AccueilExpressions par Montaigne[Paroles de candidats] - Glucksmann, celui qui avait envie d’être un président de gauche pro-européen...La plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne qui donne aussi la parole à des contributeurs externes. Cohésion sociale25/06/2026ImprimerPARTAGER[Paroles de candidats] - Glucksmann, celui qui avait envie d’être un président de gauche pro-européen mais patrioteAuteur Bruno Cautrès Expert Associé - Sociologie politique et Institutions Découvreznotre série [Paroles de candidats] - Logométrie des discours de campagneRaphaël Glucksmann a officiellement lancé sa candidature pour l'élection présidentielle à Aubervilliers le 13 juin. Le leader de Place Publique a prononcé un discours dense, qui se lit comme une dramaturgie en trois actes : la géopolitique, le patriotisme et enfin le rappel d'une filiation à gauche : quels sont les ressorts d'une rhétorique destinée à convaincre son camp mais, au-delà, le centre, tout en donnant tort à ceux qui ne voient en lui qu'un ersatz de macronisme ?C’était un discours à très forts enjeux pour Raphël Gluksmann le 13 juin aux Docks d’Aubervilliers. Alors que les enquêtes d’intentions de vote pour la présidentielle, dont on sait avec quelle prudence il faut les interpréter si loin de l’élection, le situent dans une fourchette comprise entre 11 et 14 % (selon les configurations), le presque candidat jouait gros : ce discours lui permettrait-il de lever le doute de ceux qui ne voient en lui qu’une candidature destinée à s’affaiblir ? Allait-il "fendre l’armure" et révéler au public que s’il n’est pas un "politicien professionnel" comme les autres, issu de la société civile et principalement engagé au plan européen, cette campagne présidentielle le transcende ? Et surtout, ce discours allait-il convaincre, voire séduire, les rangs socialistes : s’il est un point capital de la pré-campagne de Raphaël Glucksmann, c’est bien de faire progressivement basculer le PS vers un soutien qu’il soit motivé par le "cœur" ou par la raison…Le PS va-t-il tenter de sauver l’hypothèse d’une primaire de la gauche pour essayer de la gagner ? ; va-t-il laisser cette hypothèse tomber d’elle-même pour garantir une candidature PS à la présidentielle, mais laquelle ?Car le sort que la pré-campagne réservera à Raphaël Glucksmann ne dépend pas que de lui. Il dépend aussi du choix stratégique que fera le Parti socialiste, l’allié naturel de Place publique. Et cela est réciproque. Le choix du Parti socialiste, divisé et tiraillé entre diverses options, aura en effet d’importants effets pour Raphaël Glucksmann : le PS va-t-il tenter de sauver l’hypothèse d’une primaire de la gauche pour essayer de la gagner ? ; va-t-il laisser cette hypothèse tomber d’elle-même pour garantir une candidature PS à la présidentielle, mais laquelle ? ou bien s’en remettre au candidat de centre-gauche le mieux placé dans les sondages, pour le moment Raphaël Glucksmann ? se rangera-t-il derrière l’ambition intacte de l’ancien Président, François Hollande ?Si certains doutaient un peu de la capacité de Place publique et de son candidat à faire salle pleine, le rassemblement du 13 a réussi l’objectif de lever ce doute : s’il est toujours délicat de s’en remettre aux chiffres de participation militante donnés par les organisateurs d’un rassemblement politique, les images montraient que la salle était bien garnie. Des personnalités importantes du centre gauche étaient là, parmi lesquelles Yannick Jadot, en désaccord avec la ligne de Marine Tondelier, ou encore Carole Delga, la présidente PS du Conseil régional d’Occitanie et par ailleurs présidente de l’importante association des Régions de France. C’est dire tout le poids symbolique que revêtait pour Raphaël Glucksmann ce premier rassemblement, une semaine après la "démonstration de force" réussie par Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise à Saint-Denis.Précédé de prises de paroles d’élus de Place Publique (Aurore Lalucq) ou de membres du parti issus de la société civile (Laurence Tubiana, le journaliste spécialiste de la guerre en Ukraine Cyrille Amoursky, la militante rwandaise Annick Kayitesi-Josan et le directeur de recherche du CNRS Raphaël Rodriguez), Raphaël Glucksmann a parlé sans notes et sans texte écrit pendant près de 57 minutes. Le