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Rapport Draghi : l’Europe au rendez-vous ? |
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Dans un contexte de concurrence accrue entre grandes puissances et de fragmentation croissante de l’économie mondiale, la compétitivité européenne s’impose comme un enjeu stratégique majeur. En septembre 2024, Mario Draghi alertait sur le risque d’une “lente agonie” de l’économie européenne face aux États-Unis et à la Chine, tout en proposant une feuille de route ambitieuse pour y remédier.
Dix-huit mois plus tard, l’Institut Montaigne publie une nouvelle étude intitulée “Rapport Draghi : l’Europe au rendez-vous ?”, qui dresse l’état des lieux le plus complet à ce jour de la mise en œuvre des recommandations formulées par l’ancien président de la Banque centrale européenne.
Mené par François Chimits, responsable du programme Europe de l’Institut Montaigne, avec Jeanne Lebaudy, Énora Morin et Eve Talkowski, chargées de projets, ce travail s’appuie sur une base de données recensant 567 recommandations du rapport Draghi, réparties entre 5 grands thèmes et 20 domaines d’action, ainsi que des auditions approfondies avec des décideurs européens. |
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 "Près de deux ans après la publication du rapport Draghi, les Européens souffrent moins d’inertie que d’un décalage avec un monde qui évolue toujours plus vite. Les dix-huit prochains mois constitueront une véritable heure de vérité pour la mise en œuvre du rapport, et plus largement pour notre capacité à agir rapidement et collectivement." - François Chimits, Responsable du programme Europe de l’Institut Montaigne. |
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Des avancées réelles, dans les temps du rapport |
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Contrairement à l’idée répandue d’une Europe restée inactive, les résultats révèlent que la dynamique de mise en œuvre est bien engagée, avec un taux de 30 % pour l’ensemble du rapport, en phase avec le calendrier défini par Mario Draghi. Ces avancées reposent principalement sur les mesures les plus simples à mettre en œuvre, relevant majoritairement de la Commission européenne. Les progrès restent toutefois contrastés selon les domaines d’action : la défense affiche un taux de mise en œuvre de 49 %, tandis que d’autres, comme les semi-conducteurs ou la gouvernance, peinent à atteindre les 20 %.
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Une phase décisive pour l’agenda européen |
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Si la dynamique est bien engagée, les mesures plus difficiles, comme l’endettement commun, une véritable préférence européenne ou la limitation du droit de veto des États membres, constituent désormais le véritable test pour les Européens. L’Europe entre désormais dans une heure de vérité pour son agenda de compétitivité : plus de la moitié des recommandations du rapport Draghi seront soumises à négociation dans les douze prochains mois.
La balle est désormais dans le camp des États membres, et la séquence politique à venir sera déterminante pour savoir si les réformes nécessaires à la compétitivité du continent pourront être accélérées et approfondies.
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Un enjeu stratégique pour l’Europe |
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L’intensification de la compétition économique, les tensions commerciales et la montée en puissance technologique et industrielle de la Chine mettent l’économie européenne à rude épreuve. Au-delà de la mise en œuvre du rapport Draghi, qui ne saurait à lui seul répondre à l’ensemble des défis auxquels l’Europe est confrontée, cette étude met en lumière un enjeu plus large : la capacité des Européens à renforcer collectivement leur compétitivité dans un monde qui évolue plus vite que la capacité des institutions européennes à s’adapter par la réforme. |
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Notre analyse porte sur la mise en œuvre juridique des recommandations de Mario Draghi. Elle s’appuie sur une base de données composée de 567 recommandations, couvrant les 20 domaines d’action du rapport (177 recommandations “générales” et 390 recommandations “détaillées”). Chaque recommandation détaillée est confrontée aux mesures européennes et nationales adoptées entre le 9 septembre 2024 et le 1er mai 2026, puis classée selon quatre statuts : “en cours”, “partiellement mise en œuvre”, “pleinement mise en œuvre” ou “aucune action engagée”. Le taux de mise en œuvre pour chaque recommandation détaillée est calculé à partir de l’écart entre la recommandation initiale et les actions identifiées. Le taux de mise en œuvre des recommandations générales est ensuite calculé à partir de la moyenne des recommandations détaillées correspondantes, pondérée par un indice de complexité élaboré par l'Institut Montaigne. Combinés, ces éléments fournissent les taux de mise en œuvre pour l’ensemble du rapport. Cliquez ici pour consulter la méthodologie complète. |
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