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Communiqué de presse À Paris, le 20 mars 2025




Nouveau Rapport : Infrastructures numériques, un plan décisif
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Dans un contexte géopolitique sous tension, jamais les technologies n’ont joué un rôle si déterminant pour l’avenir de nos sociétés et la compétitivité économique. Alors que les États-Unis et la Chine dominent le marché des infrastructures numériques avec plus de 70 % des données françaises hébergées sur des clouds américains, l’Europe et la France tardent à définir leur positionnement, exacerbant les inquiétudes quant à notre dépendance vis-à-vis des fournisseurs de technologies étrangers. Les annonces franco-européennes lors du Sommet de l’Action de l’IA de février 2025 témoignent d’un engagement financier inédit : plus de 300 Mds € investis, dont 109 Mds € pour la France et 200 Mds € pour l’Union européenne sur les infrastructures numériques. Mais au-delà des chiffres, c'est une question de maîtrise stratégique globale qui se pose. La France doit cibler ses efforts sur des segments clés où elle dispose d'atouts stratégiques : cybersécurité, infrastructures énergétiquement sobres et compétences en télécommunications, notamment en 5G et edge computing.

Dans la continuité de la séquence #MontaigneTech, l’Institut Montaigne dévoile aujourd'hui son nouveau rapport “Infrastructures numériques, un plan décisif”, porté par Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale de l’Institut Montaigne et co-présidé par Nicolas Guérin, secrétaire général d’Orange, Gérard Memmi, professeur à Télécom Paris, et Nicolas Bohy Vice-Président Cloud Practice de Kyndryl France. À partir d’une analyse collégiale menée au travers de plus d’une centaine d’auditions et d’un groupe de travail mobilisé sur une période de 18 mois, le présent rapport formule 9 recommandations chiffrées et mesurables qui visent à planifier une stratégie industrielle adaptée aux besoins futurs.

"Les infrastructures numériques sont le socle de notre organisation moderne et les vecteurs invisibles et indispensables de notre économie. Définir une stratégie claire et suivie est donc nécessaire. Il nous faut tout à la fois sécuriser nos usages souverains, maîtriser nos dépendances, rester compétitif sur le traitement de données et le calcul intensif et valoriser l’excellence technologique de notre infrastructure de réseaux.”Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale de l'Institut Montaigne.

"Si la France se distingue par l'excellence de ses infrastructures de télécommunications, fruit d'une expertise technique reconnue, il devient aujourd’hui essentiel face aux défis du numérique de repenser notre approche pour assurer la compétitivité de nos industries stratégiques à l'avenir. Nous devons nous doter de moyens à la hauteur de nos ambitions, et agir rapidement à tous les niveaux en faveur d’un cadre propice à l'investissement et à l’innovation par l’ensemble des acteurs du secteur. L’écosystème des télécoms doit pouvoir s’appuyer sur des technologies complémentaires et souveraines - notamment dans la 5G industrielle, le cloud et le edge computing – afin de faire du numérique un véritable accélérateur pour la France, l’Europe, et les acteurs économiques." Nicolas Guérin, secrétaire général d’Orange.

L’évolution si rapide des infrastructures numériques impacte notre société dans son entièreté. Elle nécessite urgemment de définir une vision stratégique lucide, réfléchie, intégrant et articulant les nombreux éléments clés que nous avons rassemblés dans ce rapport. Nos universités, grandes écoles, ainsi que les Instituts et Centres de recherche du numérique doivent jouer chacun leur rôle de concert. Formation, recherche, innovation et industrialisation devront mieux s'articuler au sein de cette vision commune et ainsi faire émerger les champions européens dont nous avons si cruellement besoin”. Gerard Memmi, professeur de Télécom Paris, membre fondateur du Centre National IMT Réseaux et Systèmes pour la transformation numérique.

"La France dispose d’atouts majeurs en matière de cloud et de calcul haute performance. Il est essentiel de capitaliser sur ces forces pour structurer des solutions intégrées, capables d’accompagner les industries stratégiques dans leur transformation numérique." Nicolas Bohy vice-président Cloud Practice de Kyndryl France.

Surmonter les obstacles dans un marché en profonde mutation

Les infrastructures numériques évoluent vers une convergence entre les réseaux de communication et le traitement des données (cloud, edge). Le edge computing, en particulier, qui pourrait traiter 74% des données mondiales d’ici 2031, représente une opportunité stratégique pour garantir la protection des données européennes et éviter une captation systématique par des infrastructures étrangères. Aujourd’hui, cette évolution a configuré un marché, au profit d’acteurs globalisés, présents sur l’intégralité de la chaîne de valeur.

