AccueilExpressions par Montaigne[Paroles de candidats] - Retailleau, le candidat qui voulait remettre le pays à l’endroit et l’État...La plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne qui donne aussi la parole à des contributeurs externes. Vie démocratique02/07/2026ImprimerPARTAGER[Paroles de candidats] - Retailleau, le candidat qui voulait remettre le pays à l’endroit et l’État de droitAuteur Bruno Cautrès Expert Associé - Sociologie politique et Institutions Découvreznotre série [Paroles de candidats] - Logométrie des discours de campagneDans son premier discours de campagne, Bruno Retailleau jouait gros : pour le candidat LR, il s'agissait à la fois de fendre l'armure et d'impulser une nouvelle dynamique dans les sondages, alors qu'il est un peu en deçà de 10 % des intentions de vote. L'ancien ministre de l'Intérieur s'est efforcé d'élargir ses sujets au-delà de la sécurité ou de l’immigration pour souligner sa volonté d'agir. Dans le 4e épisode de sa série d’analyses logométriques, Bruno Cautrès distingue certains thèmes principaux : les références au “droit" et à la "Constitution", qui révèlent le projet de restauration institutionnelle, les valeurs sociales et le lien collectif, l’économie, la production et le modèle social et enfin le numérique et l’intelligence artificielle.Désigné le 19 avril dernier candidat à l'élection présidentielle de 2027 par les adhérents du parti Les Républicains avec 73,8 % des voix, Bruno Retailleau, président du parti (où il avait été triomphalement élu en mai 2025 avec 74,3 % des voix contre Laurent Wauquiez), jouait gros avec son premier discours de campagne. Organisé le 20 juin dans l’après-midi, en pleine canicule, au Parc floral de Paris (bois de Vincennes), ce rassemblement suscitait chez les cadres et les militants des LR autant d’attentes que d’interrogations : la salle serait-elle pleine, alors que le thermomètre dépassait les 30°, l’état-major du parti serait-il au complet pour venir écouter et soutenir leur président, quelles personnalités manqueraient à l’appel ? Ces questions ont vite un début de réponse : au premier rang, l’état-major le plus proche de Bruno Retailleau, sa “garde rapprochée”, était bien là, notamment François-Xavier Bellamy (vice-président des Républicains), Othman Nasrou (secrétaire général) et Agnès Evren (sénatrice de Paris, porte-parole des Républicains, conseillère de Paris et présidente de la fédération LR de Paris). Michel Barnier, l’ancien Premier ministre et actuel président du Conseil national du parti, Valérie Pécresse, présidente LR de la région Île-de-France et ex-candidate à la présidentielle de 2022, Gérard Larcher (président du Sénat) et François Baroin (Maire de Troyes) complétaient ce plateau de personnalités, très applaudies par les militants. Mais il manquait néanmoins quelques “poids lourds” des LR : pas de Laurent Wauquiez, pas de Xavier Bertrand et pas de Jean-François Copé. Le discours de Bruno Retailleau avait été précédé de prises de paroles d’élus locaux LR, non pas depuis la tribune mais depuis la salle, un message de Bruno Retailleau envoyé au parti comme à ses concurrents pour mettre en scène le soutien de la base du parti à son candidat et son ancrage dans le concret, dans la politique locale. À l’issue de ces prises de paroles, exprimant un fort soutien à Bruno Retailleau, le candidat se fraya un chemin à travers les militants, serrant les mains, embrassant et donnant l’accolade à ses partisans, semblant goûter avec joie à l’exercice. La scénarisation de cette entrée sur scène avait visiblement été conçue pour envoyer des images de ferveur militante et d’enthousiasme, d’autant que le parti avait mobilisé de jeunes militants acclamant et scandant les noms de chaque personnalité présente et citée par Bruno Retailleau au début de son discours.Si le président du parti et candidat jouait gros en termes de capacité à produire de “belles” images pour les chaînes d’info, montrant l’enthousiasme des militants et le soutien des principaux cadres du parti, le véritable enjeu n’était pas là : il ne faisait guère de doute que la “machine LR” savait toujours organiser comme il se doit un rassemblement de campagne. Il jouait en fait beaucoup plus gros à deux titres : d’une part, si Bruno Retailleau dispose depuis de nombreux mois d’un socle assez stable d’intentions de votes, celui-ci ne bouge pas beaucoup autour de sa valeur moyenne de l’ordre de 8 % ; d’autre part, et cela n’est pas sans lien, son premier discours allait-il permettre à Bruno Retailleau, bien identifié dans l’opinion pour ses positions strictes en matière de sécurité intérieure et assez conservatrices sur les sujets de société, de “fendre l’armure” en montrant d’autres visages