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Communiqué de presse À Paris, le 28 janvier 2026




Nouveau rapport - Démocratie : les nouveaux chemins du civisme
Découvrir le rapport

À l’approche d’une séquence électorale décisive -  Municipales puis Présidentielle - comment se porte le civisme en France, que l’on dit moribond, déclinant, en danger ?

Nous publions aujourd’hui notre nouveau rapport Démocratie : les nouveaux chemins du civisme co-présidé par Didier Barbé, Bruno Cautrès et Blanche Leridon. À rebours du récit du déclin, l’étude montre une réalité plus complexe : si la défiance est forte, un potentiel d’engagement existe, important mais fragile. L’enjeu n’est pas l’indifférence : c’est le décrochage, l’obstacle pratique, la déception politique et un cadre démocratique jugé peu efficace. Fondé sur une enquête menée avec l’Institut Verian auprès de 3 000 personnes (réalisée du 15 au 23 octobre 2025), incluant les 16-18 ans ; 40 entretiens qualitatifs d'experts et acteurs de terrain ; la collégialité d'un groupe de travail réuni sur une année, le rapport identifie les ressorts de ce civisme latent et propose des leviers concrets pour le réactiver.

Ce travail s’inscrit dans la séquence ouverte par l’Institut Montaigne sur les conditions d'un renouveau français, amorcée avec France 2040 : projections pour l’action politique. Cette nouvelle publication se concentre sur le pacte démocratique, condition sine qua non pour parvenir à réformer le pays. Cette réflexion sur les fondements de l’action publique se prolongera dans les prochaines semaines avec un rapport à paraître, “Responsabilité : plaidoyer pour l’action”, ainsi qu’une opération spéciale dédiée aux élections municipales.

Le civisme n’est pas en déclin : il est en attente. Les Français participent, s’engagent, signent, débattent, se mobilisent - mais souvent en dehors des cadres institutionnels. Notre responsabilité est de reconnecter cette énergie avec la vie démocratique, de montrer que l’engagement citoyen peut réellement peser, transformer, améliorer. Le potentiel existe, il ne demande qu’à être activé. Le vote est un acte puissant, mais insuffisant à lui seul. La démocratie doit vivre entre les scrutins, dans l’information, la participation et la confiance. C’est ce lien qu’il faut reconstruire."
Didier Barbé - Président du Centre d’Information civique (CIC)

"Déplorer les chiffres de la défiance est une chose - et il faut être lucide là-dessus - mais identifier celles et ceux qui refusent de s’y résoudre et ont la volonté d’agir en est une autre. C’est cette population là qu’il faut aller chercher. Face à un système politique jugé à bout de souffle, insuffisamment ouvert et transparent, les Français considèrent que le système est en lui-même un frein à l’engagement. Il est nécessaire qu'il devienne plus transparent, plus ouvert et représentatif pour que l’engagement redevienne désirable."
Bruno Cautrès - Expert Associé - Sociologie politique et Institutions

"Ce rapport vise d’abord à mieux définir et comprendre les perceptions concernant le civisme en France, et à aller au-delà de la seule constatation / déploration du phénomène de défiance. Ce phénomène est bien réel, et le nier relèverait de l’aveuglement ou de la bêtise. Mais il est de la responsabilité de ceux qui analysent, commentent et déplorent ces chiffres d’aller chercher leur revers, d’identifier ceux qui pourraient encore s’engager, et réfléchir aux voies et moyens qui les inciteraient à contribuer. Car notre conviction est que sans un minimum de confiance dans le système démocratique, aucune réforme d’ampleur n’est envisageable ni possible. Restaurer la confiance, retrouver les chemins du civisme n’est donc pas qu’une fin en soi, mais la condition sine qua non pour parvenir à réformer le pays et garantir la concorde nationale."
Blanche Leridon - Directrice Exécutive, Directrice des Études France

Le rapport au politique se dégrade mais le désir de participation persiste

Le civisme ne disparaît pas : il se déplace, se fragilise, et se heurte à des institutions jugées éloignées, inefficaces ou trop personnalisées. Si notre rapport confirme certains indicateurs de désenchantement et de frustration, il révèle également des tendances nuancées et encourageantes :

  • 77 % considèrent que la démocratie reste préférable à tout autre régime
  • 51 % expriment un souhait d’engagement, même hésitant ou conditionnel
  • 74 % ont participé à au moins une action civique au cours des 12 derniers mois
  • Plus de 40 % souhaitent s’impliquer davantage, en priorité au niveau local
  • 63 % des Français interrogés considèrent que la démocratie « fonctionne mal »
  • 52 % des Français interrogés approuvent l'idée selon laquelle « il n'y a pas de mal à s'abstenir si l'on a pas d'opinion sur une élection »

