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Santé et alimentation : urgence nationale, réponse locale ?

Santé et alimentation : urgence nationale, réponse locale ?
 Margaux Tellier-Poulain
Auteur
Responsable du pôle Santé et Cohésion sociale
 Lou Vincent
Auteur
Chargée de projets Santé et Cohésion sociale

​Que peuvent les maires en matière d'alimentation ? Au-delà du menu de la cantine, les acteurs locaux ont un rôle important à jouer, d'autant plus compte tenu de l’investissement relatif de l'État - dont témoignent les conclusions modestes de la Stratégie nationale sur l’alimentation, la nutrition et le climat publiée en février dernier. L'alimentation est pourtant un enjeu crucial qui touche à la santé et au pouvoir d'achat des Français et où se rejouent toutes les inégalités sociales, territoriales et générationnelles. Sauvegarde des commerces, régulation de l’affichage publicitaire ou maintien des terres agricoles dans le PLU : autant de leviers à actionner au niveau de la commune.

I - Santé & Alimentation : une prise de conscience collective

L’alimentation : levier clé d’une approche préventive à confirmer

L’alimentation est un enjeu clé pour la santé publique. La situation sanitaire actuelle, marquée par l’augmentation des pathologies particulièrement liées à des facteurs alimentaires, appelle à investir cet enjeu encore davantage. En 2023, plus de 4 millions de personnes étaient atteintes de diabète en France, une prévalence qui ne cesse d’augmenter, passant de 5,6 % en 2015 à 6,5 % en 2023. L'obésité a fait un bond : elle touchait 8,5 % des adultes en 1997 et 17 % en 2020. Si les personnes de plus de 65 ans sont proportionnellement les plus concernées (plus d’un Français sur deux dans cette tranche d’âge), les jeunes sont ceux pour lesquels la dynamique de hausse est la plus importante : depuis 1997, l’obésité a été respectivement multipliée par plus de 4 et près de 3, chez les 18-24 ans et les 25-34 ans. De manière générale, la "malbouffe" est un facteur de mortalité pour 11 % de la population et l’Organisation mondiale de la Santé estime que "25,2 % de la mortalité totale dans le monde peut être attribuée à une combinaison de facteurs de risque d’origine nutritionnelle". Ces tendances résultent notamment d’une augmentation de la consommation des produits ultra-transformés, riches en sucre, gras et sel, et additifs. Dans ce contexte, le lien entre alimentation et santé fait l’objet d’une attention croissante du côté de la recherche, des médias et des pouvoirs publics.

La mise en avant d’un objectif d’alimentation saine, mais aussi durable, répond aussi à la philosophie de l’approche "One Health", portée par l’Organisation mondiale de la Santé depuis le début des années 2000. Selon l’organisation internationale, il s’agit d’une vision "intégrée et unificatrice qui vise à optimiser la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes", mettant en exergue leur inter-dépendance. Récemment, l’ANSES a révélé l’exposition préoccupante d’une large partie de la population française - tout particulièrement les enfants - à des polluants fortement nocifs pour la santé publique tels que le cadmium, le plomb ou l’aluminium, présent notamment dans les aliments contenant des céréales. Les rappels liés aux produits alimentaires sont par ailleurs monnaie courante : jusqu’à cinq à six par jour, un phénomène qui peut venir de causes diverses mais qui pourrait notamment être exacerbé par l’impact du changement climatique sur la prolifération de bactéries. Finalement, la présence croissante de pesticides et de perturbateurs endocriniens dans notre alimentation est de plus en plus investie par la recherche, qui y voit un lien avec des tendances comme l’augmentation des cancers chez les jeunes.

