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Opération spéciale Municipales 2026 |
| | Dans la continuité des opérations spéciales menées à l’occasion des Municipales 2020, de la Présidentielle 2022 et des élections législatives de 2022 et 2024, l’Institut Montaigne lance aujourd’hui son opération spéciale “Municipales 2026”. Pilotée par Nicolas Laine et Blanche Leridon, cette initiative vise à éclairer les citoyens et les décideurs sur les enjeux d’une élection locale à résonance nationale, en objectivant le débat public et en permettant une comparaison rigoureuse, indépendante et transparente des programmes des principales listes candidates.
Pendant plusieurs mois, les équipes de l’Institut Montaigne ont travaillé avec des experts en finances publiques locales et en politiques publiques pour bâtir un dispositif d’envergure couvrant les douze plus grandes villes françaises : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse et Toulon. L’opération repose sur un triptyque d’analyse : - un bilan de la gestion financière du mandat écoulé, qui se base sur un indicateur conçu spécialement pour cette opération ;
- des décryptages thématiques sur les enjeux clés de la campagne : finances locales, sécurité, mobilité, urbanisme et logement, santé et politiques sociales. Ces notes d’analyse reposent sur des données collectées par notre partenaire Terres de Données afin d’offrir une lecture claire, comparable et renouvelée des situations locales et de mettre en lumière les enjeux concrets auxquels seront confrontées les équipes municipales à l’issue des élections ;
- un examen comparatif des programmes assorti du chiffrage de plus d’une centaine de mesures.
Les publications se déploieront par vagues successives, chaque semaine et tout au long de la campagne, afin d’inscrire durablement ces sujets dans le débat public. Nous dévoilons aujourd’hui notre premier volet d’analyses, consacré aux finances locales.
Cette opération spéciale s’inscrit dans la séquence politique amorcée en juillet 2025 en amont de l’élection présidentielle de 2027, autour d’un fil conducteur : analyser les effets de l’inertie dans l’action publique et tracer les voies d’un réengagement politique. Les travaux récents - France 2040, Du libéralisme, Démocratie : les nouveaux chemins du civisme et Responsabilité : plaidoyer pour l’action - ont successivement posé le diagnostic, interrogé notre capacité collective à agir et mis en lumière la nécessité d’une responsabilisation assumée.
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|  "Ces municipales se jouent sur l’étiquette politique plutôt que sur des programmes précis relevant des compétences propres des maires. Elles reflètent une mutation des dynamiques partisanes, les maires concentrant désormais les attentes nationales, signe d'un désarroi croissant sur les trajectoires du pays. Notre opération identifie les conditions d’un retour à la décision politique en rendant lisibles les trajectoires financières de nos grandes municipalités. Le bloc communal, qui représente chaque année près de 12 % des dépenses publiques totales, sera nécessairement affecté par la contrainte budgétaire du pays et devra composer. Or, ces campagnes municipales déçoivent par les promesses difficilement finançables qu'elles portent et n'ouvrent pas un débat responsable sur nos trajectoires d'avenir. Assurer la cohérence entre promesses et moyens et arbitrer pour restaurer la confiance entre élus et citoyens devra être un impératif de la séquence présidentielle à venir." Marie-Pierre de Bailliencourt - Directrice générale de l'Institut Montaigne  "Dans un contexte national marqué par la nécessité d’un effort de redressement des finances publiques, les communes ne pourront durablement rester à l’écart des ajustements à venir. Nous avons donc examiné de manière indépendante, transparente et collégiale, la réalité des marges de manœuvre budgétaires de chaque ville et chiffré les principales promesses de campagne des candidats. La conclusion est claire : certaines équipes disposeront de leviers solides pour agir, d’autres devront gouverner sous forte contrainte. La crédibilité des programmes municipaux se mesure désormais à l’aune de leur faisabilité financière, et l’enjeu n’est plus d’additionner les promesses mais de rendre visibles les arbitrages qu'elles impliquent : que finance-t-on, que reporte-t-on, que renonce-t-on à faire ? C’est cette exigence de vérité que nous souhaitons porter dans le débat." Nicolas Laine - Responsable des publications