long discours génère un corpus de plus de 6000 mots (6202), dont 1737 sans des formes verbales uniques (28 %). Nous avons calculé, comme nous l’avions fait pour les discours de Gabriel Attal et de Jean-Luc Mélenchon, l’indice de "lisibilité" du discours (indice de Coleman et Liau) qui prend la valeur de 13,48, supérieure à celle constatée pour les deux autres discours. Rappelons tout d’abord la prudence qu’il convient d’avoir dans l’interprétation des indices de "lisibilité". Mais en mesurant avec le même indice les discours de plusieurs candidats, on gagne nettement en intérêt pour ce type de calculs : la comparaison suggère un discours formellement plus exigeant, caractérisé par un vocabulaire plus abstrait, une densité argumentative plus forte et des phrases généralement plus développées chez Raphaël Glucksmann.Pour aller plus avant dans l’analyse quantitative du discours, commençons par son nuage de mots. Le nuage de mots porte sur 330 mots qui ont été "prétraités" (notamment "lemmatisés", c’est-à-dire restitués à leur forme canonique, telle qu’on la trouve dans le dictionnaire) comme il est d’usage en analyse des données textuelles. Avant de le commenter, il faut rappeler quelques précautions méthodologiques : dans un nuage de mots, la position exacte des mots résulte en partie de l’algorithme de placement ; la proximité spatiale n'a pas de signification statistique même si lorsque des ensembles lexicaux cohérents se dessinent, ils offrent une lecture illustrative, heuristique même, intéressante.DescriptionNuage de mots : cartographie lexicale du discours glucksmanisteLe cœur du nuage est structuré autour des mots "français", "France" (une donnée classique et guère surprenante pour un discours de campagne présidentielle), "république", "européen", "politique", "gauche", "social" et "histoire", une concentration de mots révélatrice : le discours de Raphaël Glucksmann - et il partage ce point avec Jean-Luc Mélenchon - ne développe pas un programme précis (nous n’en sommes qu’au tout début de la pré-campagne) mais bien plutôt une construction idéologique, une vaste représentation mentale qui articule les références à la France et à la République avec l’engagement européen. Ce "patriotisme républicain" adossé à l’engagement européen de Raphaël Glucksmann est l’une des dominantes du discours. La présence simultanée des mots "gauche", "social", "histoire" illustre une seconde dimension, très présente dans le discours : la revendication d’une identité de gauche par Raphaël Glucksmann qui se présente comme ancré dans une longue tradition politique. L’enjeu est de taille pour le candidat de Place publique car il s’agit d’un point capital à sa stratégie : balayer la critique venant de sa gauche, selon laquelle il serait plus du "centre gauche", voire du "centre", que de la gauche".L’enjeu est de taille pour le candidat de Place publique car il s’agit d’un point capital à sa stratégie : balayer la critique venant de sa gauche, selon laquelle il serait plus du "centre gauche", voire du "centre", que de la gauche".La partie supérieure gauche rassemble de mots comme "parler", "public", "pays", "Poutine", "progrès", "Ukraine", "souveraineté" et "travailleur".Ces mots renvoient, nous le verrons plus en détail, au premier temps du discours consacré aux crises internationales et à la "souveraineté européenne". La guerre en Ukraine, la Russie, mais aussi les questions de production et d'indépendance stratégique y occupent une place importante. La présence du mot "travailleur" illustre que Raphaël Glucksmann veut faire le lien entre ces menaces externes et leurs effets sur notre souveraineté industrielle et économique.Le quart supérieur droit est dominé par les fréquences des mots "dirigeant", "national", "État", "Bardella", "TikTok", "Musk", "technologique", "chinois" et "violence". Nous sommes là dans l’un des grands ressorts de ce discours. Raphaël Glucksmann désigne à de nombreuses reprises les figures qui incarnent à ses yeux notre soumission technique, économique, idéologique à des puissances étrangères et internationales : les nouveaux visages des pouvoirs autoritaires, les plateformes numériques, l'influence chinoise, mais aussi Jordan Bardella, Marine Le Pen et le RN comme adversaire politique intérieur et finalement complices de cette