de sa candidature ?On le voit, le président des LR avait de nombreux enjeux en ce 20 juin de canicule : allait-il réussir à faire également “monter la température” de la salle et du vivier d’électeurs que sa campagne cible, celui de la droite et d’une partie de la droite de la droite ? le président des LR avait de nombreux enjeux en ce 20 juin de canicule : allait-il réussir à faire également “monter la température” de la salle et du vivier d’électeurs que sa campagne cible, celui de la droite et d’une partie de la droite de la droite ?Pour réaliser cet objectif, capital dans le lancement d’une campagne présidentielle, le candidat des LR avait fait le choix d’un discours (sans aucun doute préparé) déclamé sans notes et sans texte posé devant le pupitre. Long de près d’une heure, le discours de Bruno Retailleau tient en près de 8000 mots, dont un peu moins d’un quart sont des “formes uniques”, des mots différents les uns des autres. En moyenne, le candidat des LR a prononcé en moyenne 18 mots par phrase. Si l’on retire du corpus les “mots vides”, ce sont 2595 mots qui composent le discours dont 52 % sont des “formes uniques”. L’indice de “lisibilité” prend la valeur de 10.5. On peut tout d’abord commencer l’analyse textuelle par une représentation visuelle simple du discours, à l’aide d’un simple nuage de mots. Le nuage de mots n’est qu’une représentation visuellement intéressante des fréquences des mots, sans plus. Avant de réaliser le nuage de mots, le texte du discours a été prétraité selon les usages habituels de l’analyse des données textuelles : mise en minuscule de tous les mots, élimination de tous les “mots vides”, “tokenisation” et “lemmatisation”. C’est finalement une liste de 311 mots lemmatisés que le nuage de mots représente (figure 1). Avant d’interpréter ce nuage de mots, il faut rappeler quelques précautions méthodologiques. Un nuage de mots ne constitue pas, à lui seul, une analyse lexicométrique, il permet seulement de visualiser les mots selon leur fréquence : la taille des mots est proportionnelle à leur fréquence d’apparition dans le corpus. En revanche, la position des mots dans le nuage doit être interprétée avec prudence même si cette interprétation est extrêmement tentante. La proximité visuelle entre deux mots ne signifie pas nécessairement qu’ils sont associés dans le discours ou qu’ils apparaissent dans les mêmes segments de celui-ci. De même, la place d’un mot dans un quadrant dépend pour partie des contraintes graphiques de l’algorithme de placement des mots. Le nuage doit donc être lu comme une première visualisation exploratoire, visuellement parlante mais sans plus.Figure 1 : Le nuage des 311 mots (lemmatisés) du discours de Bruno Retailleau le 20 juin 2026 Le nuage de mots confirme néanmoins l’impression que laisse l’écoute du discours : Bruno Retailleau construit celui-ci autour d’un nombre relativement restreint de thèmes et de mots fortement structurants. Il ne s’agit assurément pas d’un discours visant à élargir la cible électorale visée, en diversifiant les thèmes habituels du président des LR. C’est au contraire un discours de combat et de mobilisation du cœur de l’électorat visé, celui de la droite et de la droite de la droite. Les fréquences les plus importantes (les mots les plus gros dans le nuage de mots) montrent une forte concentration lexicale autour de quelques termes dominants. Le mot le plus fréquent est “France” avec 78 occurrences, soit près de 5 % des occurrences retenues après prétraitement. Il est suivi par “Français” avec 65 occurrences, près de 4 % des occurrences, puis par le verbe “vouloir” avec 60 occurrences (également près de 4 % des occurrences). À eux seuls, ces trois mots représentent donc près de 13 % des occurrences, c’est beaucoup, même si l’on sait que les mots “France” et “Français” sont par nature très présent dans un discours de campagne présidentielle. C’est la fréquence très élevée du verbe “vouloir” qui est plus particulièrement importante, le candidat cherchant à affirmer la force de sa volonté d’action. L’expression “ce que je veux” ou “que je veux” apparaît à plusieurs reprises lorsque le président des Républicains entend souligner la force de ses convictions ou sa volonté d’agir.C’est la fréquence très élevée du verbe “vouloir” qui est plus particulièrement importante, le candidat cherchant à affirmer la force de sa volonté d’action. L’expression “ce que je veux” ou “que je veux” apparaît à plusieurs reprises lorsque le président des Républicains entend souligner la force de ses convictions ou sa volonté d’agir. On retrouve parfaitement le triptyque nation/peuple/volonté d’action dans la formule : “ce que je veux, mes amis, chers compagnons, ce que je