AccueilExpressions par MontaigneOutre-mer : les maires face aux crisesLa plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne Efficacité de l'État12/03/2026ImprimerPARTAGEROutre-mer : les maires face aux crisesAuteur Cédric Ménissier Chargé de projets - Études France Auteur Florian Ballier Expert Détaché - Études France En Outre-mer, où les crises sont tendanciellement plus graves qu’en métropole et dont les habitants se sentent abandonnés par l'État central, le maire est une figure de proximité importante qui fait face aux risques particulièrement élevés de rupture et d'abstention. Quelles sont les spécificités des élections municipales dans les DROM-COM ?Les élections municipales des 15 et 22 mars se tiendront sur tout le territoire national : les 2,8 millions de Français d'Outre-mer voteront dans les départements, régions et collectivités d'Outre-mer (DROM-COM). Le maire incarne le premier recours des habitants et constitue le premier maillon de la résilience dans des territoires où les crises sont en moyenne plus graves qu’en métropole. Le maire, puissance publique de proximité dans des sociétés marquées par un profond sentiment d'abandon, joue un véritable rôle d’amortisseur social. Sa centralité dépasse même ses attributions légales : il est attendu sur tous les fronts et est "prêt à tout faire" au quotidien, bien au-delà de ce que son mandat lui permet réellement d’accomplir. Insurrection en Nouvelle-Calédonie, soulèvements liés à la vie chère aux Antilles, destructions massives provoquées par les cyclones Garance à La Réunion et Chido à Mayotte ou encore pandémie de Covid-19 : les maires sortants ont été confrontés à des événements d'une violence exceptionnelle. Si chaque territoire ultramarin est traversé par des dynamiques propres, un triple défi les occupe tous : une insécurité galopante, des infrastructures et des services publics sursollicités et défaillants, ainsi que des municipalités au bord de l'asphyxie financière.Le maire, puissance publique de proximité dans des sociétés marquées par un profond sentiment d'abandon, joue un véritable rôle d’amortisseur social.Face aux défaillances conjuguées de l'État et des collectivités territoriales ultramarines, ainsi qu’au manque d'efficacité de l'action publique, les électeurs ultramarins expriment une colère croissante qui se traduit par la progression d’un vote de rupture aux élections nationales, mais aussi par un risque d’abstention élevée. Même les élections municipales, le scrutin local le plus populaire en Outre-mer, sont désormais touchées par cette perte d'intérêt des citoyens. Dans presque chaque territoire, le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) enregistrent une progression de leurs résultats. Lors de la dernière élection présidentielle, cette colère s’est traduite par une fluidité électorale caractéristique des Outre-mer entre LFI et le RN entre les deux tours. La Réunion et Mayotte ont porté à l’Assemblée nationale des députés issus du RN. En Nouvelle-Calédonie, deux ans après l’insurrection, ces élections municipales serviront de premier baromètre des rapports de force entre les blocs indépendantistes et anti-indépendantistes avant les élections provinciales prévues avant la fin de l’année en cours.Les élections municipales répondant avant tout à des enjeux et des préoccupations locaux, elles ne donneront pas forcément à voir une transposition de cette dynamique contestataire observable lors des élections nationales, à plus forte raison en Outre-mer. C'est ce que révèlent déjà les premières candidatures déclarées pour mars 2026. Les Ultramarins sont en attente d’élus pragmatiques et concrets, à même de changer leur vie quotidienne et notamment de s’atteler au manque d’accès aux services essentiels.L'action des maires est toutefois limitée par le périmètre restreint de leurs compétences institutionnelles. Ils ne disposent pas des prérogatives régaliennes (justice, grande criminalité, contrôle des flux migratoires) et évoluent dans un cadre budgétaire fortement contraint par la baisse des dotations. Leurs marges de manœuvre sont cependant réelles : pouvoir de police administrative (tranquillité et salubrité publiques), planification de l'urbanisme, orientation de la commande publique et action sociale de proximité. Dans un contexte de fragilité des services publics, l'enjeu pour