soumission devant laquelle le macronisme semble avoir abdiqué à ses yeux. Il parle d’ailleurs des "laisses qui nous enserrent", une métaphore de notre dépendance et de notre soumission à de nouvelles puissances qui nous ont désarmés et que nous ne parvenons pas à tenir en respect.La partie inférieure gauche rassemble des mots comme "liberté", "démocratie", "confiance", "voir", "prendre", "vouloir", "protéger", "écouter" et "française". Les verbes d'action (voir, prendre, vouloir, écouter) côtoient des valeurs politiques qu’il faut défendre et restaurer ("liberté", "démocratie", "confiance"). Cette zone traduit la dimension mobilisatrice du discours : il ne s'agit plus seulement de décrire le monde mais d'appeler les citoyens à agir collectivement.Enfin, le quart inférieur droit est organisé autour des mots "production", "industrie", "école", "socialiste", "promesse", "laisser", "merci", "Chine" et "guerre". Ce champ lexical correspond plus que les autres parties du nuage de mots à des propositions programmatiques plus concrètes en termes de réindustrialisation, de défense de l’école, de protection sociale, de politique industrielle. La présence des mots "Chine", "industrie" et "production" montre que, pour Raphaël Glucksmann, la politique économique et le programme qu’il défendra ne peuvent être détachés de la question des rapports de forces internationaux.Pris dans son ensemble, le nuage de mots révèle une structure lexicale particulièrement cohérente. Le centre est occupé par les marqueurs identitaires (France, République, Europe, gauche), tandis que les quatre "coins" développent quatre dimensions complémentaires : la géopolitique, la désignation des adversaires, l'appel aux valeurs démocratiques et le projet économique. Le discours est très largement bâti sur une stratégie rhétorique assez efficace : faire mentir le stéréotype d’un candidat qui ne pense qu’à l’Europe et à l’international en accumulant les références à l’idée de "nation", au "patriotisme" (référence d’ailleurs fortement présente dans le livre que Raphaël Glucksmann vient de publier, Nous avons encore envie. Pour un sursaut patriotique.) et à la " fierté " d’être français pour continuer à défendre notre idéal démocratique dans un monde menaçant.Bien entendu, on retrouve très largement cette forte structuration dans les fréquences des mots : si l’on ne retient que les mots employés au moins dix fois, on retrouve les mots "histoire" (21 fois), "république" (20), "européen" (17), "gauche" (17), "politique" (15), "pays" (15), "social" (14), "liberté" (13), "parler" (13), "vouloir" (13), "voter" (11), "fier" (11), "nation" (10).On a parfois l’impression, notamment dans le premier tiers du discours de lire ou relire Giuliano da Empoli : c’est presque l’univers du "mage du Kremlin", de "L’heure des prédateurs" ou des "Ingénieurs du chaos" contre lesquels Raphaël Glucksmann nous lance un vibrant appel au "sursaut patriotique".Cette première analyse, malgré toutes les limites inhérentes à la visualisation d’un texte par son nuage de mots, nous livre plusieurs ressorts fondamentaux non seulement de ce discours mais plus largement du "glucksmanisme". On a parfois l’impression, notamment dans le premier tiers du discours de lire ou relire Giuliano da Empoli : c’est presque l’univers du "mage du Kremlin", de "L’heure des prédateurs" ou des "Ingénieurs du chaos" contre lesquels Raphaël Glucksmann nous lance un vibrant appel au "sursaut patriotique" avant qu’il ne soit trop tard. Mais on peut aller plus loin dans l’analyse, notamment en tenant compte de la dynamique séquentielle du discours qui livre le "secret" de ce discours, l’alliage de cette alerte pour sauver la démocratie et les droits de l’homme avec des convictions revendiquées de gauche.Pour aller plus loin dans l'analyse du discours, on peut s'intéresser aux "tendances lexicales" et visualiser l'évolution des principaux termes tout au long du discours. Nous avons sélectionné sept mots d'importance inégale en termes de fréquence mais qui structurent et balisent une large partie du discours : "république", "gauche", "Poutine", "guerre", "souveraineté", "liberté", "Europe".Plusieurs outils permettent de visualiser les tendances d'utilisation des mots. Nous avons retenu ici la technique des "bubblelines", (technique