veux, c’est l’unité de toute notre nation”.Après " France", "Français" et "vouloir", on trouve parmi les mots les plus fréquents le mot "ami " (40 occurrences), qui renvoie au registre de la camaraderie militante, très présent dans le discours : le chef de parti emprunte très fréquemment, ici, un registre de familiarité et de partage d’un même socle de valeurs avec ceux qui sont venus l’écouter et au-delà l’ensemble des adhérents et sympathisants LR. Par dix fois, le mot "compagnons" accompagne le mot "amis" dans un locution à forte connotation gaulliste : "mes chers amis, mes chers compagnons". Puis ce sont les mots politique (24 citations), " monde " (20), " grand " (18), " enfant " (18), " voir " (17), " nouveau " (15), " société " (15), " marcher " (15), " justice " (14), " droit " (14), " bataille " (14), " peuple " (13), " remettre " (13) et " social " (13). La fréquence relativement élevée du mot "enfant" (18 occurrences) est révélatrice d'un autre registre important du discours, celui de la transmission entre les générations, alors que le pays ne parvient plus " à protéger notre jeunesse ". Le discours du candidat LR comporte plusieurs références directes ou indirectes aux drames et aux crimes contre des enfants de l’actualité récente : meurtre de Lyhanna, violences et violences sexuelles contres des enfants. Ce thème est également présent dans les discours des autres candidats, que nous avons analysés précédemment, mais ici il est englobé dans un discours plus large, mêlant la dénonciation de ceux qui ont voulu transformer l’enseignant en "militant associatif", le nécessaire retour des "maîtres d’école" et des valeurs traditionnelles.Bruno Retailleau ne parle pas seulement des questions régaliennes, comme pour montrer son attachement à d’autres sujets que la sécurité ou l’immigration ; il reste toutefois dans une même tonalité, celui d’une France qui a perdu sa boussole. Bruno Retailleau ne parle pas seulement des questions régaliennes, comme pour montrer son attachement à d’autres sujets que la sécurité ou l’immigration ; il reste toutefois dans une même tonalité, celui d’une France qui a perdu sa boussole.La question de la transmission intergénérationnelle, celle des valeurs notamment, occupe une place importante dans le discours : les références répétées aux "enfants", aux parents, aux enseignants et à "l'école" convoquent une représentation de la France qui aurait sacrifié les liens de la transmission intergénérationnelle des valeurs fondamentales de l’identité française. Une citation mérite d’être reprise in extenso : "Je pense que cette élection présidentielle est la plus importante depuis un demi-siècle. Je pense que cette élection présidentielle, c'est l'élection, oui, c'est l'élection de la dernière chance. Elle vous concerne chacun d'entre vous. Vous avez peut-être des enfants, des petits-enfants. Vous voulez demain les regarder dans les yeux ? Vous avez sans doute des grands-parents, des parents. Au moment où je vous parle, je voudrais que vous convoquiez ces images de vos aïeux dans votre mémoire. Souvenez-vous de ce qu'ils ont fait pour nous, pour vous. Ils nous ont donné une France. Ils ont bâti la France à la sueur de leur front et parfois même au prix de leur sang. Eh bien si vous voulez être digne d'eux, il va falloir vous engager ". Les mots "bataille", "remettre", "marcher" et "nouveau" dessinent un autre univers lexical, celui du redressement. Ce thème est fondamental dans le discours de Bruno Retailleau. Le candidat des LR construit son discours autour d'une métaphore simple, répétée à de nombreuses reprises, presque sous la forme de l’anaphore : "ça ne marche plus" (10 citations) qu’il s’agisse de la justice, de la santé, de l’éducation ou des déficits publics. La France ne fonctionne plus mais elle peut être "remise à l'endroit" si Bruno Retailleau était élu, nous dit-il. Dans l’un des segments les plus importants de son discours, consacré au thème du nécessaire redressement du pays, le président des LR ne peut résister à cibler le chef de l’État et le macronisme : "oui, mes amis chers compagnons, après 10 ans d'En marche, plus rien ne marche". Les mots "bataille" et "gagner" donnent au projet de "remettre la France à l’endroit " une tonalité dramatisante, celle d’un combat existentiel qui sera dur et semé de difficultés mais gagnable à condition "de ne pas se planquer". Le discours mêle ici l’évocation parfois nostalgique de la France d’avant (le thème du retour des maîtres d’écoles) et celles d’une énergique restauration. Enfin, les fréquences relativement élevées des mots "justice" et "droit" rappellent que le discours ne se réduit pas aux questions identitaires. Bruno Retaillleau revient notamment sur un