Le virage préventif apparaît encore limité compte tenu des chiffres décevants de la vaccination ou des dépistages mais il est indispensable d’en faire une priorité, en jouant notamment sur l’alimentation. Les professionnels de santé abondent en ce sens : selon une consultation menée par la Fédération Nationale de la Mutualité Française dans le cadre des États généraux de la santé et de la protection sociale, l’alimentation saine et durable est identifiée comme l’un des trois principaux leviers préventifs à actionner. Dans un contexte d’augmentation des pathologies chroniques, l'alimentation doit devenir, au même titre que la lutte contre la sédentarité et dans la foulée des politiques de lutte contre le tabac et l’alcool, un pilier de l’action préventive. La maxime "Manger Bouger" introduite en 2001 suggère la place charnière de l’alimentation, qui doit encore être confortée. Selon une étude académique britannique, une alimentation conforme aux recommandations de l'Eatwell Guide, l'outil utilisé pour définir les recommandations du gouvernement concernant l'alimentation saine et équilibrée au Royaume-Uni, pourrait prolonger l'espérance de vie de 8 à 9 ans pour les adultes de 40 ans. L’impact de l’alimentation sur la santé des citoyens a un coût sociétal majeur qui se répercute logiquement sur les finances publiques : 12,3 milliards d’euros seraient ainsi dépensés chaque année en France pour soigner les pathologies liées à une alimentation déséquilibrée et ultra transformée. À l’échelle mondiale, les coûts cachés du système agro-alimentaire sur le plan sanitaire s’élèveraient à plus de 8 000 milliards de dollars par an, selon un calcul de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Une prise de conscience des pouvoirs publics réelle, mais encore incomplète

En 2018, la loi EGalim posait une première pierre de l’engagement du gouvernement sur le sujet de l’alimentation. Le texte visait à promouvoir l’accès à une alimentation saine et durable en prévoyant notamment un objectif d'incorporation de 50 % de produits de qualité et durables, dont au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Ce volontarisme affiché avait été entériné par la Loi Climat et Résilience en 2021, qui prolongeait les ambitions en matière de qualité sanitaire et nutritionnelle, notamment en étendant les objectifs d’approvisionnement à la restauration collective privée. Ces jalons devaient être concrétisés par une stratégie nationale sur l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) qui, après s’être faite attendre, a finalement été présentée en février dernier. Ce suspens long de plusieurs années s’est conclu sur une note décevante. En effet, la stratégie aurait effacé la mention recommandant de limiter les produits "ultra-transformés", pourtant largement identifiés comme un facteur majeur de la dégradation de nos habitudes alimentaires. Elle ne précise pas d’ambition chiffrée concernant les seuils maximaux de sels, sucres ou gras, ni ne prolonge le volet de la fiscalité sur certains produits, préconisé de manière prioritaire par le dernier rapport de l’Institut Montaigne, publié en 2024 Fracture alimentaire : Maux communs, remède collectif. Pas de mesure très exigeante du côté de la publicité : si l’interdiction est la réponse plébiscitée par l’OMS, dont s’est notamment saisie le Royaume-Uni, la stratégie opte pour une vigilance sur la durée d’exposition. Malgré une prise de conscience à l’échelle nationale, l’implication de l’État sur ces enjeux reste encore parcellaire et dépendante des contraintes budgétaires : les acteurs locaux regrettent la baisse du financement des projets alimentaires territoriaux (PAT), principal outil stratégique des collectivités locales en matière d’alimentation.

Pourtant, l’accès à une alimentation saine est marqué par une fracture sociale et territoriale préoccupante 

Les citoyens sont de plus en plus conscients de l’importance de ces sujets, mais les inégalités sont nombreuses.Près de la moitié des Français déclare avoir déjà changé sa façon de consommer, avant tout pour des préoccupations de santé mais aussi pour des raisons économiques. Le manque de budget pour "bien manger" est le premier frein évoqué par les Français, et est plus fortement mentionné par les CSP- (60 % des répondants contre 52 % en moyenne). Les CSP + pointent davantage le manque de temps, pour 34 % d’entre eux (27 % des sondés, toutes CSP confondues), deuxième frein le plus cité. La contrainte financière est une barrière à l’alimentation saine, d’autant plus forte pour les ménages les plus modestes. Les analyses démontrent que les plus précaires tendent à consommer deux fois plus de boissons sucrées que les plus aisés et deux fois moins de fruits et légumes.