qui ne se contente pas de mesurer la fréquence globale des termes sélectionnés sur l’ensemble du discours, mais restitue leur distribution le long de l’axe syntagmatique du texte : la taille de chaque bulle indique le degré de concentration d’un terme dans un segment textuel restreint, et non son poids statistique d’ensemble) qui offre une représentation particulièrement parlante de la distribution des termes au fil du texte. Contrairement au nuage de mots, qui renseigne uniquement sur la fréquence globale des termes dans l'ensemble du discours, cette technique de visualisation permet d'observer leur répartition "séquentielle" (au fil du discours) et d'identifier les moments où certains thèmes apparaissent, culminent ou disparaissent. C’est donc une lecture dynamique des fréquences de mots que cette technique de visualisation permet d’obtenir.Le graphique 2 présente, pour chacun des sept mots retenus (classés de haut en bas selon leur fréquence décroissante), une série de bulles de couleurs et de tailles différentes. Ainsi, les bulles de la première ligne sont vertes et correspondent au mot "république", celles de la seconde ligne correspondent au mot "gauche" et sont rouges, et ainsi de suite. La taille des bulles indique la "fréquence locale" du terme dans un segment du discours : plus la bulle est large, plus le mot est présent dans le segment de texte considéré. Pour chaque mot, le discours est représenté par une axe horizontal correspondant à sa progression : le discours est découpé en segments de taille égale, ici au nombre de dix. On peut faire varier la "granularité" de l'analyse, c'est-à-dire le degré de finesse avec lequel le texte est découpé. Plus la granularité est élevée, plus les segments observés sont réduits et donc plus les variations locales de fréquence deviennent visibles. C’est le choix que nous avons fait en fixant la "granularité" à sa valeur maximale, ce qui permet d’observer finement la dynamique d’emploi des mots. DescriptionDistribution séquentielle des principaux termes dans le discours (visualisation en bubblelines)Ces différents choix méthodologiques illustrent de manière particulièrement puissante l’organisation séquentielle du discours de Raphaël Glucksmann. On peut même parler d’une véritable dramaturgie en trois actes que la lecture du discours ne permet pas immédiatement de détecter mais que la méthode des "bubblelines" révèle de manière éclairante.Le premier acte est celui de la dimension géopolitique, thème "glucksmannien" fondamental qui prend clairement le dessus dans le premier tiers du discours : "Poutine" concentre ses onze occurrences presque exclusivement dans ce segment du discours. On voit une suite serrée de petites bulles (couleur orange) qui s'éteint progressivement en allant vers la moitié du discours. On est ici dans ce que les spécialistes de l’analyse du discours appellent un "monde lexical" ou une "isotopie" : un univers lexical cohérent et très articulé, celui des menaces extérieures qui pèsent sur les démocraties et viennent les défier. Raphaël Glucksmann revendique le lien entre ces menaces et le sens de sa candidature : "on me demande souvent de moins parler d'Ukraine, de moins parler de Poutine, de moins parler de guerre, mais je sais surtout quels sont les enjeux pour la France et pour l'Europe. Alors, je continuerai je continuerai à en parler sans relâche. Car quand je parle d'Ukraine, je parle de France, je parle de notre sécurité, je parle de la possibilité pour les Françaises et les Français de vivre en paix, de vivre libres". Ce thème constitue le creuset le plus profond de l’engagement politique Raphaël Glucksmann et de sa candidature, c’est ici qu’il "joue à domicile" : peu d’observateurs et peu de ses concurrents peuvent en effet refuser à Raphaël Glucksmann le bénéfice d’un engagement de longue date sur ces questions ; sans que jamais, ou presque, qu’il n’en fasse état, c’est bien ici que la trame de l’engagement familial et du legs intellectuel de son père [le philosophe André Glucksmann] s’exprime avec beaucoup de force. Ce creuset intellectuel n’est sans doute pas dénué de considérations plus stratégiques : il s’agit tout autant de dénoncer les menaces que Poutine, Trump et les géants du numérique font peser sur nos libertés et nos démocraties que d’appuyer " là où cela fait mal à gauche " : entre les lignes et parfois de manière directe, il s’agit aussi d’arracher le soutien du PS en le décrochant de toute alliance avec la France insoumise. Le graphique montre d’ailleurs que le thème européen, thème qui fait débat à gauche, rejoint cette partie du discours comme une antithèse à toutes ces menaces : l’Europe comme bouclier permettant d’affirmer la souveraineté technologique, numérique, industrielle et économique des démocraties européennes ("loi Acheter européen", réplique à TikTok).L’acte 2 se déroule lorsque l’on parvient à près de la moitié du discours et se déroule jusqu’à son second tiers. La grosse bulle jaune isolée qui correspond au mot "patriotisme" ne surgit pas d’un seul coup. Elle est liée à la "liberté" (en mauve) et à la "souveraineté" (rose pâle). Le texte confirme cette interprétation : "nous porterons la voix de cette France éprise, éprise de liberté "s'enchaîne avec le camp du patriotisme dans cette élection, du vrai patriotisme (...) pas de la xénophobie". L'anaphore, une figure de style très prisée par Raphaël Glucksman comme nous l’avons vu plus haut, ("nous reprendrons le drapeau tricolore... nous le reprendrons") appuie fortement une forme de réappropriation sémantique : Raphaël Glucksmann entend bien contester au Rassemblement national et à la droite le monopole discursif du "patriotisme" et de la "souveraineté". Au nationalisme exclusif du RN, il oppose un patriotisme de gauche, convoquant Jaurès contre Maurras. Raphaël Glucksmann entend bien contester au Rassemblement national et à la droite le monopole discursif du "patriotisme" et de la "souveraineté".L’acte 3, enfin, occupe le dernier tiers du discours, là où s’opère une bascule vers un nouveau "monde lexical", celui de la "République", de la "gauche" (et aussi de l’école). Comme on le distingue parfaitement sur le graphique, ces mots occupent alors toute la place laissée vacante par les mots comme "Poutine" ou "patriotisme". Le discours bascule d'une rhétorique de la menace sur la démocratie et de la réappropriation du drapeau tricolore vers une rhétorique de filiation politique à gauche : l’expression "notre gauche" est utilisée à 7 reprises dans cette partie du discours (par exemple : "c'est à notre gauche (...) de proposer une alternative crédible"). Il est particulièrement intéressant de noter à quel point Raphaël Glucksmann utilise cette expression "notre gauche" : il ne s'agit pas seulement d'un possessif grammatical, mais aussi d'un marqueur d'identification collective. En disant " notre gauche", Raphaël Glucksmann affirme son appartenance au camp de la gauche, il active dans l’imaginaire de ceux qui l’écoutent le sentiment d’appartenance politique collective et surtout il se présente comme membre et porte-parole de ce collectif. Ce dernier tiers du discours joue un rôle fondamental dans la construction d’ensemble : si l’acte 1 et l’acte 2 du discours pourraient presque être partagés avec le camp macroniste (la démocratie en danger et en lutte contre les "ingénieurs du chaos", le patriotisme et la défense de la souveraineté nationale à travers la souveraineté européenne), l’acte 3 répond de manière emphatique à ceux qui voudraient voir dans Raphaël Glucksmann "un nouveau Macron", comme lui-même le rappelle au début de son discours. Cette partie du discours met en œuvre un ressort rhétorique classique du discours politique, ce que Dominique Maingueneau appelle la construction d'un "ethos collectif" : le locuteur s'inscrit dans un "nous" collectif (et affectif) et cherche à faire partager cette appartenance à son auditoire. L’univers sémantique est profondément axé sur l’imaginaire de "l'histoire de la gauche républicaine" : la République définie comme "écologique", comme une relation de "confiance" qui meurt quand "les communautés ne se parlent plus", devient le mot clef unificateur du discours qui permet de parler à la gauche et au-delà aux "démocrates républicains".Copyright image : Kenzo TRIBOUILLARD / AFPRaphaël Glucksmann à Aubervilliers le 13 juin 2026ImprimerPARTAGERcontenus associés 17/06/2026 [Paroles de candidats] - Mélenchon, celui qui était révolutionnaire mais se... Bruno Cautrès 09/06/2026 [Paroles de candidats] - Attal : celui qui était "en même temps" héritier e... Bruno Cautrès