En France, il y a désormais un consensus sur les priorités mais pas d’identification des composantes de la chaîne de valeur - qui doivent impérativement rester sous contrôle souverain - et sur les usages, contrairement aux États-Unis et à la Chine. De plus, dans l’Hexagone les infrastructures numériques sont confrontées à des obstacles techniques et administratifs qu’il faut surmonter :

1. Un déploiement insuffisant des infrastructures de traitement et de réseau :

  • La France peine à exporter ses solutions de réseau, alors que les États-Unis et la Chine imposent leurs standards.

2. Une absence de planification de l’usage énergétique et électrique :

  • Problème de raccordement des data centers : Le modèle français repose sur une logique de “premier arrivé, premier servi”, ce qui favorise la spéculation et ralentit les projets stratégiques.

  • Accès à l’énergie non optimisé : alors que les hyperscalers investissent déjà dans leurs propres sources d’énergie (réacteurs nucléaires modulaires, fermes solaires), garantissant leur autonomie, la France n’a pas de politique spécifique de planification énergétique pour les infrastructures numériques.

3. Les délais administratifs restent excessifs, malgré la volonté politique affichée lors du Sommet de l’Action de l’IA pour les réduire.

  • Construire un data center en France prend jusqu’à 3 ans parfois 15, contre moins de 18 mois aux États-Unis. Les procédures environnementales et d’urbanisme restent trop lourdes, freinant les investissements et l’innovation.

3 priorités stratégiques pour bâtir une feuille de route réaliste

Plutôt que de chercher à combler un retard qui risque de se maintenir au vu des capitaux requis, nous devons concentrer nos efforts sur des segments où nous avons un avantage stratégique. Nous estimons que le triptyque “Financements, Énergie et Talents”, clé de la force de frappe américaine, est à notre portée grâce à l’excellence de nos ingénieurs et à un accès privilégié à une énergie compétitive. Cela passe par 3 priorités stratégiques assumés, sans dispersion des moyens et en concentrant les efforts là où un leadership européen reste atteignable :

1. Développer les infrastructures numériques de traitement de données en France

  • Recommandation 1 : construire une offre souveraine cloud-réseau-edge-IoT “bout-en-bout” au niveau français et européen pour des usages aux dépendances maîtrisées.
  • Recommandation 2 : entamer, dès aujourd’hui, à minima, en France, la construction de 6 supercalculateurs exaflopiques additionnels afin de proposer à l'Europe une capacité de calcul de 9 exaflop.
  • Recommandation 3 : construire une réelle planification étatique en matière d’approvisionnement électrique pour mailler le territoire français en data centers de grande capacité en anticipant les usages futurs.
  • Recommandation 4 : capitaliser sur le lancement des 35 sites clés en main pour raccourcir les délais de construction de data centers dont l’intérêt économique et social est démontré en simplifiant les procédures administratives.
  • Recommandation 5 : lancer un projet “commando” pour développer des formations continues rapprochant les métiers de l’infrastructure numérique de réseaux de ceux  de traitement de données.

2. Exporter l’excellence française des infrastructures numériques de réseau

  • Recommandation 6 : accélérer le déploiement de la 5G en milieu industriel, au moins sur les projets greenfield, en ciblant mieux les besoins des entreprises utilisatrices (TPE-PME-ETI).
  • Recommandation 7 : sécuriser les noeuds critiques de distribution des câbles terrestres par une politique d’enfouissement raisonnée des câbles terrestres et aériens
  • Recommandation 8 : valoriser l’atout stratégique que représentent les câbles sous-marins français via une stratégie intégrée combinant surveillance renforcée, investissements ciblés en Outre-mer et influence accrue dans les instances internationales.

3. Adapter et simplifier le cadre normatif européen pour renforcer notre compétitivité et favoriser les consolidations d’acteurs à l’échelle mondiale

  • Recommandation 9 : adapter et simplifier le cadre normatif européen pour renforcer notre compétitivité et favoriser les consolidations d’acteurs à l’échelle mondiale.
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À propos de l’Institut Montaigne

Créé en 2000, l’Institut Montaigne est un espace de réflexion, de propositions concrètes, et d’expérimentations au service de l’intérêt général. Think tank de référence en France et en Europe, ses travaux sont le fruit d’une méthode d’analyse rigoureuse, critique et ouverte qui prennent en compte les grands déterminants sociétaux, technologiques, environnementaux et géopolitiques afin de proposer des études et des débats sur les politiques publiques. Association à but non lucratif, l’Institut Montaigne organise ses travaux autour de quatre piliers thématiques : la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales. Menés dans la collégialité et l’indépendance, l’Institut Montaigne réunit des entreprises, des chercheurs, des fonctionnaires, des associations, des syndicats, des personnes issues de la société civile et d’horizons divers. Nos travaux s’adressent aux acteurs publics et privés, politiques et économiques, ainsi qu’aux citoyens engagés. Depuis sa création, ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 1,2 % d'un budget annuel de 7,2 millions d'euros.

Catherine Merle du Bourg
Chargée de projets en communication et relations presse 
01 53 89 05 70 
cmerledubourg@institutmontaigne.org

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