les futurs maires consiste à mobiliser pleinement ces leviers afin d'apporter des réponses concrètes aux besoins quotidiens de la population dans un contexte de crises profondes (choc de l'insécurité, tentation du clientélisme, crise des services publics de base, mutations démographiques profondes et impasse des finances locales) et de se présenter en "maire stratège" susceptible d’engager le redressement des communes et de répondre aux besoins de la population.Une insécurité structurelleComme dans l’Hexagone, la première urgence qui s'impose dans les municipales de 2026 est l'insécurité. Alors que les Français d’Outre-mer ne représentent que 4 % de l’ensemble de la population française, les DROM-COM concentrent 30 % des homicides et plus de 50 % des vols à main armée constatés sur l’ensemble du territoire national. Certains territoires sont néanmoins beaucoup plus touchés que d’autres. En Guyane, la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, située à la frontière avec le Suriname, est gangrenée par la violence et les trafics transfrontaliers. Dans cette commune, la moitié des habitants n'a pas d'emploi. L’inactivité et l’absence de toute perspective combinées poussent certains habitants vers la criminalité et l’économie souterraine, occasionnant un climat de tension permanente. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance plus large affectant le territoire, puisque la Guyane affiche un taux record de 20,5 homicides pour 100 000 habitants, soit le taux le plus élevé pour un département français. En Polynésie française, le centre-ville de Papeete subit une transformation inquiétante avec une explosion du nombre de sans-abri en 30 ans qui atteint aujourd’hui 700 personnes. Cette évolution est principalement liée à la consommation de drogue, et plus particulièrement de méthamphétamine (surnommée l’"ice") et à ses effets dévastateurs, détruisant des familles entières et générant des violences quotidiennes dans les rues. L’archipel de Mayotte subit de son côté un cycle de violences en bande, aggravé par les effets paradoxaux des opérations sécuritaires. La destruction des bidonvilles dans le cadre de l’opération Wuambushu a entraîné la dispersion de gangs rivaux, élargissant ainsi les zones d'affrontement à l’ensemble du territoire. Parallèlement, la suspension des expulsions d’étrangers en situation irrégulière vers les Comores a laissé des centaines de mineurs non accompagnés livrés à eux-mêmes, dans la rue et dans une précarité extrême, faisant de la délinquance un moyen de survie.Alors que les Français d’Outre-mer ne représentent que 4 % de l’ensemble de la population française, les DROM-COM concentrent 30 % des homicides et plus de 50 % des vols à main armée constatés sur l’ensemble du territoire national.Cette impuissance institutionnelle face à l'insécurité favorise parfois un glissement dangereux vers un véritable clientélisme sécuritaire. Dépourvus des leviers régaliens dont dispose l'État pour faire face à la délinquance, les maires sont en première ligne et l’interlocuteur direct des citoyens, a fortiori face à une violence qui devient endémique. Malgré leurs efforts quotidiens pour maintenir l'ordre dans leurs communes, leur impuissance institutionnelle face à la situation, combinée à la pression électorale, encourage le recours à des pratiques douteuses afin de préserver un semblant de sérénité. Pour éviter tout embrasement de leurs quartiers, ils utilisent leur seul véritable pouvoir d'action immédiat, notamment la distribution de contrats municipaux aux individus les plus influents ou perturbateurs. Cette stratégie transforme la masse salariale de la commune en un amortisseur social, achetant une accalmie temporaire au prix de l'asphyxie financière de la collectivité. Les collectivités ultramarines sont en effet les plus grands employeurs des territoires. Le procès des émeutes de 2021 en Guadeloupe a par exemple mis en lumière les contours de ce système. Treize individus, surnommés les "grands frères", ont été jugés pour avoir organisé les violences urbaines. Lors de ce procès, plusieurs élus de premier plan - dont le président de région Ary Chalus et un député - ont été appelés à témoigner. Il est apparu que ces "grands frères", parfois liés à des gangs locaux comme le groupe des "Chiens La Ri", sont régulièrement recrutés par les mairies