Dans cette logique, le rapport de l’Institut Montaigne proposait que les recettes d’une nouvelle taxation sur le sucre financent "un chèque alimentaire dirigé vers les Français en situation de grande précarité alimentaire et exclusivement dédié à l'achat de fruits et légumes". Ce travail se fondait sur la fracture préoccupante qui traverse la population française en matière d’alimentation : alors qu’un Français sur trois n'arrive pas à manger correctement, que 41 % des 18-24 ans sont en situation d'insécurité alimentaire sévère et qu’un enfant sur quatre arrive à l’école le ventre vide, l’alimentation est aujourd’hui un enjeu de justice sociale majeur. Cette situation est reflétée par la prévalence de certaines pathologies dans les catégories socio-économiques défavorisées : plus de 25 % des adultes vivant dans des foyers aux revenus inférieurs à 900 euros par mois étaient obèses, contre seulement 7 % de ceux disposant de plus de 5 300 euros. Certains territoires sont à ce titre plus fragilisés : 54,4 % des habitants des Quartiers prioritaires de la ville (QPV) sont en surpoids, 10,4 points de plus que parmi le reste des habitants. Un écart important existe également entre les territoires ruraux et urbains : si 39 % des personnes qui vivent en zones rurales sont en surpoids, elles ne sont que 22 % à Paris.

La qualité sanitaire de l’environnement de proximité et de l’alimentation dépend largement de l’activation des leviers locaux en la matière, qui ne se résument pas aux cantines scolaires.

Les inégalités territoriales en matière d’alimentation peuvent être combattues depuis l’échelon central : c’est le sens de la proposition de loi, votée à l'unanimité en janvier 2026, qui met en place une expérimentation d’éducation à l’alimentation dans les établissements scolaires, considérant les fractures notables entre territoires. Toutefois, l’accès à l'alimentation saine et durable demeure profondément dépendant du cadre de vie et peut être adressé par des politiques de proximité. Une étude publiée par La Maison de la Bio à la veille des élections municipales proposait un "nutri-score" évaluant l’exposition des communes aux pesticides selon plusieurs critères (qualité de l’eau, présence du bio dans les cantines). La variabilité des résultats montre bien que la qualité sanitaire de l’environnement de proximité et de l’alimentation dépend largement de l’activation des leviers locaux en la matière, qui ne se résument pas aux cantines scolaires…

II - Face à cet enjeu de santé publique, le maire peut aussi être un véritable moteur 

La restauration collective demeure la principale vitrine de la réponse locale 

Quand il s’agit de se pencher sur les marges de manœuvres municipales concernant l’alimentation, les cantines sont souvent les premières citées. À juste titre, dans la mesure où cette compétence propre des maires, chargés de la restauration de l’école primaire et des établissements pour personnes âgées, permet à la fois de stimuler l’agriculture locale et biologique et d’assainir l’alimentation des jeunes et des aînés. Dans le sillage de la loi EGalim, de nombreux candidats aux élections municipales 2020 s’étaient pleinement saisis du levier de l’approvisionnement en produits bio et locaux dans une campagne qui faisait la part belle aux enjeux environnementaux. Les propositions allaient ainsi au-delà des préconisations nationales : à Lyon ou Strasbourg, remportées par des maires écologistes, l’ambition concernant l’introduction de produits biologiques était multipliée par cinq et visaient le 100 %. Si les municipalités de sensibilité de gauche ou écologiste ont été plus volontaristes, la dernière mandature s’est aussi caractérisée par l’implication de communes situées de tous bords de l’échiquier politique, comme le maire divers droite d’Épinal, à l'initiative d’une ferme maraîchère qui approvisionne les services de restauration public de la commune, l’emmenant vers un 100 % bio.

