouveau géant européen en construction, fortement opposé à la Russie depuis la guerre en Ukraine ; ou encore les pays Baltes qui craignent une instrumentalisation de leurs populations russophones.L’Europe est un bloc qu’il convient de fragmenter et paralyser pour limiter sa capacité de nuire aux intérêts russes, chinois ou “mag-américains”, par son soutien à l’Ukraine, par ses sanctions, par son désengagement du secteur énergétique, par son soutien à Taiwan, par son approche du droit, etc. Autant de politiques contraires aux objectifs de ces adversaires.La France a réussi une première phase d’organisationAnticipant les risques pour les élections municipales, la France s’était organisée, conséquence positive de la maturation d’un écosystème actif depuis 5 ans. En janvier 2026, le gouvernement a mis en place le réseau de coordination et de protection des élections (RCPE) “composé d’administrations et d’autorités indépendantes compétentes en matière électorale : l’Arcom, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le secrétariat général du Gouvernement (SGG), le ministère de l'Intérieur, VIGINUM et le Comité éthique et scientifique chargé de suivre son activité. Ce réseau est coordonné par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Le RCPE est chargé d’évaluer la menace d’ingérences numériques étrangères pendant la période des élections municipales, de proposer le cas échéant la mise en œuvre de mesures de réponse, d’informer le grand public de manière régulière et périodique.” Le RCPE fera un bilan des ingérences lors de ces élections municipales. Dans un effort de pédagogie et de sensibilisation à ces enjeux nouveaux, ce dispositif avait été complété par la diffusion d’un guide de sensibilisation préparé par VIGINUM à destination des partis politiques, des médias et des citoyens en général.Une telle évolution institutionnelle prend acte de la permanence des menaces qui pèsent sur nos élections, en France et en Europe. Pour la décennie à venir, la numérisation de la société, l’évolution des technologies numériques, IA en tête, et la conflictualité accrue devraient accroître ce risque.En octobre 2020, suite aux instrumentalisations étrangères du discours d’hommage à Samuel Paty, [...] le président de la République a pris la décision de renforcer la posture stratégique françaiseLe choc initial est venu après l’assassinat de Samuel Paty. En octobre 2020, suite aux instrumentalisations étrangères du discours d’hommage à ce dernier, prononcé à la Sorbonne par Emmanuel Macron, le président de la République a pris la décision de renforcer la posture stratégique française et de construire un écosystème de lutte contre les manipulations de l’information. Plus de cinq après, cet écosystème est parvenu à développer une véritable maturité pour doter la France d’une capacité d’identification des ingérences numériques étrangères, de sensibilisation et de résilience de la Nation. La 6e fonction stratégique est bien en mouvement.Cet écosystème repose en priorité sur le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE), le Service de vigilance et protection contre les ingérences numériques étrangères (VIGINUM), le Ministère des Armées (MINARM) et les services de renseignement. Le MEAE pilote ce dispositif interministériel car il a la charge de la parole officielle et de la réponse aux ingérences étrangères. Au sein de la direction de la Communication et du protocole, se trouvent un adjoint chargé de l’influence et une sous-direction dédiée (Veille Stratégique), dont la mission avait été longuement détailléee par son responsable de l’époque en juillet 2025. Ces équipes travaillent en coordination étroite avec le cabinet du ministre, notamment la conseillère chargée de mettre le Quai d’Orsay au cœur de la diplomatie d’influence, de la communication stratégique et de la réponse politique. L’actuel ministre est très impliqué pour la structuration de cette politique. Leur mission consiste à détecter des attaques informationnelles contre la France et ses intérêts, grâce à des veilleurs situés en France et en ambassades, à coordonner un langage de réponse officielle pour démonter ces manipulations, à attribuer publiquement les responsabilités lorsque celles-ci sont établies et à produire une communication stratégique et d’influence cohérente et efficace. Dans son rôle de pilote interministériel, le MEAE travaille avec ses partenaires à Matignon et à Balard pour donner aux autorités une vision unifiée et des options de réponse.