comme médiateurs municipaux, selon une logique officieuse doublement intéressée, afin de calmer les tensions dans les quartiers difficiles en s'appuyant sur l'influence de ces leaders de rue ou de s'assurer de leur soutien lors des campagnes électorales pour garantir des votes. Ce type de fonctionnement dépasse les seules Antilles. À La Réunion, le système historique des "nervis" repose sur la même logique de compromission avec des hommes de main embauchés pour intimider ou inciter les électeurs à voter pour un candidat en particulier. La violence n’est donc pas toujours subie par les élus, elle est parfois instrumentalisée directement par eux.Des services publics à bout de souffleRien n'illustre de manière plus symbolique les fragilités de la gestion publique locale que l'incapacité de certaines collectivités territoriales à garantir un accès fiable à l'eau potable. Beaucoup d’Ultramarins subissent au quotidien les conséquences de cette défaillance structurelle. Les responsabilités en la matière sont partagées, mais identifiables. Si la compétence de la gestion de l’eau et de son assainissement est du ressort des intercommunalités ou des communes, celles-ci font face à des déficits techniques et financiers chroniques - aggravés, dans certains cas, par la corruption de certains élus ou dirigeants. L’État, de son côté, pèche par son manque de planification et son immobilisme face à une situation de rupture d'égalité avec les Français de l’Hexagone pourtant documentée depuis des années. Ces errements collectifs alimentent la colère des Français d’Outre-mer, qui considèrent que jamais de telles situations ne pourraient perdurer - ni même advenir - dans l’Hexagone. En la matière, l'exemple de la Guadeloupe est le plus emblématique. Fin 2025, un incendie a ravagé cinq établissements de la marina de Saint-François. Pour éteindre les flammes, les pompiers ont été contraints de pomper l'eau de la mer, car la pression dans les bornes d'incendie du réseau public était insuffisante. Cet incident n'est que la partie visible de l’iceberg, puisque le Syndicat Mixte de Gestion de l'Eau et de l'Assainissement de Guadeloupe (SMGEAG) affiche un déficit estimé à 47 millions d'euros. Au-delà des chiffres, c’est sa gouvernance elle-même qui est remise en cause par le manque d’implication de ses dirigeants. Une analyse de 34 délibérations a montré que le président de région y a été absent 33 fois et que l'actuel président du syndicat cumulait 24 absences avant sa nomination. À cette désertion politique s'ajoute un nombre trop important de fonctionnaires et une masse salariale surdimensionnée que les élus rechignent à réduire, par crainte d’en subir les conséquences électorales. Par conséquent, les investissements indispensables - évalués à 150 millions d'euros annuels pour colmater les seules fuites du réseau - ne sont pas réalisés, aggravant chaque année un peu plus une situation déjà critique. En outre, la politique d’aménagement du territoire s'avère aujourd'hui frappée d'obsolescence. Les instruments traditionnels, que reflètent les plans locaux d'urbanisme (PLU), sont devenus inadaptés face aux évolutions démographiques fulgurantes de certains territoires. Le décalage est flagrant, notamment en Guyane, à Saint-Laurent-du-Maroni. La ville a connu une croissance extrême, en passant de 5 000 habitants dans les années 1980 à 50 000 aujourd’hui - certaines estimations indiquent même un chiffre de 80 000 habitants. Face à cette explosion, la mairie est structurellement dépassée, puisque seulement 40 % des logements de la ville sont considérés comme légaux, la majorité des habitants vivant dans des quartiers informels ou des bidonvilles. Cette situation rend toute planification urbaine impossible. À l’opposé, La Réunion est confrontée non à un excès de population non planifié, mais à une pénurie d’espace constructible. De nouvelles contraintes environnementales, telles que le dispositif zéro artificialisation nette (ZAN), restreignent encore les marges de manœuvre. Les Réunionnais se heurtent également à un retard structurel de l’île en matière de transports en commun. La population reste massivement tributaire de la voiture individuelle, ce qui aggrave la congestion et compromet toute stratégie d'urbanisation dense et durable.Des finances locales sous tensionLes communes ultramarines se