La restauration collective est ainsi un puissant moyen d’agir mais ce levier n’est pas une baguette magique, et ne saurait faire l’économie d’une articulation avec les déterminants de l’accès à l’alimentation saine. Par exemple, 40 % des enfants défavorisés ne mangeraient pas à la cantine contre seulement 17 % des élèves favorisés. La tarification sociale peut être à ce titre une manière d’améliorer l’accès à la restauration scolaire : aujourd’hui, 40 % des établissements appliquent l’adaptation des tarifs en fonction des ressources. Par ailleurs, l’offre des quartiers les plus pauvres en matière d’alimentation montre des limites avérées : 56,6 % des ménages résidant en QPV déclarent faire leurs grosses courses alimentaires hors de leur quartier.

Elle n’est pourtant qu’un levier parmi de nombreux autres

L'objectif d'un accès à une alimentation "saine et durable" implique nécessairement une multitude d’acteurs. Régulateurs, producteurs, transformateurs, consommateurs, distributeurs sont ainsi parties prenantes dans le déploiement de cette politique publique. De nombreux leviers d’action dépendent de l’État : c’est le cas des prestations sociales, des règles de commercialisation ou de production, ou de la mise en place de campagnes de promotion de la santé. D’autres sont relatives à l’Union européenne, notamment à travers les aides de la politique agricole commune. La commune peut toutefois être impliquée sur des enjeux stratégiques à l’échelon territorial à travers des projets menés conjointement avec les autres collectivités, tels que les comités régionaux de l’alimentation, dont le cadre demeure cependant non contraignant et qui composent sans objectifs chiffrés. Elle peut également coordonner un projet alimentaire territorial à l’échelle de sa commune ou d’un territoire plus large. Si tous les maires ne s’en saisissent pas de la même manière, ce dispositif peut donner une véritable impulsion lorsqu’il est investi : Grenoble, qui a déployé des actions innovantes en faveur de la qualité de l’eau et l’alimentation, a été récompensée à l’échelle européenne.

Les leviers d’actions du maire pour favoriser une alimentation saine, au-delà de la restauration collective, sont en réalité assez variés. En matière d’offre, ils ne peuvent pas réguler l’installation de commerces au seul motif de la promotion d’une alimentation saine - la tentative en ce sens d’un maire divers droite de l’Aisne pour fermer un établissement de restauration rapide avait suscité la controverse en juillet dernier. En revanche, ils ont la possibilité de créer un périmètre de sauvegarde du commerce d’artisanat de proximité, au sein duquel ils peuvent exercer leur droit de préemption commercial. La protection et le maintien des terres agricoles dans le plan local d’urbanisme (PLU) est un moyen de favoriser une production locale de qualité, comme c’est le cas à Bordeaux, qui mise sur l’achat de foncier agricole urbain ou à Bidart, dont le maire souligne l’importance de s’engager localement, indépendamment de l’action de l’État. Pour soutenir l’agriculture locale et/ou biologique, les maires peuvent aussi mettre à disposition des équipements techniques ou des locaux aux agriculteurs, soutenir les Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne (AMAP), et organiser des marchés de producteurs. Le même support peut être apporté aux initiatives associatives pour l’alimentation solidaire, telles que les épiceries associatives ou restaurants municipaux, ou proposer des chèques alimentaires pour les plus précaires via les centres communaux d’action sociale (CCAS). Enfin, ils ont une importante carte à jouer sur la prévention et la promotion de la santé en favorisant la bonne information des citoyens, tant sur les aides disponibles, conformément à la mission des CCAS, que sur les effets de l’alimentation sur la santé. C’est le cas à Angers où un pan de l’action du CCAS local est consacré à "se nourrir, s’alimenter" et où une conférence publique organisée par l’Institut municipal sur ces enjeux est organisée en mai prochain.