Un vivier civique sous-exploité

La France ne manque pas de citoyens prêts à s’investir, elle manque de cadres d’engagement adaptés. Le problème est avant tout structurel et pratique :

  • 10,6 millions de Français sont mal-inscrits ou non-inscrits sur les listes électorales
  • 87 % souhaitent une inscription automatique lors d’un déménagement
  • 53 % estiment que l’école ne leur a pas réellement permis de comprendre le fonctionnement des institutions

Au-delà de la défiance, le rapport identifie plusieurs publics “récupérables” :

  • Les mal-inscrits et abstentionnistes contraints (freins administratifs)
  • Les électeurs intermittents qui ne trouvent plus d’offre politique crédible, mais ne demandent qu’à participer davantage, à s’engager autrement
  • Les désenchantés, qui se retirent faute de résultats visibles : ils ont fait le choix de se couper d’une action politique qu’ils jugent trop décevante, dégradée voire inutile

Même chez ces derniers, la coupure n’est pas totale : la demande porte sur plus de proximité, plus d’efficacité, moins de spectacle politique.

3 leviers pour retrouver les chemins du civisme

C’est sur ce potentiel civique que nous avons souhaité insister, sans ignorer les défis majeurs qui menacent la confiance démocratique dans notre pays. De cet état des lieux du civisme ont émergé trois grands axes de propositions.

Axe 1 : L’éducation civique : clé de voûte d’une revitalisation citoyenne

Proposition 1 : Opérer une refonte complète du modèle d'enseignement moral et civique, basée sur les cas pratiques et la citoyenneté en action

Proposition 2 : Intégrer de manière beaucoup plus approfondie la dimension institutionnelle européenne à l'éducation civique

Proposition 3 : Permettre l’éducation à la citoyenneté « tout au long de la vie », en insistant sur la pédagogie autour des processus électoraux

Axe 2 : Réduire l’abstention et faire vivre la démocratie en dehors des périodes d’élection

Proposition 4 : Permettre le changement automatique de bureau de vote en cas de déménagement

Proposition 5 : Organiser une « semaine de l'inscription électorale » pour lutter contre la mal et la non inscription

Proposition 6 : Repenser le calendrier électoral afin d’optimiser la participation

Piste 1 : Regrouper les élections municipales, départementales et régionales lors d’une grande journée électorale dédiée aux scrutins locaux

Piste 2 : Fixer les élections législatives et l'élection présidentielle le même jour

Proposition 7 : Dépersonnaliser le référendum pour asseoir sa fonction de participation citoyenne directe

Proposition 8 : Inscrire les conventions citoyennes dans un véritable continuum démocratique

Axe 3 : Rendre l’atmosphère démocratique plus respirable

Proposition 9 : Pour un septennat non renouvelable

Proposition 10 : « Ralentir le temps démocratique » pour responsabiliser et former les élus

Piste 1 : Instaurer un intervalle entre l’élection et le début effectif du mandat

Piste 2 : Systématiser la formation des élus avant le démarrage effectif de leurs mandats

Proposition 11 : Face au tout numérique, recréer des espaces de délibération démocratique physiques

Proposition 12 : Consolider la régulation des réseaux sociaux et renforcer l’intégrité de l’information électorale en ligne

 

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À propos de l’Institut Montaigne

Créé en 2000, l’Institut Montaigne est un espace de réflexion, de propositions concrètes, et d’expérimentations au service de l’intérêt général. Think tank de référence en France et en Europe, ses travaux sont le fruit d’une méthode d’analyse rigoureuse, critique et ouverte qui prennent en compte les grands déterminants sociétaux, technologiques, environnementaux et géopolitiques afin de proposer des études et des débats sur les politiques publiques. Association à but non lucratif, l’Institut Montaigne organise ses travaux autour de quatre piliers thématiques : la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales. Menés dans la collégialité et l’indépendance, l’Institut Montaigne réunit des entreprises, des chercheurs, des fonctionnaires, des associations, des syndicats, des personnes issues de la société civile et d’horizons divers. Nos travaux s’adressent aux acteurs publics et privés, politiques et économiques, ainsi qu’aux citoyens engagés. Depuis sa création, ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 1,2 % d'un budget annuel de 7,2 millions d'euros.

Arsène Vassy
Chargé de projets - Communication
01 53 89 05 70
press@institutmontaigne.org

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