des Etudes France  "Cette opération vise à nourrir de manière rigoureuse et objective une campagne qui a, selon nous, trop tardé à démarrer. Si l’actualité internationale a dominé l’espace médiatique de ces dernières semaines, il nous semble essentiel d’accorder à ce scrutin toute la place qu’il mérite, en apportant des éléments de compréhension des grands enjeux municipaux. Avec 68 % de confiance, les maires sont les seuls élus qui échappent au phénomène massif de défiance politique observé en France. Ce scrutin, une année avant l’élection présidentielle de 2027, représente donc un jalon déterminant pour la vie démocratique du pays." Blanche Leridon - Directrice des Études France |
| | Un indicateur inédit pour comparer la solidité financière de chaque ville |
| Engagé de longue date en faveur de la qualité du débat démocratique, l’Institut Montaigne évalue depuis quinze ans les propositions portées lors des grandes échéances électorales afin de confronter la parole politique aux réalités économiques, budgétaires et sociales. Cette démarche repose sur des principes d’objectivité, de neutralité et de transparence. À l’occasion des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026, cette démarche est reconduite et approfondie. L’Institut a construit un indicateur permettant une comparaison de la santé financière des 12 plus grandes villes de France entre 2014 et 2024. Son objectif n’est pas d’apprécier l’opportunité des choix politiques mais d’évaluer si ces choix sont soutenables dans le temps. Notre démarche dans le détail - Des indicateurs reconnus et complémentaires
-Une analyse des comptes à partir d’un faisceau d’indicateurs des finances locales -Capacité de désendettement (durée théorique de remboursement de la dette) -Épargne de gestion (marge dégagée chaque année) -Effort d’investissement (pour éviter qu’une “bonne santé” repose sur un sous-investissement) -Rigidité des dépenses, pression fiscale, dépendance aux dotations -Part des investissements orientés vers la transition écologique
- Une pondération assumée et une méthode de notation transparente
La dette et l’épargne représentent 60 % de la note. Ce sont les deux variables structurantes : elles conditionnent la capacité d’une ville à absorber un choc, investir ou éviter une hausse d’impôts. Les autres indicateurs complètent l’analyse en éclairant les marges d’ajustement et les choix de gestion. Nous évitons ainsi les diagnostics partiels.
- Une méthodologie rigoureuse et un dialogue avec les exécutifs locaux
La note de santé financière, construite avec un panel de spécialistes des finances locales, repose sur une méthode statistique qui neutralise la situation institutionnelle particulière de la Ville de Paris (qui cumule les compétences communales et départementales), afin d’assurer une homogénéité parfaite entre les comparaisons. Une phase contradictoire a été organisée en amont de la publication : l’ensemble des villes étudiées ont été contactées afin de vérifier les données et de formuler des observations. À l’exception de Toulon, toutes ont répondu ; leurs remarques ont été examinées, vérifiées et, le cas échéant, intégrées à l’analyse.
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| | Des villes inégalement préparées aux futures contraintes budgétaires |
| Alors que la France doit s’engager sur une trajectoire ambitieuse de redressement budgétaire, il sera difficile dans ce contexte de ne pas mettre à contribution les communes et intercommunalités, qui représentent près de 12 % des dépenses publiques totales. Néanmoins, comme au niveau national, le débat politique local semble ignorer le resserrement budgétaire à venir. À l’exception de Paris où la situation est la plus dégradée, les programmes ne présentent pas de mesures d’économies mais font au contraire émerger des promesses de baisse ou de gel d’impôts et des promesses coûteuses : infrastructures lourdes, gratuité des transports, des repas scolaires, des fournitures, de certaines activités, nouvelles prestations sociales municipales. La perspective d’un recul marqué des transferts de l’État imposera pourtant mécaniquement aux communes une maîtrise plus exigeante des dépenses. Or leur capacité à absorber cette contrainte budgétaire dépendra de la solidité de leur gestion financière. C’est précisément l’objet de l’analyse conduite par l’Institut Montaigne sur les douze plus grandes villes françaises : apprécier leur situation actuelle et l’évolution de leurs équilibres sur les deux dernières mandatures, afin