Les municipales 2026 révèlent un investissement inégal 

Aujourd’hui, peu avant le deuxième tour des municipales, les ambitions en matière d’alimentation semblent surtout dépendre de l’implication historique du maire sur ce sujet. Là où il est engagé, on encourage la poursuite de l’effort sur la restauration collective, qui gagne progressivement l’ensemble du champ politique. Jeanne Barseghian, en troisième position à l’issue du premier tour à Strasbourg, qui a poussé le bio de 17 % à 53 % pendant sa mandature, propose d’élever cette proportion à 75 %. Même projet à Lyon où Grégory Doucet, en tête au premier tour, mise sur l’amélioration continue de la restauration collective, mais aussi sur la création d’une ferme municipale ainsi que des cantines de quartiers regroupant épicerie solidaire, vente de produits locaux et restauration sociale.

Dans la campagne 2026, l’alimentation n’est pas uniquement identifiée comme un enjeu de durabilité et de santé publique mais aussi appréhendée sous l’angle du pouvoir d’achat et de la justice sociale. À Paris, Emmanuel Grégoire propose l’ouverture de restaurants municipaux pour les publics précaires ou isolés, et fustige sur ses réseaux la hausse des prix de l’alimentation, y compris du kebab. Sans que ne soit nécessairement promues de réelles stratégie à l’échelle des quartiers, les candidats, surtout à gauche, ont multiplié les prises de position en faveur des cantines collectives "populaires" et de restaurants solidaires, à l’image de François Piquemal, candidat de la France Insoumise à Toulouse, arrivé second derrière le maire sortant à l’issue du premier tour. Certaines villes investissent pleinement la dimension solidaire de l’accès à l’alimentation : à Montpellier, par exemple, la mairie est partie prenante d’un projet de sécurité sociale alimentaire, issu d’un partenariat entre acteurs publics et privés, qui illustre le développement d’expérimentations locales d’un débat parfois porté au niveau national.

Certaines communes, par leur engagement, illustrent les importantes potentialités du maire. Toutefois, le plaidoyer mené par plusieurs associations dans le cadre des élections, qui décline une myriade de mesures potentielles, dessine en négatif les opportunités manquées des candidats. Les leviers d’actions très "volontaristes" sont encore marginaux, a minima dans les grandes métropoles : les programmes font rarement mention d’un éventuel périmètre de sauvegarde des commerces, de la régulation de l’affichage publicitaire notamment près des établissements, ou encore du maintien des terres agricoles dans le PLU - mesure certes plus dépendante de la topographie locale.

Quelles que soient les avancées, manquements et angles morts de la politique nationale sur le sujet, les élus locaux ont un rôle à jouer sur leur territoire et peuvent créer une véritable impulsion.

L’accès à l’alimentation saine et durable, dont l’impact sur la santé n’est plus à démontrer, doit devenir un pan majeur de la politique préventive en France. Les engagements du pays en la matière pourraient d’ailleurs être précisés lors du Sommet One Health, organisé à Paris du 5 au 7 avril 2026. Quelles que soient les avancées, manquements et angles morts de la politique nationale sur le sujet, les élus locaux ont un rôle à jouer sur leur territoire et peuvent créer une véritable impulsion. La campagne des Municipales 2026 confirme que l’alimentation ne décide pas d’une élection, et que cet enjeu se place loin derrière ceux de sécurité ou de mobilités. L’investissement des candidats se limite encore souvent au seul sujet de la restauration collective Pourtant, l’accès à une alimentation saine et durable s’inscrit bien au cœur d’enjeux territoriaux multiples - inégalités sociales locales, agriculture, commerces -, et pourrait être placé au premier plan des programmes. Si l’accès aux soins, préoccupation à laquelle les maires tendant parfois vainement de répondre, dépend largement de l’action de l’État, la mise en place d’une stratégie volontariste sur l’alimentation leur est accessible, et peut être un levier tout aussi puissant pour agir sur la santé des administrés.

Copyright image Pascal GUYOT / AFP
Le nouvel Hôtel de ville de Montpellier, conçu par Jean Nouvel et François Fontès.

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