trouvent dans une situation budgétaire très préoccupante, asphyxiées par le poids de la sur-administration. Leurs budgets sont étranglés par des décennies de clientélisme électoral, au cours desquelles des emplois municipaux ont été distribués en échange de soutiens politiques, gonflant les effectifs bien au-delà de ce que les finances publiques locales sont en capacité d’absorber. La moyenne du nombre d’agents municipaux pour 1 000 habitants est de 38 en Guadeloupe, contre 26 dans l’Hexagone, ce qui bride les capacités d’investissement et donne l’image d’une action publique paralysée. À Capesterre-Belle-Eau, par exemple, le maire a hérité d'un tel déficit qu'il a confié devoir "faire le deuil de son projet électoral". L'intégralité des fonds à sa disposition est en effet absorbée par le paiement des salaires et l'apurement des dettes, ce qui rend impossible la moindre construction de tout nouvel équipement. En Guyane, la chambre régionale des comptes a même évalué en 2024 le déficit de la commune de Kourou à un niveau trois fois plus élevé que ce que la commune avait inscrit dans ses comptes. Des dépenses de fonctionnement structurellement excessives absorbent toute marge de manœuvre budgétaire et obèrent toute capacité de désendettement, à moins de mettre en vente certains actifs détenus par la commune.Des redressements restent néanmoins possibles, mais nécessitent des choix politiquement coûteux. La municipalité de Cayenne est par exemple parvenue à résorber une dette colossale de 25 millions d'euros entre 2018 et 2023, en appliquant une discipline budgétaire stricte, par le non-remplacement des départs en retraite et la promotion de la mobilité interne. Ces choix ont engendré d'importants conflits sociaux au sein de cette collectivité de 1 300 agents, où la masse salariale représentait déjà 70 % du budget total.Des dépenses de fonctionnement structurellement excessives absorbent toute marge de manœuvre budgétaire et obèrent toute capacité de désendettement, à moins de mettre en vente certains actifs détenus par la commune.Sous la pression constante du manque de ressources, certains exécutifs locaux ont même franchi la ligne de la légalité. À Saint-André, sur l'île de La Réunion, la commune a tenté d'obtenir des indemnisations de l'État après les dégâts causés par le passage du cyclone Garance en 2025. Pour étayer son dossier, la mairie a joint une photographie présentant une toiture de stade totalement arrachée - qui s'est avérée être celle du stade Francis-Le Blé de Brest, détruite lors de la tempête Ciaran, dans l’Hexagone. L'État a suspendu près de 47 millions d'euros de demandes à la suite de cette découverte. À La Plaine-des-Palmistes, toujours à La Réunion, le maire sortant a tenté de dissimuler un rapport de la Chambre régionale des comptes dénonçant une gestion budgétaire alarmante. Il a affirmé devant son conseil municipal ne pas l'avoir reçu, avant d'être publiquement contredit par l'accusé de réception. À Mayotte, enfin, les finances communales souffrent d'une distorsion d'origine statistique que les élus imputent à l'État. Selon eux, les chiffres de recensement de l'INSEE sous-évalueraient structurellement la population réelle de l'archipel en raison de l'immigration irrégulière. Ce faisant, les dotations globales de fonctionnement délivrées par l’État seraient calibrées pour une population inférieure à celle effectivement administrée. Les Mahorais paient au quotidien le prix de cet écart entre chiffres officiels et réalité démographique et ses conséquences pour les services publics.Quels maires pour redresser les communes ultramarines ?Alors que le redressement des communes ultramarines suppose de rompre avec les pratiques qui ont conduit à leur situation actuelle, le poids des figures historiques s'impose comme un véritable frein au renouveau municipal. En effet, l’analyse des différentes candidatures déclarées pour mars 2026 révèle, dans plusieurs territoires, le retour d’anciennes figures locales, y compris certaines ayant fait l’objet de condamnations judiciaires. Par exemple, à Saint-Laurent-du-Maroni, l’ancien ministre de Jacques Chirac Léon Bertrand, âgé de 74 ans, est candidat huit ans après avoir été déchu de tous ses mandats pour favoritisme et corruption, peine assortie d'une incarcération. À Cayenne, une ancienne maire se présente pour reprendre