thème qu’il avait déjà abordé dans d’autres occasions, celui de l’État de droit ; là encore une citation mérite d’être reprise in extenso : "on me dit "mais Bruno Retailleau, vous allez mettre en cause l'état de droit." Certainement pas. Moi, je veux l'État de droit qui s'accorde avec la démocratie. Je vous pose une question. Est-ce que, est-ce que l'état du droit, c'est de faire dire aux textes et notamment à la Constitution française ce qu'elle ne dit pas ? Non. Est-ce que l'État de droit c'est confondre les pouvoirs ? Les juges qui deviennent auteurs, qui deviennent législateurs. Non. L'état de droit c'est la séparation des pouvoirs. Est-ce que l'État de droit c'est, comme le disait Jacques Julliard, la démocratie sans le peuple ? Non. L’État de droit trouve sa source – la source de la règle – dans la souveraineté populaire. Mes amis, je vous le promets, cette dépossession démocratique, nous y mettrons fin.” C’est ici toute la thématique, présente chez d’autres personnalités à droite, de l’excès de droit, de normes, de principes de précaution et entre les lignes du "gouvernement des juges" qui conduit à une véritable " dépossession démocratique " selon les mots de Bruno Retailleau. Une part importante de l'intervention est d’ailleurs consacrée aux institutions et aux réformes constitutionnelles. Les références au référendum, à l'article 11 de la Constitution, à l'État de droit ou encore au Conseil constitutionnel montrent que le candidat LR cherche clairement à inscrire son projet dans une réflexion sur les conditions juridiques du redressement politique. Se déclarant même “girondin” et non jacobin, Bruno Retailleau ajoute : “Je ne suis pas jacobin, je suis au contraire girondin et je ferai en sorte que Paris ne décide pas de tout et que au contraire nous ayons cette vision plus moderne de l'ensemble de cette France communale que j'aime tellement”. Cette réflexion institutionnelle d’ensemble prend garde de ne pas froisser les "gardiens du temple" de la Ve République :le candidat LR cherche clairement à inscrire son projet dans une réflexion sur les conditions juridiques du redressement politique. Se déclarant même “girondin” et non jacobin, Bruno Retailleau ajoute : “Je ne suis pas jacobin, je suis au contraire girondin et je ferai en sorte que Paris ne décide pas de tout et que au contraire nous ayons cette vision plus moderne de l'ensemble de cette France communale que j'aime tellement”. Cette réflexion institutionnelle d’ensemble prend garde de ne pas froisser les "gardiens du temple" de la Ve République :Bruno Retailleau cite deux fois le général de Gaulle, le mot "gaullien" est utilisé deux fois à propos de la politique étrangère qu’il voudrait incarner. Il faut d’ailleurs s’arrêter sur les questions de politique étrangère : si le président des LR affiche clairement son soutien à l’intégration européenne de la France, en matière de développement technologique notamment, cela ne peut se faire sans un "changement de pied" pour mieux soutenir les entreprises qui innovent. Le thème d’une France affaiblie au plan européen par ses déficits est bien entendu présent ; la seule issue pour Bruno Retailleau étant le redressement des comptes publics comme moyen de redresser le rôle européen et international de la France : "le général de Gaulle nous a appris à ne pas distinguer. Politique intérieure, politique extérieure, c'est exactement la même chose. Parce que quand vous êtes faible chez vous, quand vous ne tenez plus vos comptes, vous ne tenez plus la rue. Quand tout vous échappe, comment voulez-vous que votre voix puisse peser en Europe, qu'elle puisse peser dans le monde ?". Cinq univers lexicauxL’analyse des fréquences, visuellement représentée par le nuage de mots, a permis de repérer les principaux marqueurs lexicaux du discours de Bruno Retailleau, mais il présente une limite importante : il considère chaque mot isolément, sans tenir compte de la manière dont les mots s'organisent entre eux. Deux mots peuvent être très fréquents sans jamais apparaître dans les mêmes segments du discours, tandis que d'autres, moins fréquents, peuvent au contraire former un ensemble lexical particulièrement cohérent. Il est donc important d’analyser le discours en regroupant les mots qui présentent des profils de distribution similaires. C'est précisément l'objectif de la classification hiérarchique des mots. La classification hiérarchique est une méthode statistique exploratoire qui permet de regrouper les mots en "classes de mots". Deux mots appartiennent à une même classe lorsqu'ils ont tendance à apparaître dans les mêmes parties du texte, même s'ils ne sont pas nécessairement côte à côte. À partir de cette proximité statistique, l'algorithme