À Matignon, sous la supervision du SGDSN, se trouve VIGINUM, qui a été créé le 13 juillet 2021 et a réussi sa phase d’émergence et de montée en puissance. Désormais fort d’une soixantaine de personnels en charge de l’identification et de la caractérisation des ingérences numériques étrangères, VIGINUM a développé des compétences analytiques et techniques pour surveiller les différents acteurs de la menace, caractériser les modes opératoires, attribuer les responsabilités des campagnes et sensibiliser les autorités et les citoyens. VIGINUM travaille aussi étroitement avec l’INRIA et d’autres laboratoires, dans le cadre de partenariats académiques.Pour leur part, les Armées ont aussi opéré une mue rapide, par familiarité autour des enjeux de propagande et d’opérations psychologiques et en cohérence avec les avancées doctrinales de l’OTAN : une nouvelle branche, J10 (lutte informationnelle et cyberdéfense), a vu le jour dans les états-majors, excroissance issue de l’ancienne branche J9 (opérations civilo-militaires, influence) ; mais aussi une cellule dédiée à l’EMA, dénommée Anticipation Stratégique et Orientations (ASO), chargée de l’étude de ce phénomène et la coordination avec les différents acteurs de l’écosystème militaire et extérieure, en cohérence avec la doctrine de Lutte Informatique d’Influence (L2I) mise en oeuvre par le Commandement de la Cyberdéfense (ComCyber) et le Centre interarmées des actions sur l’environnement (CIAE). L’espace informationnel est désormais considéré comme un nouvel espace de lutte, spécifiquement lorsqu’il vise les forces armées françaises ou leurs capacités de manœuvre et d’accès à des territoires ou partenaires.Enfin, les services de renseignement, DGSE et DGSI en tête, travaillent aussi sur les ingérences physiques et numériques en renseignant plus spécifiquement sur les acteurs de la menace. La caractérisation des campagnes numériques ne rentre pas dans leurs attributions, mais les renseignements collectés permettent souvent de caractériser plus finement les modes opératoires ou responsabilités des acteurs étrangers. Les services de renseignement russes et leurs prestataires, à l’image du groupe Wagner ou de la Social Design Agency (SDA), sont particulièrement chargés de ces opérations d’ingérence, ce qui implique que l’expertise en retour du renseignement français est précieuse sur le sujet.Si la coordination a pris du temps à arriver à maturité, ce qui est logique dans un système stratégique fonctionnant structurellement en silo, cet écosystème a réussi sa première phase de maturation dans ses missions analytiques, défensives et de sensibilisation.À quel point ces opérations d’ingérences sont-elles efficaces ? Qu’elles soient très visibles ou invisibles, il est difficile d’en évaluer l’impact réelSur le plan scientifique, une question reste entière : à quel point ces opérations d’ingérences sont-elles efficaces ? Qu’elles soient très visibles ou invisibles, il est difficile d’en évaluer l’impact réel ; les menaces sont parfois exagérées et servent à s’exonérer de ses responsabilités. En revanche, sur le plan politique et stratégique, une autre question reste entière : quelle est la capacité de la France à répondre ou à dissuader ses adversaires, voire à mener des actions de rétorsion à ces campagnes d’ingérence ? La dimension offensive dans le domaine de l’influence est particulièrement sensible en démocratie et est encore difficile à structurer.Copyright image : Sébastien BOZON / AFPImprimerPARTAGERcontenus associés à la uneFévrier 2025Pour une administration stratégique de notre sécurité nationaleFace à un ordre international bouleversé, la France peine à s’imposer. Notre étude propose trois scénarios pour redonner des marges d’action à l’État : renforcer le SGDSN, créer un Conseil de sécurité nationale modeste, ou une nouvelle administration intégrée. L'objectif : redonner à la France des marges d’action face aux défis géopolitiques et budgétaires.Consultez la Note d'action 08/07/2025 L’influence comme fonction stratégique, un funambulisme pour démocrates Jonathan Guiffard 11/06/2025 Repenser l’analyse en politique étrangère Jonathan Guiffard