d’identifier celles qui pourront intégrer ce choc sans ajustements brutaux et celles qui, au contraire, risquent d’être contraintes à augmenter les impôts locaux ou à réduire fortement l’investissement. Classement par villeToulon : 7,1/10 (1er) - Toulon reste en 2024 la ville la plus solide financièrement des douze étudiées. Si la performance est légèrement inférieure à celle de 2019, la situation demeure très favorable, portée par un endettement extrêmement faible et des marges de fonctionnement élevées. Montpellier : 7/10 (2e) - Montpellier affiche en 2024 l’une des meilleures situations financières du panel. La trajectoire est globalement positive et stable sur dix ans, avec une amélioration progressive depuis 2014. Lyon : 6,8/10 (3e) - Lyon figure parmi les villes les plus solides financièrement. Sa trajectoire est stable à un haut niveau depuis dix ans. Bordeaux : 6,4/10 (4ᵉ) - Bordeaux reste bien classée (4ᵉ sur 12, 6,4/10) parce qu’elle partait d’une situation très favorable en 2019. Mais la dynamique s’est clairement tendue lors du dernier mandat : la ville a consommé une partie de ses marges et entre dans une phase plus contrainte. Lille : 6/10 (5e) - Après un redressement de 2014 à 2019, la dynamique de rattrapage semble atteindre un palier. Nice : 5,7/10 (6e) - Nice enregistre le redressement le plus spectaculaire du classement : dernière en 2014 et 2019, la ville remonte à la 6ᵉ place en 2024. La trajectoire s’est nettement améliorée, mais elle reste encore fragile. Toulouse : 5,7/10 (7e) - La situation est saine, sans tension immédiate, mais les marges se réduisent progressivement depuis 2019. La Ville conserve des capacités d’action, tout en entrant dans une phase où les arbitrages budgétaires compteront davantage. Nantes (5/10, 8e) - Nantes enregistre une dégradation nette de sa situation financière sur le dernier mandat malgré une hausse des impôts. La situation n’est pas critique, mais la trajectoire est clairement défavorable et réduit les marges pour la prochaine mandature. Rennes : 5/10 (9e) - Rennes passe d’une situation exemplaire en 2014 (1ʳᵉ place) à une situation sous la moyenne. La prochaine équipe municipale disposera des marges plus étroites, avec une trajectoire financière clairement moins confortable qu’il y a dix ans. Marseille : 4,7/10 (10e) - La situation financière de la ville reste dégradée malgré des efforts de redressement. Si la dette baisse depuis 2019 (–18 %), le stock reste élevé (1 487 € par habitant, bien au-dessus de la moyenne). Marseille est donc engagée dans un désendettement réel mais encore inachevé, qui nécessitera une maîtrise durable des dépenses pour être consolidé. Strasbourg : 4,2/10 (11e) - Strasbourg recule depuis 2019 et sa trajectoire d’endettement s’est fortement tendue. La question centrale pour la prochaine mandature sera celle de la stabilisation de la dette sans casser la dynamique d’investissement. Paris : 3,4/10 (12e) - Paris apparaît comme la situation la plus préoccupante des douze grandes villes étudiées, dans le prolongement d’une dégradation continue depuis dix ans. Le signal d’alerte majeur est la durée de désendettement, qui atteint 38 ans – très au-delà des repères prudentiels – alors qu’elle était déjà élevée en 2019 (13 ans). Sa situation budgétaire réduit fortement les marges de la prochaine équipe municipale. |
| | À propos de l’Institut Montaigne Créé en 2000, l’Institut Montaigne est un espace de réflexion, de propositions concrètes, et d’expérimentations au service de l’intérêt général. Think tank de référence en France et en Europe, ses travaux sont le fruit d’une méthode d’analyse rigoureuse, critique et ouverte qui prennent en compte les grands déterminants sociétaux, technologiques, environnementaux et géopolitiques afin de proposer des études et des débats sur les politiques publiques. Association à but non lucratif, l’Institut Montaigne organise ses travaux autour de quatre piliers thématiques : la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales. Menés dans la collégialité et l’indépendance, l’Institut Montaigne réunit des entreprises, des chercheurs, des fonctionnaires, des associations, des syndicats, des personnes issues de la société civile et d’horizons divers. Nos travaux s’adressent aux acteurs publics et privés, politiques et économiques, ainsi qu’aux citoyens engagés. Depuis sa création, ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 1,2 % d'un budget annuel de 7,2 millions d'euros. |
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