construit progressivement un arbre de classification (dendrogramme, figure 2) dans lequel les mots les plus proches sont réunis avant d'être agrégés à des ensembles plus larges (selon une classification hiérarchique ascendante fondée sur la distance cosinus et la méthode de Ward). On décide de couper cet arbre de classification lorsque l’on considère que les classes sont suffisamment homogènes en interne et suffisamment différentes les unes des autres. Alors que le nuage de mots indique ce qui est le plus fréquent, la classification hiérarchique identifie ce qui est "structurellement" associé dans le discours. Ici nous avons retenu 5 classes, cinq "univers lexicaux ". Figure 2 : Analyse de classification des 311 mots lemmatisés (" lemmes ") du discours de Bruno Retailleau du 20 Juin 2016 La classe 1 (qui représente 17,8 % des mots lemmatisés) est celle des valeurs sociales, sociétales du candidat, là où s’exprime le discours sur la France qui doit retrouver sa boussole, son lien collectif. Les mots dominants sont ici les suivants : " société ", " communauté ", "besoin", "humain", "solidarité", "vivre", "respect", "femme", “homme", "sentiment". La classe 2 (38,7 % des mots lemmatisés) est la classe centrale de l’analyse, c’est le véritable socle lexical du discours. Les références à la "République", au “droit", à la "Constitution" et à "l'État" révèlent le projet de restauration institutionnelle et démocratique. Les références à la "République", au “droit", à la "Constitution" et à "l'État" révèlent le projet de restauration institutionnelle et démocratique.La classe 3 (8,3 % des mots lemmatisés) est plus réduite mais elle est consacrée à un thème très important et complémentaire du thème de la classe 2 : ici ce sont des mots comme "président", "Sénat ", "gouvernement", "parlement", "député", "conseil", "institution", "collectivité", qui dominent, autrement dit des mots qui se rapportent aux institutions, au fonctionnement de la Ve République, aux réformes institutionnelles pour restaurer la "souveraineté populaire”. La classe 4 (14,9 % des mots lemmatisés) est celle des mots de l’économie, du redressement industriel et de la production : "entreprise", "économie", "travail”, "emploi", "entrepreneur", "compétitivité", "industrie", "innovation", "mérite". C’est également là que s’exprime les conceptions du modèle social du candidat des LR : aider ceux qui ont besoin mais pas ceux qui "s’accrochent au système" ("le chacun pour soi, ça n'est pas la France, parce que la France, elle est solidaire parce que la France doit tendre une main secourable à ceux qui en ont besoin pour peu qu'ils aient fait l'effort, pour peu qu'ils ne s'accrochent pas au système"). Enfin, la classe 5 (12.8 % des mots lemmatisés) renvoie à l’important passage du discours consacré au numérique et à l’intelligence artificielle ; ici les mots " avenir", "intelligence", "technologie", "numérique", "souveraineté", "transition", "écologie", "climat", "énergie" dominent. Bruno Retailleau renoue, à travers le thème de l’intelligence artificielle avec son discours sur les valeurs : la technique ne doit se faire au détriment des humains et de l’humanité et ne doit pas conduire à l’abandon de la souveraineté. "Remettre le pays à l’endroit " : l’épine dorsale de la campagne qui s’ouvre pour le candidat LRL’objectif de Bruno Retailleau, dans ce discours du 20 juin, était certainement davantage d’affirmer auprès de son camp un ensemble de valeurs fondamentales. Le discours ne présente pas vraiment, pour le moment, un élargissement à d’autres thèmes que ceux habituellement défendus par Bruno Retailleau, mais il solidifie fortement cet ensemble. Les axes de campagne du candidat des LR seront fortement balisés par l’épine dorsale du discours du 20 juin : pour le président des LR "plus rien ne marche" après dix ans de macronisme, il faut "remettre le pays à l’endroit" et défendre un socle de valeurs fortes dans un monde empli de nouvelles menaces, notamment technologiques. Bruno Retailleau a finalement voulu apporter la preuve de sa détermination et de son engagement total dans cette campagne : " Croyez-moi, j'irai jusqu'au bout. J'irai jusqu'au bout et je vais mettre mes tripes, mon cœur sur la table ", nous a-t-il dit. Les semaines qui arrivent nous diront si cet engagement total a été entendu par les électeurs de la droite, voire de la droite de la droite. copyright Guillaume BAPTISTE / AFPLe candidat LR au Parc Floral de Vincennes, le 20 juin 2026. ImprimerPARTAGERcontenus associés 09/06/2026 [Paroles de candidats] - Attal : celui qui était "en même temps" héritier e... Bruno Cautrès 17/06/2026 [Paroles de candidats] - Mélenchon, celui qui était révolutionnaire mais se... Bruno Cautrès