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Télévision : les recettes du succès

Analyses - 13 Mai 2016

La 69e édition du Festival de Cannes s'est ouverte, mercredi 11 mai, dans un contexte particulièrement favorable pour le secteur. Avec 234 films d'initiative française produits en 2015, le cinéma français bat tous les records jamais enregistrés depuis 1952, a annoncé le CNC dans son bilan 2015. Si le cinéma français affiche des résultats record, la télévision française peine à s'aligner sur ces performances, bousculée par la compétition mondiale entre les ?uvres audiovisuelles et la démultiplication des canaux de diffusion. En 2015, si la tendance commence enfin à s'inverser, notamment pour les séries, le bilan demeure mitigé : prise en compte toujours trop tardive des enjeux liés au numérique, faibles performances à l'export, freins réglementaires encore très puissants... Décryptage de ce phénomène à la lumière du rapport de l'Institut Montaigne, "Rallumer la télévision : 10 propositions pour faire rayonner l'audiovisuel français".

Numérique, export, réglementation : les trois défis de la télévision française

Notre télévision souffre aujourd’hui d’un triple mal. Elle peine à s’adapter aux changements d’usages induits par le virage numérique, elle fait preuve d’un conservatisme tant culturel que réglementaire et est trop peu compétitive à l’export. La démultiplication des canaux de diffusion (TNT, vidéo à la demande, plateformes) a bousculé les usages des Français : d’une consommation familiale unique, on est passé à un modèle plus individualisé, plus segmenté. Cette démultiplication a également mis un terme au monopole de diffusion des chaînes de télévision traditionnelles, qui doivent désormais évoluer dans un environnement beaucoup plus concurrentiel. Longtemps épargnées par la concurrence, les chaînes  n’ont pas été incitées à innover, ni à conquérir de nouveaux marchés.

L’audiovisuel français est également trop conservateur : il continue de fonctionner sur des réglementations établies dans les années 1980, qui fixent pour les chaînes des quotas de diffusion, de contribution à la production et des quotas de production indépendante. Ce fonctionnement par quota a favorisé la concurrence et la défiance mutuelle entre les producteurs et les diffuseurs. Elle a également généré un contexte peu propice à l’innovation et à la recherche de financements alternatifs, les producteurs étant assurés de bénéficier du soutien des chaînes. Conservateur, notre audiovisuel l’est également culturellement : en maintenant le documentaire en haut de la hiérarchie des genres, et en focalisant sur lui tous les efforts à l’export, les producteurs se privent de la manne que représentent les programmes de flux (émissions de plateau, divertissement).
Enfin, l’audiovisuel français est trop peu compétitif à l’export. Si la production de séries françaises décolle depuis 2013, avec des chiffres très encourageants pour l’année 2014 : progression de près de 50% pour les ventes de fiction à l’international selon le dernier bilan du CNC, l’export demeure trop faible. Peu ouverte en raison de freins réglementaires, la France ne dispose pas des outils nécessaires à l’émergence d’un vrai « champion » audiovisuel présent à l’international. Raréfaction des recettes, faiblesse de la promotion institutionnelle des œuvres françaises à l’export et manque d’organisation entre producteurs et diffuseurs sont autant de raisons qui expliquent ce phénomène.

Pour une télévision plus forte, plus innovante et plus compétitive

Il est aujourd’hui nécessaire de lever les freins règlementaires et culturels à l’innovation et à la compétitivité de l’audiovisuel français. En améliorant la créativité du secteur tout d’abord, en réorientant les aides au secteur vers trois fonds stratégiques consacrés au numérique, à l’international et là a promotion des nouveaux talents ; par l’investissement dans la formation des auteurs français, afin qu’ils exportent leurs talents ; et par l’élargissement des bénéficiaires des aides du CNC à tous les genres audiovisuels y compris les programmes de flux et les programmes courts, dont les sketchs.

En faisant rayonner l’excellence culturelle française ensuite, en renforçant l’attractivité de la France à l’international, par le rapprochement de TV France International et d’Unifrance en une seule structure, qui se verrait confier le rôle de promotion des œuvres françaises.
Enfin, en créant des champions nationaux de l’audiovisuel, en réduisant la fracture entre producteurs et diffuseurs et en faisant jouer au service public un rôle de consolidation du secteur. Autant de propositions et bien d’autres à retrouver dans notre rapport "Rallumer la télévision : 10 propositions pour faire rayonner l’audiovisuel français".

 

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