son poste face à la maire sortante, malgré une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics dans une affaire d'emploi fictif au sein d'un hôpital. Ces candidatures illustrent un phénomène bien documenté dans les territoires ultramarins, où la notoriété personnelle y constitue parfois un capital électoral si puissant qu'il tend à occulter le passé judiciaire. Le renouvellement du personnel pourtant indispensable à la bonne gestion des collectivités est ainsi freiné. Pourtant, les futurs élus doivent devenir de véritables stratèges du développement local, capables de mobiliser des leviers que leurs prédécesseurs ont trop souvent négligés. Pour cela, plusieurs outils pourront être utilisés.Les futurs élus doivent devenir de véritables stratèges du développement local, capables de mobiliser des leviers que leurs prédécesseurs ont trop souvent négligés.S'attaquer directement à la vie chère par les circuits courts : la commune peut à son niveau soutenir la sécurité alimentaire, en favorisant les approvisionnements locaux pour les marchés et les cantines scolaires. Ce levier permet au maire de contourner les monopoles de l'importation qui pèsent structurellement sur le coût de la vie pour les populations.Capter les financements extérieurs : des ressources significatives sont à la disposition des communes, que ce soit au niveau européen ou de l’État (Fonds vert). Elles demeurent toutefois largement sous-utilisées, faute d'ingénierie administrative suffisante pour en faire la demande et monter les dossiers. Les maires pourraient mutualiser leurs compétences d’ingénierie publique en s’associant avec d’autres collectivités (départements, régions) pour constituer des équipes capables de capter ces financements au service de l’entièreté de leur territoire.Restaurer l’ordre s’agissant des atteintes environnementales : si la lutte contre le grand banditisme relève de l'État, le maire dispose de pouvoirs de police afin d’assurer l’ordre, la tranquillité et la salubrité publiques. Il peut notamment créer des polices de l'environnement pour lutter contre les dépôts sauvages, les constructions illégales et l'insalubrité, qui sont autant de facteurs qui alimentent le sentiment d'abandon et favorisent l'insécurité.Adapter l’économie aux évolutions démographiques : le développement local doit correspondre à la trajectoire démographique de chaque territoire et saisir les différentes opportunités. Aux Antilles, frappées par un vieillissement accéléré de la population, les maires peuvent favoriser le développement d’une "silver économie" locale (services à la personne, adaptation de l'habitat, domotique), créatrice d’activité et d’emplois de manière durable. En Guyane ou à Mayotte, à l'inverse, l'urgence impose de multiplier les chantiers d'insertion et les partenariats avec le Régiment du service militaire adapté (RSMA) afin d’offrir des perspectives à une jeunesse nombreuse et largement déscolarisée.Bâtir un continuum de sécurité avec la Gendarmerie nationale : face à l'hyperviolence et au grand banditisme, le maire ne peut agir de manière isolée. La Gendarmerie nationale, force armée assurant la couverture de 99 % de la superficie des territoires ultramarins, constitue le partenaire stratégique et naturel des municipalités. La signature et l'application stricte de contrats de sécurité intérieure (CSI) permettent d'articuler efficacement l'action de cette force de l'État avec les polices municipales, la vidéoprotection et les dispositifs de prévention de la délinquance, garantissant ainsi une réponse opérationnelle coordonnée et puissante sur le terrain.Les élections municipales de 2026 constituent, dans les territoires ultramarins, un test de résistance du contrat républicain. Les électeurs attendent des maires qu’ils se confrontent à la réalité de leur quotidien, dans un contexte financier réduisant toutefois leurs marges de manœuvre dès le premier jour du mandat. Si les maires ne sont pas les seuls responsables, l’urgence impose tout de même pour eux de rompre sans ambiguïté avec les pratiques du passé. En cas d’échec, ces élections municipales pourraient accélérer le basculement populiste et radical de l’électorat ultramarin pour les prochains scrutins nationaux.Copyright image : Cedrick Isham CALVADOS / AFP L’hôtel de ville de Le Moule, en Guadeloupe, en 2020.ImprimerPARTAGER